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Le gouvernement envisage une interdiction des chaudières à gaz

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Allons-nous bientôt vers une interdiction des chaudières à gaz ? Si la fin de l’installation des chaudières au fioul a déjà été actée par le gouvernement avec un décret qui a instauré cette mesure le 1er janvier 2022, on pensait les chaudières à gaz encore longtemps dans nos foyers. Mais, le gouvernement a lancé une concertation avec les élus et les professionnels du secteur à propos d’une interdiction de ce type de chaudières d’ici 2024.

Pourquoi une interdiction des chaudières à gaz ?

Les chaudières à gaz utilisent du gaz naturel comme combustible, ce qui entraîne des émissions de dioxyde de carbone (CO2), gaz à effet de serre responsable du réchauffement climatique. En interdisant les chaudières à gaz, on peut réduire les émissions de CO2 liées au chauffage résidentiel et contribuer à la lutte contre le changement climatique. Mais, pour que cette interdiction des chaudières à gaz neuves soit efficace, il faut qu’elles soient remplacées par un moyen de chauffage plus écologique. Or, à ce jour, il n’existe pas de solution miracle.

L’interdiction des chaudières au gaz stimulerait le marché de la pompe à chaleur

On peut imaginer que si le gouvernement prononce l’interdiction des chaudières à gaz neuves, il y ait un effet de report vers les pompes à chaleur. Ce mode de chauffage est certes plus écologique puisqu’il faut trois fois moins d’énergie pour produire autant de chaleur. Néanmoins, l’usage des pompes à chaleur comporte certains inconvénients. Tout d’abord, elles sont moins efficaces par de froides températures et en altitude. Cela signifie que leur usage en hiver sera compliqué dans nombre de régions de France (Alpes, Pyrénées, Massif Central, Grand-Est, Hauts-de-France…).

Tensions sur le réseau électrique en cas d’interdiction des chaudières à gaz

D’autre part, un phénomène de report des chaudières à gaz vers un mode de chauffage électrique comme les pompes à chaleur auront pour conséquence d’augmenter précocement la demande en électricité. Alors même que la France a de plus en plus de mal à sécuriser son approvisionnement électrique (centrales nucléaires en maintenance, barrages incapables de fonctionner en été par manque d’eau, fin du charbon…).

Chaudières à gaz : la fausse bonne idée de l’interdiction

L’interdiction des chaudières à gaz est certes intéressant pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Mais, les professionnels du secteur s’accordent à dire que c’est loin d’être la meilleure idée. Premièrement, comme nous l’avons vu il n’existe pas de solution de substitution adéquate pour toutes les situations. Sur ce sujet, le gouvernement botte en touche, évoquant seulement le biogaz, c’est à dire le gaz issu de la méthanisation agricole. Aujourd’hui, les méthaniseurs produisent seulement 0,9% de la consommation de gaz en France. Même si cette part a vocation à augmenter compte tenu de nombreux chantiers en cours, cela reste infime compte tenu des besoins.

interdiction des chaudieres a gaz

Mais, les professionnels de la rénovation thermique rappellent surtout que le changement de système de chauffage n’est pas la priorité pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. La priorité absolue, c’est l’isolation thermique des bâtiments pour réduire les besoins globaux de chauffage du secteur résidentiel.

Fin des chaudières à gaz : une perte de savoir-faire industriel ?

A l’issue de la concertation, si le gouvernement se décide à mettre fin à l’installation de chaudières à gaz neuves, cette décision sera synonyme d’une perte d’emplois. En effet, de nombreuses sociétés françaises à l’instar d’Atlantic produisent en France des chaudières à gaz. En cas d’interdiction, ce savoir-faire made in France pourrait être délocalisé, ou tout simplement disparaître.

entretien de chaudiere a gaz

L’entretien des chaudières à gaz existantes est lui aussi en danger. L’interdiction de nouvelles chaudières à gaz serait vécu comme un mauvais signal pour la filière. Les professionnels qui réalisent l’entretien de chaudière à Rouen, Marseille, Lyon, Paris comme partout en France pourraient choisir précocement de se réorienter vers l’entretien d’autres machines, ce qui rendrait encore plus complexe l’entretien du parc existant de chaudières à gaz. Et pourrait accélérer le phénomène de renouvellement de ce type d’équipements. Ainsi, l’interdiction des chaudières à gaz est-elle vraiment prioritaire ? Réponse à la fin de la concertation !

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