Imerys : recul de l’Ebitda de 7,5 % au premier trimestre 2026 sous la pression des coûts et d’un environnement de demande atone

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Imerys a publié le 29 avril 2026 ses résultats du premier trimestre 2026, marqués par un recul de 7,5 % de son Ebitda ajusté, qui s’établit à 118 millions d’euros. Le chiffre d’affaires trimestriel ressort à 835 millions d’euros, en retrait de 4,1 % par rapport à la même période de l’année précédente. Ces chiffres traduisent la persistance de vents contraires sur les marchés finaux du groupe — construction, papier, céramique, matériaux de spécialité — dans un contexte de demande industrielle européenne encore fragile. Le groupe note toutefois que l’impact du conflit au Moyen-Orient est resté limité au cours de ce premier trimestre.

L’Ebitda d’Imerys sous pression face à la hausse annoncée des coûts de l’énergie, des matières premières et de la logistique

Si le premier trimestre 2026 n’a pas encore pleinement reflété les effets du choc géopolitique en cours, Imerys anticipe une dégradation de son environnement de coûts pour le reste de l’année. Le groupe a expressément signalé attendre une hausse des coûts de l’énergie, des matières premières et de la logistique. Cette triple pression est caractéristique des acteurs du secteur des minéraux industriels, dont les procédés de transformation sont intensifs en énergie et dont les chaînes d’approvisionnement sont exposées aux aléas géopolitiques. Le conflit au Moyen-Orient, en renchérissant les coûts de fret maritime et en créant des incertitudes sur les prix de l’énergie, constitue le principal facteur de risque identifié pour les trimestres à venir.

L’Ebitda d’Imerys soutenu par une politique de hausse des prix pour préserver la génération de trésorerie

Face à ces pressions, Imerys a engagé une politique active de relèvement de ses prix de vente, qu’il a commencé à déployer dès le premier trimestre et qu’il entend poursuivre dans les mois à venir. Cette approche vise à préserver la génération de trésorerie et la profitabilité du groupe. La capacité d’Imerys à répercuter la hausse de ses coûts dépendra de l’élasticité de ses clients industriels et de l’intensité concurrentielle sur ses différents marchés. Le groupe, dont les minéraux — talc, kaolin, carbonate de calcium, réfractaires — entrent comme ingrédients indispensables dans de nombreuses chaînes de production, dispose d’un pouvoir de fixation des prix structurellement supérieur à celui des simples sous-traitants, ce qui lui confère une marge de manœuvre non négligeable dans cet exercice.

L’Ebitda d’Imerys et l’enjeu de la souveraineté française dans les minéraux industriels critiques

Les résultats d’Imerys rappellent que la France abrite l’un des leaders mondiaux des minéraux industriels, un secteur discret mais stratégique. Les matériaux produits par le groupe — réfractaires, minéraux fonctionnels, matériaux de filtration — entrent dans des filières aussi diverses que la sidérurgie, la construction, l’industrie pharmaceutique, la céramique technique et les batteries pour véhicules électriques. Dans ce dernier domaine, Imerys porte en France un projet d’extraction de lithium en Allier — l’un des plus grands gisements d’Europe — qui pourrait à terme contribuer à l’indépendance européenne vis-à-vis des approvisionnements asiatiques en matériaux de batterie. La solidité financière d’Imerys, même en période de compression des marges, est donc une condition indirecte de la souveraineté industrielle française dans la transition énergétique. Les résultats du trimestre, bien qu’en retrait, montrent qu’un groupe de cette nature dispose des ressorts pour traverser les cycles sans compromettre ses investissements stratégiques de long terme.

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