L’Union européenne importe aujourd’hui 58 % de son énergie et dépend à près de 98 % des minerais étrangers pour sa transition industrielle. Ce double déséquilibre, aggravé par les chocs géopolitiques successifs depuis 2019, place la souveraineté économique européenne au cœur des arbitrages des décideurs publics et privés. Trois décennies d’illusion et le retour brutal des dépendances stratégiques Depuis l’effondrement du bloc soviétique, l’Europe a construit son modèle de développement sur un postulat de stabilité : la mondialisation des échanges, l’intégration des marchés et la primauté du droit international devaient suffire à garantir la sécurité du continent. Ce cadre intellectuel a profondément orienté les choix industriels et énergétiques des trente dernières années, au détriment d’une lecture géopolitique des flux de ressources. La séquence de crises ouverte en 2019 a brutalement remis en cause cette certitude. La pandémie de Covid-19 a d’abord révélé la fragilité structurelle des chaînes d’approvisionnement mondialisées. Le...
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