Climat : la trajectoire 1,5°C de Carrefour validée par le SBTi, un signal fort pour la grande distribution

Crédits photo : Carrefour

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Le géant français de la distribution franchit une nouvelle étape dans sa stratégie climatique. Le 13 février 2026, Carrefour a annoncé la validation de sa trajectoire 1,5°C à horizon 2035 par le Science Based Targets initiative (SBTi), organisme de référence mondial en matière d’évaluation des plans climat des entreprises. Une reconnaissance qui conforte la solidité de son plan de décarbonation et renforce son positionnement dans un secteur sous pression environnementale croissante.

Une reconnaissance internationale après l’ADEME et le CDP

Cette validation intervient après celle obtenue auprès de l’Agence de la transition écologique (ADEME) en juin 2025 et dans la continuité d’une notation A confirmée au CDP, plaçant Carrefour parmi les 4 % d’entreprises mondiales les plus avancées sur le climat, sur un panel de 12 000 grands groupes évalués.

Pour un acteur dont l’empreinte carbone s’étend bien au-delà de ses seuls magasins, cette reconnaissance internationale constitue un levier stratégique. Elle crédibilise la capacité du groupe à aligner ses objectifs climatiques sur l’Accord de Paris et à inscrire sa transformation dans une trajectoire compatible avec un réchauffement limité à 1,5°C.

La validation du SBTi porte sur l’ensemble des émissions du groupe, réparties entre les scopes 1 et 2 (émissions directes liées à ses activités) et le scope 3 (émissions indirectes, principalement issues de sa chaîne d’approvisionnement).

Des réductions déjà substantielles sur les émissions directes

Sur les scopes 1 et 2, Carrefour affiche des résultats significatifs : les émissions ont déjà été réduites de 57 % depuis 2019. L’objectif est d’atteindre -60 % en 2030 puis -67 % en 2035.

Cette trajectoire repose sur plusieurs leviers opérationnels :

  • le déploiement massif de solutions d’efficacité énergétique dans les magasins, notamment l’installation d’éclairages LED et de portes sur les meubles frigorifiques ;
  • l’accélération du recours aux énergies renouvelables, avec 335 magasins équipés de panneaux photovoltaïques à fin 2025 ;
  • la signature de 16 contrats d’achat direct d’électricité renouvelable (PPA), représentant plus de 1 000 GWh, soit 25 % de la consommation totale du groupe ;
  • le recours accru à des fluides réfrigérants naturels pour la production de froid.

Dans un contexte de hausse structurelle des prix de l’énergie et de pression réglementaire européenne, ces investissements combinent logique climatique et rationalité économique.

Le défi majeur du scope 3 : fournisseurs, agriculture et transport

Le véritable enjeu se situe toutefois sur le scope 3, qui représente la grande majorité des émissions du groupe. Carrefour vise une réduction de -32 % d’ici 2030 et -49 % d’ici 2035.

Pour y parvenir, le distributeur structure son action autour de plusieurs leviers stratégiques.

Premier axe : l’engagement des fournisseurs, avec une contribution attendue de -13 %. L’initiative « Top 100 fournisseurs » impose aux cent principaux partenaires du groupe d’adopter une trajectoire alignée sur 1,5°C d’ici 2026, sous peine de déréférencement. Parallèlement, Carrefour déploie des Sustainable Linked Business Plans (SLBP) avec de grands industriels comme Coca-Cola, L’Oréal, Nestlé ou Mondelez, avec un objectif de 200 accords d’ici 2030. Une réduction de 20 mégatonnes de CO₂ est également visée via la plateforme collective LESS.

Deuxième levier : le développement de l’agriculture régénératrice, également pour -13 %, afin d’encourager des pratiques bas carbone sur les matières premières prioritaires.

Troisième axe : l’essor des protéines végétales alternatives (-9 %). Carrefour ambitionne 650 millions d’euros de chiffre d’affaires sur cette catégorie d’ici 2026 et revendique un leadership en France sur ce segment stratégique.

S’y ajoutent la réduction des émissions liées au transport (-7 %), avec une flotte dont 60 % fonctionne au biométhane en 2025, et un objectif de -40 % à horizon 2040, ainsi que des actions liées à la biodiversité et à la lutte contre la déforestation (-3 %) dans le cadre de la mise en conformité avec le règlement européen EUDR. Enfin, des plans d’action transversaux (réduction des emballages, lutte contre le gaspillage alimentaire, gestion des déchets) complètent la trajectoire.

Une transformation structurelle du modèle de distribution

Au-delà de la communication climatique, la validation SBTi engage Carrefour dans une transformation profonde de son modèle. En conditionnant ses relations fournisseurs à des engagements mesurables et en orientant son offre vers des produits moins émetteurs, le groupe fait du climat un levier structurant de compétitivité.

Dans un contexte où la transition écologique devient un critère central pour les investisseurs, les régulateurs et les consommateurs, cette trajectoire validée constitue aussi un signal stratégique adressé aux marchés. Pour la grande distribution française, confrontée à la fois à la pression sur les marges et à l’exigence environnementale, l’enjeu n’est plus seulement d’afficher des engagements, mais de démontrer leur crédibilité industrielle.

Avec cette validation, Carrefour entend s’imposer comme un acteur de référence de la décarbonation dans le retail européen, tout en inscrivant sa stratégie climat au cœur de son projet économique à horizon 2035.

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