Clermont-Ferrand : huit cleantech accélèrent vers l’industrialisation circulaire

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Le Centre des Matériaux Durables, implanté au sein du Michelin Innovation Park – Cataroux à Clermont-Ferrand, réunit d’ici fin 2026 huit entreprises spécialisées dans le recyclage, les biomatériaux et les énergies renouvelables. Piloté par Michelin, cet accélérateur industriel vise une vingtaine de résidents et 700 emplois créés à l’horizon 2030.

Un accélérateur de cleantech ancré dans le tissu industriel auvergnat

Inauguré en 2024 dans le bâtiment RX du Michelin Innovation Park – Cataroux, le Centre des Matériaux Durables compte accueillir huit entreprises pleinement opérationnelles d’ici la fin de l’année 2026, sur le site historique de Michelin à Clermont-Ferrand. Ce dispositif, piloté par le groupe manufacturier clermontois, s’inscrit dans une logique d’économie circulaire à grande échelle, en offrant aux start-up et PME de la cleantech un environnement industriel mutualisé pour franchir le cap critique entre le démonstrateur et la production industrielle. La première entreprise à avoir rejoint le site est Carbios, dès 2021, pionnière mondiale du recyclage enzymatique des plastiques et des textiles. Elle a depuis été rejointe par sept autres acteurs aux profils complémentaires, couvrant des segments aussi variés que la dépolymérisation du nylon, la valorisation des cheveux, l’électrification des procédés chimiques ou encore la récupération de chaleur fatale industrielle.

L’ambition affichée est claire : tripler les capacités du centre d’ici 2030, porter le nombre de résidents à une vingtaine d’entreprises et contribuer à la création d’environ 700 emplois sur le territoire. Ces objectifs placent le Centre des Matériaux Durables parmi les initiatives les plus structurées de France en matière d’industrialisation des technologies de rupture liées à la transition écologique.

Huit entreprises, un spectre technologique large au service de la circularité

Le portefeuille de résidents illustre la diversité des approches aujourd’hui mobilisées pour accélérer la circularité des matières. Carbios poursuit son déploiement autour du recyclage enzymatique. La start-up bobine développe une technologie d’électrification des procédés chimiques appliquée au recyclage des plastiques. Syntetica travaille sur une technologie brevetée de dépolymérisation capable de traiter tous les types de nylon, y compris les textiles complexes, segment encore largement non recyclé à l’échelle industrielle. Capillum, cas singulier dans le paysage de l’économie circulaire, structure la première filière française de recyclage et de valorisation des cheveux.

Sur le segment énergétique, la start-up Entent convertit la chaleur fatale industrielle en électricité grâce à une technologie brevetée adaptée aux basses températures, un gisement d’efficacité énergétique massivement sous-exploité dans l’industrie européenne. La Biotech Open Platform, opérationnelle dès septembre 2026, permettra de tester des procédés de fermentation avancés. Michelin Engineered Polymers, via sa marque ResiCare, développe des résines adhésives innovantes à impact environnemental réduit. Enfin, Numtech propose des outils d’évaluation et de réduction de l’empreinte environnementale pour ses clients industriels.

La mutualisation des infrastructures, combinée à l’accès aux savoir-faire techniques des équipes Michelin en génie des procédés, constitue la valeur ajoutée centrale du dispositif : elle permet aux résidents de réduire significativement les délais et les coûts de passage à l’échelle tout en sécurisant leurs essais industriels.

Une gouvernance renouvelée pour accélérer la circularité industrielle

Le Centre des Matériaux Durables a récemment procédé à une réorganisation de son équipe dirigeante. Patrice Kéfalas en prend la direction générale. La direction technique est confiée à Margarita Dorato, ingénieure en génie chimique forte de plus de vingt-deux ans d’expérience chez Michelin dans la recherche et le développement de procédés innovants. Experte des matières premières renouvelables et recyclées, elle a piloté des projets d’envergure tels que BlackCycle et Biobutterfly, et est l’auteure de plus de quinze brevets. Stéphane Gégout, quant à lui, prend en charge le développement du centre.

Margarita Dorato résume la vision portée par l’équipe : faire du Centre des Matériaux Durables un accélérateur industriel incontournable pour les innovations dans les cleantech et les énergies renouvelables, en créant les conditions concrètes du passage de l’innovation à l’échelle industrielle au service de la transition écologique. Cette ambition se traduit également par une présence renforcée dans les grands rendez-vous scientifiques du secteur, à l’image de la participation du Centre à l’organisation du Colloque National Recyclage Polymères 2026.

Un modèle de financement territorial et un écosystème élargi

Le Centre des Matériaux Durables repose sur un tour de table réunissant cinq investisseurs engagés pour le territoire : le groupe Michelin, le Crédit Agricole Centre France, la Banque des Territoires, la Caisse d’Epargne Auvergne Limousin et la CCI Puy-de-Dôme Clermont Auvergne Métropole. Cette architecture de financement, associant acteur industriel privé, banques régionales et opérateurs publics, constitue un modèle de cofinancement qui répond aux injonctions européennes en faveur d’une réindustrialisation sobre et territorialisée.

Le centre s’inscrit dans le périmètre plus large du Michelin Innovation Park – Cataroux, projet de transformation du site historique de Clermont-Ferrand développé en partenariat avec plus de cinquante acteurs publics et privés sur quarante-deux hectares. Aux côtés du Centre des Matériaux Durables, cet écosystème accueille le Hall 32, la Manufacture des Talents Michelin, le PIC, Cataroux Industrie et le futur Quartier des Pistes. L’ensemble ambitionne de positionner Clermont-Ferrand et la région Auvergne comme un pôle de référence européen pour l’innovation industrielle durable, à une période où la compétition entre territoires pour attirer les acteurs de la deeptech et de la cleantech s’intensifie à l’échelle du continent.

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