Airbus fait décoller l’A350-1000ULR pour Qantas à Toulouse

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Le premier exemplaire de l’A350-1000ULR destiné à la compagnie australienne Qantas a effectué son vol inaugural le 2 juin 2026 à Toulouse, ouvrant la voie à des liaisons commerciales non-stop entre Sydney et Londres. Cette étape marque le lancement d’une campagne d’essais en vol de deux mois, préalable indispensable à la certification des modifications apportées à l’appareil.

Un premier vol de près de quatre heures au-dessus de Toulouse

L’Airbus A350-1000ULR portant le numéro de série constructeur 707 a décollé le 2 juin 2026 depuis Toulouse, en France, pour un vol inaugural d’une durée de trois heures et quarante-trois minutes, culminant à une altitude légèrement supérieure à 41 000 pieds. Aux commandes se trouvaient les pilotes d’essai Thomas Wilhelm et Anthony Flynn, accompagnés de l’ingénieur navigant d’essai Laurent Rossignol, ainsi que des ingénieurs Tuan Do, Alexia Plumet et Vincent Frayssinet. L’appareil était équipé d’une instrumentation spécifique aux vols d’essai, permettant la collecte de données précises sur les performances générales de la machine et sur la nouvelle architecture de son système de carburant.

Ce vol inaugural constitue le point de départ d’une campagne d’essais en vol d’une durée de deux mois. L’objectif est d’obtenir la certification des modifications structurelles et systémiques intégrées à cet appareil par rapport aux versions précédentes de la famille A350. Parmi les éléments soumis à certification figure également un nouveau système de refroidissement des offices de bord, reposant sur des unités de réfrigération allégées et optimisées pour les vols de très longue durée. La ventilation et le contrôle thermique de la cabine feront l’objet d’une série de tests approfondis au cours de cette même période.

L’A350-1000ULR, pièce maîtresse du projet Sunrise de Qantas

La principale innovation technique de l’A350-1000ULR réside dans l’intégration d’un réservoir central arrière supplémentaire directement dans la structure de l’appareil. Ce dispositif accroît l’autonomie de l’avion de 1 000 milles nautiques supplémentaires, portant sa capacité à couvrir des distances proches de 10 000 milles nautiques sans escale. C’est précisément cette caractéristique qui rend possible la liaison directe entre Sydney et Londres, avec des temps de vol pouvant atteindre vingt-deux heures consécutives — une route jusqu’alors inaccessible pour l’aviation commerciale.

Qantas a passé commande de douze appareils de ce type dans le cadre de son projet Sunrise, programme visant à éliminer les dernières contraintes géographiques pesant sur les liaisons aériennes au départ de l’Australie. La compagnie a parallèlement commandé douze A350-1000 en version standard, destinés à renforcer son réseau long-courrier traditionnel. Ces acquisitions représentent un engagement industriel et commercial considérable, tant pour l’opérateur australien que pour Airbus, dont les chaînes d’assemblage toulousaines sont directement sollicitées.

Après la clôture de la campagne d’essais, l’appareil MSN 707 sera reconfiguré selon les spécifications commerciales de Qantas. Le second exemplaire produit pour la compagnie, premier prévu pour une livraison en avril 2027, se trouve quant à lui en phase avancée d’assemblage final à Toulouse et s’apprêtait, au moment du premier vol, à sortir de la chaîne de peinture. Il devra encore recevoir son aménagement cabine en configuration quatre classes premium et ses moteurs avant d’être livré à l’exploitant.

L’A350-1000ULR consolide la position industrielle d’Airbus sur le long-courrier

Cette nouvelle variante constitue la quatrième déclinaison passagers de la famille A350, aux côtés de l’A350-900, de l’A350-900ULR et de l’A350-1000. Ensemble, ces appareils ont profondément reconfiguré les standards du transport aérien long-courrier, en particulier sur les critères de consommation de carburant, d’empreinte carbone et de confort passager. À la fin du mois d’avril 2026, la famille A350 totalisait 1 579 commandes émanant de 68 clients distincts, avec plus de 700 appareils en service opérationnel chez 41 compagnies aériennes, majoritairement sur des routes intercontinentales.

Airbus travaille par ailleurs au développement d’une version cargo entièrement nouvelle, l’A350F, dont le premier vol est attendu avant la fin de l’année 2026. Ce programme élargit encore le périmètre commercial de la famille A350 et renforce la position d’Airbus face à son principal concurrent américain sur le segment des gros porteurs.

Du point de vue de la souveraineté industrielle européenne, le développement de l’A350-1000ULR revêt une dimension stratégique qui dépasse la seule logique commerciale. Toulouse demeure le cœur névralgique de l’assemblage final de la gamme A350, mobilisant un écosystème de sous-traitants et d’équipementiers largement ancrés sur le territoire français et européen. La capacité d’Airbus à concevoir, certifier et livrer des appareils aussi complexes que l’A350-1000ULR consolide la compétitivité de la filière aéronautique européenne sur l’un des marchés les plus exigeants du secteur, celui des liaisons ultra-longue distance, où la maîtrise technologique constitue la principale barrière à l’entrée.

La prochaine étape déterminante sera la certification officielle des modifications de l’A350-1000ULR par les autorités compétentes, ouvrant formellement la voie aux premières livraisons commerciales prévues à partir d’avril 2027 et, in fine, à l’ouverture effective de la liaison Sydney-Londres en configuration non-stop.

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