Marchés américains : le Dow Jones au sommet, le Nasdaq recule

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Le Dow Jones Industrial Average a inscrit un nouveau record de clôture jeudi, porté par des créations d’emplois américaines inférieures aux prévisions qui ont atténué les anticipations de hausse des taux. Pendant ce temps, le secteur des semi-conducteurs a subi une violente correction pour la deuxième séance consécutive, entraînant le Nasdaq dans le rouge.

Des marchés américains portés par un rapport sur l’emploi décevant

À l’approche d’un long week-end férié aux États-Unis, les marchés américains ont affiché jeudi une séance contrastée, avec un Dow Jones bondissant de 1,14 % pour clôturer à 52 900,07 points, un nouveau sommet historique, tandis que le Nasdaq Composite cédait 0,80 % à 25 832,67 points. Le catalyseur principal de cette journée aura été la publication d’un rapport sur l’emploi non agricole sensiblement inférieur aux attentes.

L’économie américaine n’a créé que 57 000 emplois au cours du mois écoulé, un chiffre qui contraste fortement avec l’estimation médiane des économistes, fixée à 110 000. Le taux de chômage s’est établi à 4,2 %, légèrement en dessous de la prévision de 4,3 %. Ce ralentissement du marché du travail intervient après une série de hausses d’emploi particulièrement soutenues observées ces derniers mois, ce qui en amplifie l’effet de surprise sur les opérateurs de marché.

Les conséquences sur les anticipations de politique monétaire ont été immédiates. Selon les données du CME FedWatch, la probabilité d’une hausse des taux directeurs de la Réserve fédérale lors de la réunion de septembre est passée de 64,1 % à 55 % dans les heures suivant la publication. Adam Sarhan, directeur général de 50 Park Investments à New York, a résumé l’enjeu avec précision : ce rapport ne dissipe pas les craintes inflationnistes, mais il retire à la Fed l’urgence d’agir à court terme sur les taux. Un soulagement relatif, dans un contexte où la montée des prix du pétrole, consécutive aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, continue d’alimenter les inquiétudes des investisseurs quant à la trajectoire de l’inflation.

Apple en soutien, les semi-conducteurs en net repli sur les marchés américains

À l’intérieur de la cote, les dynamiques sectorielles ont été particulièrement marquées. Apple s’est distingué en progressant de 4,8 %, offrant un soutien notable aux trois grands indices. Cette hausse fait suite à des informations rapportant que le groupe de Cupertino envisagerait de lancer cinq nouveaux modèles d’iPhone, une perspective qui a suffi à raviver l’appétit des investisseurs pour le titre.

À l’opposé, le secteur des semi-conducteurs a concentré les pressions vendeuses. L’indice Philadelphia Semiconductor a chuté de 5,4 % en séance, enregistrant ainsi une deuxième journée consécutive de forte baisse. Nvidia a reculé de 1,4 %, tandis que SanDisk a décroché de 14,1 %. Pour Bruce Zaro, directeur général chez Granite Wealth Management, basé dans le Massachusetts, ce mouvement s’apparente à une prise de bénéfices après une performance exceptionnelle depuis le début de l’année : l’indice sectoriel affiche en effet encore une progression d’environ 78 % depuis janvier, ce qui en fait l’un des grands gagnants de l’exercice en cours.

L’action Tesla a également pesé sur la tendance, reculant de 7,5 % en dépit d’une annonce de livraisons record au deuxième trimestre, supérieures aux estimations du marché. Ce mouvement paradoxal s’explique par la forte progression du titre en amont de la publication, les opérateurs ayant visiblement anticipé les bonnes nouvelles avant de solder leurs positions. Bending Spoons, propriétaire de la plateforme Vimeo, a cédé 11,3 % au lendemain de son introduction en bourse sur le Nasdaq, qui avait pourtant été marquée par un bond de 40 %.

Un bilan hebdomadaire positif malgré des divergences sectorielles

Sur l’ensemble de la semaine, le tableau d’ensemble reste favorable. Le Dow Jones a progressé d’environ 2 %, enchaînant ainsi une quatrième semaine consécutive de hausse, sa plus longue série depuis octobre 2024. Le S&P 500 a gagné 1,8 % sur la période, clôturant jeudi à 7 483,24 points, quasiment inchangé en séance. Le Nasdaq, de son côté, a avancé de 2,1 % sur la semaine malgré le repli de la dernière journée.

Les volumes d’échanges ont été inférieurs à la normale, avec 19,92 milliards d’actions traitées sur l’ensemble des places américaines, contre une moyenne de 23,34 milliards sur les vingt dernières séances. Cette contraction des volumes, habituelle à l’approche d’un jour férié, nuance la portée des mouvements observés. Les marchés américains resteront fermés vendredi à l’occasion de la fête nationale.

Pour les décideurs européens, cette configuration de marché illustre un équilibre fragile : une économie américaine dont le ralentissement du marché du travail est perçu comme une bonne nouvelle par les opérateurs, car il réduit la pression sur la banque centrale, mais qui témoigne également d’une incertitude persistante sur la trajectoire macroéconomique d’outre-Atlantique. Dans un environnement où les valorisations de certains segments technologiques atteignent des niveaux historiques, la volatilité du secteur des semi-conducteurs rappelle que la correction peut être aussi rapide que la montée.

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