La France aborde la fin de l’année 2025 avec une économie officiellement en croissance, mais structurellement fragilisée. Derrière des indicateurs globalement positifs, les déséquilibres persistent et interrogent la capacité du pays à renouer avec une trajectoire durable. Le dernier bilan économique d’Astérès dresse un constat sans ambiguïté : la croissance est là, mais elle repose sur des fondations fragiles.
Une croissance préservée, mais largement artificielle
Sur le papier, la France évite la récession. La progression du PIB en 2025 reste modérée, avec une légère amélioration attendue en 2026. Cette performance place même l’économie française dans une position honorable au regard de certains classements internationaux. Pour autant, Astérès souligne le caractère trompeur de cette lecture.
La croissance française est principalement alimentée par la dépense publique et les variations de stocks, bien plus que par la consommation des ménages ou l’investissement privé. Autrement dit, l’économie progresse sans véritables moteurs internes. La consommation reste atone, freinée par un niveau de confiance dégradé et un taux d’épargne élevé, tandis que l’investissement des entreprises demeure hésitant.
Astérès résume cette situation par l’image d’une économie « édredon » : elle amortit les chocs et évite la chute brutale, mais peine à accélérer.
Le reflux de l’inflation, un répit trompeur
Parmi les éléments positifs de 2025, Astérès met en avant le net recul de l’inflation. La France affiche une hausse des prix très contenue, bien inférieure à celle observée dans la zone euro. Cette situation a permis d’éviter une contraction de l’activité et de préserver le pouvoir d’achat.
Mais là encore, l’analyse d’Astérès invite à la prudence. Ce décrochage inflationniste complique la conduite de la politique monétaire européenne. La Banque centrale européenne, confrontée à des dynamiques de prix plus élevées dans d’autres pays, maintient des taux directeurs qui s’avèrent pénalisants pour l’économie française. Le coût du crédit reste élevé, freinant les projets d’investissement des ménages comme des entreprises.
Selon Astérès, cette configuration accentue les fragilités structurelles du pays, sans offrir de levier clair de redémarrage.
Une trajectoire budgétaire sous tension
Le point le plus préoccupant du diagnostic d’Astérès concerne les finances publiques. L’État devra continuer à emprunter massivement dans les années à venir, dans un contexte de taux obligataires élevés. Cette situation alourdit mécaniquement la charge de la dette et réduit les marges de manœuvre budgétaires.
Astérès alerte sur le risque d’enlisement : avec une croissance cantonnée autour de 1 %, le déficit public resterait durablement supérieur aux seuils européens. Les hausses de prélèvements envisagées pourraient en outre peser sur l’investissement, au moment même où celui-ci serait nécessaire pour relancer l’économie.
La réindustrialisation comme priorité stratégique
Face à cette impasse, Astérès appelle à un recentrage clair des politiques publiques sur les fondamentaux économiques. La réindustrialisation apparaît comme un levier central pour redonner à la croissance des moteurs durables, renforcer la base productive et améliorer les équilibres commerciaux.
Sans ce sursaut, prévient Astérès, la France restera dépendante de la dépense publique pour soutenir son activité, au prix d’un endettement croissant. Le diagnostic est clair : l’économie française résiste encore, mais sans transformation structurelle profonde, cette résilience risque de s’éroder.
