Le spécialiste lannionnais des lasers a publié lundi 26 octobre un chiffre d’affaires de 168,8 millions d’euros sur neuf mois, en hausse de 8,8 %. Sa division Photonique, appelée à devenir son seul métier après la cession du Médical à l’américain IPG Photonics, progresse de 13,5 %. Explications.
Lumibird a publié, lundi 26 octobre à 17h45, son chiffre d’affaires consolidé des neuf premiers mois de 2026 : 168,8 millions d’euros, en progression de 8,8 % en données publiées et de 10,3 % à taux de change et périmètre constants, apprend-on dans un communiqué daté de Lannion (Côtes-d’Armor). Le troisième trimestre s’établit à 54,1 millions d’euros, en hausse de 12,0 %.
Le groupe breton, qui revendique plus de 50 ans d’expérience dans le laser et plus de 1 000 collaborateurs, avait réalisé 225,6 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025.
Photonique Lumibird : 86,8 millions d’euros, portés par la Medtech et la défense
La division Photonique, cœur du futur Lumibird, affiche 86,8 millions d’euros sur neuf mois, soit +13,5 % en publié et +14,9 % à périmètre et changes constants. Au troisième trimestre, elle progresse de 9,9 % à 27,7 millions d’euros.
Le segment Défense & Spatial, le plus lourd, pèse 41,8 millions d’euros (+10,3 %). Il recule toutefois de 2,0 % au troisième trimestre, ce que le communiqué attribue à une base de comparaison élevée (+42,9 % au troisième trimestre 2025) et à des livraisons décalées sur le quatrième trimestre 2026.
La surprise vient de la Medtech Photonique : 16,6 millions d’euros sur neuf mois, en hausse de 75,9 %, et +117,2 % sur le seul troisième trimestre, grâce à de nouveaux programmes dans les applications cardiovasculaires.
Le segment Industriel & Scientifique, qui couvre notamment la réparation d’écrans plats, les technologies quantiques et le diagnostic des semi-conducteurs, reste stable à 20,9 millions d’euros (+0,6 %), avec un troisième trimestre en recul de 9,0 %. Quant au segment Environnement, Topographie et Sécurité, porté par les systèmes lidar, il recule de 10,3 % à 7,5 millions d’euros sur neuf mois, mais renoue avec la croissance au troisième trimestre (+5,9 %).
Géographiquement, la photonique progresse de 38,8 % sur le continent américain et de 26,1 % en Asie-Pacifique, contre +7,7 % sur la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique.
« Notre carnet de commandes traduit la confiance de nos clients et notre engagement dans des programmes structurants », souligne Marc Le Flohic, président-directeur général de Lumibird, qui ajoute : « Notre force repose sur la maîtrise de technologies et de composants critiques ».
Lumibird Medical, 300 millions d’euros sous pavillon américain
De son côté, la division Médical réalise 82,0 millions d’euros sur neuf mois (+4,3 % en publié, +5,8 % à périmètre et changes constants). Son troisième trimestre bondit de 14,4 %, confirmant la reprise amorcée au printemps. « La division Médical confirme également son retour à la croissance, alors que nous préparons la finalisation de sa cession », concède Marc Le Flohic.
Car cette activité ne fera bientôt plus partie du groupe. Selon une décision de l’Autorité des marchés financiers relayée par Zonebourse, Lumibird a annoncé le 16 juillet des négociations exclusives avec IPG Photonics, puis signé le contrat de cession le 8 septembre, pour une valeur d’entreprise de 300 millions d’euros, assortie d’un complément de prix pouvant atteindre 50 millions d’euros selon les performances 2026 et 2027.
Ainsi, le gendarme boursier a jugé qu’il n’y avait pas lieu de déposer une offre publique de retrait, bien que la division médicale représente l’essentiel des actifs du groupe en termes de résultat courant et d’EBITDA. L’AMF relève notamment que le contrôle reste inchangé, Esira détenant 52,64 % du capital et 67,44 % des droits de vote théoriques, et qu’une part significative du produit de cession doit être distribuée aux actionnaires, 37 millions d’euros étant affectés au désendettement, toujours selon Zonebourse.
La réalisation de la cession doit intervenir au plus tard le 31 décembre 2026, sous réserve de la levée des conditions suspensives usuelles, précise le communiqué. Un choix stratégique que Refrance avait détaillé lors de l’annonce : Lumibird abandonne le médical pour se concentrer sur la photonique de défense.
Cilas, Laser MégaJoule : Lumibird resserre ses liens avec la défense française
Le recentrage passe aussi par une clarification de ses positions dans la défense. Le 24 juillet, Lumibird a annoncé la cession de l’intégralité de sa participation de 37 % dans Cilas, assortie d’accords industriels pluriannuels pour fournir à cette dernière des composants, sources laser et sous-ensembles destinés à des programmes de défense, apprend-on dans un communiqué du groupe. Le laseriste y reprend également les activités de maintenance de Cilas sur le Laser MégaJoule, avec une équipe de 18 ingénieurs et techniciens.
Lumibird s’y présente comme « partenaire technologique de référence des grands intégrateurs français ». La finalisation de l’opération était alors attendue d’ici la fin du troisième trimestre 2026, sous réserve de l’avis des instances représentatives du personnel et des autorisations réglementaires.
Un quatrième trimestre « record » attendu à Lannion
Pour la fin de l’exercice, la direction se montre confiante. « Lumibird anticipe une poursuite de la croissance de son activité au quatrième trimestre », indique le communiqué, qui table, sur la base du carnet de commandes et des livraisons programmées, sur un quatrième trimestre record pour la photonique comme pour l’ensemble du groupe.
Prochain rendez-vous : la publication du chiffre d’affaires annuel 2026, le 25 janvier 2027 après Bourse. Le dernier, sans doute, à inclure une ligne « Médical ».
