Sommet de Montréal : Carney, Costa et von der Leyen veulent bâtir « une nouvelle alliance ambitieuse »

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Le Canada accueille les mercredi 29 et jeudi 30 octobre 2026, à Montréal, le sommet Canada-Union européenne, annonce le Cabinet du premier ministre Mark Carney dans un communiqué publié dimanche 25 octobre. Gaz naturel liquéfié, minéraux critiques et défense sont sur la table. Explications.

Le rendez-vous est fixé. « Afin de faire progresser ce partenariat, le Canada accueillera le Sommet Canada-Union européenne (UE) à Montréal », apprend-on dans un communiqué du Cabinet du premier ministre canadien diffusé dimanche 25 octobre à Ottawa. Mark Carney, premier ministre du Canada, y recevra mercredi 29 et jeudi 30 octobre António Costa, président du Conseil européen, et Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne.

Le ton est donné dès la déclaration du chef du gouvernement canadien. « Le monde est devenu plus dangereux et plus polarisé », affirme Mark Carney. Face à ce constat, le Canada et l’UE « mettent en commun leurs forces » afin de bâtir, selon ses mots, une alliance « suffisamment solide pour que personne ne puisse nous dicter nos choix », et « suffisamment ouverte pour que d’autres puissent s’y joindre ».

Ottawa met en avant ses minéraux critiques et ses ressources énergétiques

Le communiqué dessine une complémentarité assumée. « L’UE dispose d’un vaste marché, de capacités de recherche de pointe et d’un secteur manufacturier fort », souligne Ottawa. En face, le Canada fait valoir « d’abondantes ressources énergétiques, des minéraux critiques », ainsi qu’une expertise dans l’espace, l’intelligence artificielle et les technologies quantiques, et « l’un des systèmes bancaires les plus solides au monde ».

Les chiffres plaident pour un rapprochement. L’UE est « le deuxième partenaire commercial du Canada dans le monde pour les biens et les services », avec des échanges d’« environ 178 milliards de dollars en 2025 », précise le communiqué. Le stock d’investissements directs européens au Canada atteignait 219 milliards de dollars en 2025, tandis que les investissements directs canadiens dans l’UE s’élevaient à 315 milliards de dollars.

Ottawa promet aussi des retombées concrètes : « davantage de choix et des prix plus bas aux consommateurs », « de nouveaux marchés d’exportation aux entreprises » et « plus de possibilités pour les jeunes de vivre, de travailler et d’étudier là où ils le souhaitent ».

Une étude de faisabilité sur le GNL canadien vers l’Europe

Le projet de conclusions du sommet va plus loin que le communiqué. Selon Euronews, qui a consulté la dernière version du projet de déclaration conjointe, les deux parties ouvrent la porte à des échanges de gaz naturel liquéfié, « notamment à travers une étude de faisabilité conjointe de long terme sur les exportations de GNL vers l’Europe » (traduit de l’anglais).

Le texte confierait par ailleurs un rôle à la Banque européenne d’investissement dans les projets de minéraux critiques, de l’extraction au recyclage en passant par la transformation et la fabrication. Toujours selon Euronews, le Canada rejoindrait l’initiative européenne sur les supercalculateurs, un partenariat numérique couvrirait l’intelligence artificielle et l’identité numérique, et un accord sur les flux de données transfrontaliers est en préparation. Le projet prévoit enfin un « traitement mutuellement favorable » dans les mesures de sécurité économique des deux partenaires, sur une base de réciprocité.

Le « membre associé » proposé par Ursula von der Leyen renvoyé à 2027

Le sommet de Montréal intervient un peu plus d’un mois après le discours sur l’état de l’Union prononcé à Strasbourg le 16 septembre 2026, au cours duquel Ursula von der Leyen a proposé que le Canada devienne le premier « membre associé » de l’Europe, rappelle Euronews. Un tel statut, inédit, suppose l’accord des 27 États membres et la création d’un nouveau cadre juridique, les traités actuels ne prévoyant rien de tel.

Montréal ne tranchera pas la question. D’après le projet de conclusions cité par Euronews, « la portée complète de cette adhésion associée sera définie lors du sommet Canada-UE de 2027 » (traduit de l’anglais). Le texte envisage d’ici là une participation canadienne aux sommets, aux réunions ministérielles et des consultations en amont des grandes initiatives politiques. Mark Carney, de son côté, préfère parler d’« Alliance pour l’avenir ».

Le contexte transatlantique pèse sur ce rapprochement. Washington a multiplié ces derniers mois les mesures contre les exportations canadiennes, jusqu’à l’interdiction d’importer des alcools, des produits laitiers et des motos canadiens.

SAFE : le Canada mieux traité que Londres

Sur le volet défense, Ottawa a déjà pris de l’avance. « En février 2026, le Canada est devenu le premier pays non européen à participer à l’initiative Agir pour la sécurité en Europe de l’UE (SAFE) », rappelle le communiqué, qui évoque des débouchés « de plusieurs centaines de millions de dollars » pour l’industrie de défense canadienne.

Les conditions consenties à Ottawa tranchent avec celles proposées au Royaume-Uni. Selon Euronews, Bruxelles a offert au Canada « une contribution initiale symbolique d’environ 10 millions d’euros », quand elle réclamait à Londres 6,5 milliards d’euros, sans garantie de contrats pour son industrie, ce qui a conduit à la rupture des négociations (traduit de l’anglais).

Le CETA, toujours pas ratifié en France

Reste un angle mort, que les conclusions de Montréal ne lèveront pas. Le futur partenariat s’appuie sur l’accord économique et commercial global (CETA) de 2016, que dix pays de l’UE n’ont toujours pas ratifié, note Euronews. La France en fait partie : le Sénat a rejeté le projet de loi de ratification en mars 2024 « à une écrasante majorité », relevait alors L’Écho du mardi, qui rappelait que le Canada constitue le quatrième marché d’exportation des vignerons de la vallée du Rhône.

Le dernier sommet Canada-UE s’était tenu le 23 juin 2025 à Bruxelles. Il avait lancé le partenariat stratégique et le partenariat de sécurité et de défense que Montréal entend désormais prolonger. Rendez-vous jeudi 30 octobre pour la déclaration finale.

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