Foncière Inéa, société d’investissement immobilier cotée spécialisée dans les bureaux en régions, a publié mercredi 14 octobre une activité du troisième trimestre en repli de 6,4 % sur neuf mois, tout en revendiquant des loyers stables à périmètre constant. Explications.
La foncière dirigée par Philippe Rosio, président-directeur général, a annoncé mercredi 14 octobre 2026, à 8h15, des revenus locatifs bruts consolidés de 57,3 millions d’euros sur les neuf premiers mois de l’année, contre 61,2 millions un an plus tôt, soit une baisse de 6,4 %. À périmètre constant, ils s’établissent à 54,5 millions d’euros, en recul de 0,8 %.
Le communiqué met en avant la « résilience des loyers à périmètre constant » face à une « atonie persistante du marché ». Les loyers facturés à périmètre constant atteignent 41,6 millions d’euros, en hausse de 0,7 % selon Zonebourse, qui l’attribue notamment à l’indexation.
28 000 m² signés, 21 000 m² de départs effectifs chez Inéa
Sur la période, Inéa a commercialisé ou renouvelé près de 28 000 m², dont 9 500 m² de renouvellements, face à 21 000 m² de départs effectifs. Le communiqué cite notamment une école du groupe Ionis (2 764 m² à Aix-en-Provence), Veolia Environnement (2 037 m² à Rennes) et trois baux totalisant 2 576 m² à Bordeaux.
2026 est l’année la plus exposée aux congés pour la foncière : 18 % des loyers étaient concernés, contre 8 % en moyenne annuelle, précise le communiqué.
Pour expliquer le repli du chiffre d’affaires consolidé, la société détaille quatre effets : la fin de garanties locatives (-1,3 million d’euros), l’effet net des cessions (-0,7 million), l’étalement des franchises de loyers selon la norme IFRS 16 (-1,1 million) et la baisse des charges locatives refacturées (-1,1 million). Depuis le début de 2025, Inéa a cédé pour 25 millions d’euros d’actifs.
Vacance de 7 % dans les huit métropoles où Inéa est implantée
Le communiqué replace ces chiffres dans un marché dégradé. Citant BNP Paribas Real Estate, il indique que la demande placée en régions recule de 28 % au premier semestre, à 476 000 m², et que le taux de vacance atteint 7 % dans les huit principales métropoles, en hausse de 90 points de base.
Le patrimoine d’Inéa, lui, compte 81 sites pour environ 457 000 m² de surface locative, valorisés 1,195 milliard d’euros au 30 juin 2026, avec un rendement potentiel de 7,5 %.
160 millions d’euros de lignes bancaires signées avec Bpifrance, la Société Générale, le Crédit Mutuel et LCL
La publication intervient après le refinancement annoncé le 31 août. Selon le communiqué de la société relayé par Zonebourse, Inéa a refinancé 158 millions d’euros, soit environ 25 % de sa dette bancaire, avec trois nouveaux prêts : 40 millions d’euros sur sept ans auprès de Bpifrance (23 juillet), 48 millions d’euros sur cinq ans arrangés par la Société Générale et la Banque Européenne du Crédit Mutuel (30 juillet), et 70 millions d’euros sur sept ans arrangés par LCL avec cinq prêteurs (31 juillet).
La maturité moyenne de la dette passe de 2,6 à 4,0 ans, tandis que la part de dette sécurisée monte à 67 %, contre 60 %. L’opération « offre beaucoup de sérénité à la Société, dans un contexte macro-économique encore très incertain », déclare Philippe Rosio, cité par le même article.
LTV à 53,8 % et dividende de 2,70 euros : le dossier du semestre
Au premier semestre, Inéa avait affiché un résultat net récurrent de 12,5 millions d’euros (-11 %), soit 1,15 euro par action, une vacance de 13,2 % contre 11,6 % fin 2025 et un ratio d’endettement (LTV) de 53,8 %, contre 52,3 %, selon son communiqué du 23 juillet. La société vise un LTV inférieur à 50 % fin 2026 et des cessions supérieures à 40 millions d’euros sur l’année, après 7 millions cédés au premier semestre. Le dividende de 2,70 euros par action a été versé intégralement sur la période.
Le 31 août, Zonebourse rapportait qu’Invest Securities avait abaissé son objectif de cours de 39,2 à 35,5 euros, tout en conservant sa recommandation à l’achat. L’analyste y voit une année 2026 difficile pour la commercialisation et a réduit de 10 % ses estimations de résultat récurrent par action et de 15 % celles du dividende.
Mercredi soir, le titre clôturait à 30,90 euros, en recul de 9,65 % depuis le 1er janvier, d’après la fiche Zonebourse de la société. Les cessions annoncées au-delà de 40 millions d’euros conditionnent la baisse du LTV promise pour la fin de l’année.
