Nexans cède Autoelectric à Motherson pour 207 millions d’euros

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Le câblier français Nexans a finalisé la vente de sa filiale de faisceaux de câblage automobile Autoelectric au groupe indien Motherson pour 207 millions d’euros, achevant ainsi une recomposition stratégique de son portefeuille entamée en 2021 et orientant l’ensemble de ses activités vers l’électrification.

Nexans boucle la cession d’Autoelectric à l’équipementier Motherson

Nexans, fabricant français de câbles coté en Bourse, a officialisé la finalisation de la vente de sa division de faisceaux de câblage automobile Autoelectric au groupe indien Samvardhana Motherson International, l’un des principaux équipementiers automobiles à l’échelle mondiale, pour un montant de 207 millions d’euros. La transaction, dont les contours avaient été arrêtés antérieurement, a désormais produit tous ses effets juridiques et comptables. Autoelectric a été déconsolidée des comptes du groupe français à compter du 1er juillet 2026, date à partir de laquelle la filiale cesse de figurer dans le périmètre consolidé de Nexans. Cette opération s’inscrit dans un mouvement plus large de réorganisation industrielle, par lequel un acteur historique du câblage européen transfère une activité à forte intensité de main-d’œuvre vers un conglomérat indien en pleine expansion sur les marchés de la sous-traitance automobile mondiale.

L’entité cédée représentait, en 2025, un chiffre d’affaires courant d’environ 708 millions d’euros et employait près de 13 000 personnes. Ces données soulignent le poids réel d’Autoelectric au sein du groupe avant la cession : la filiale pesait une part significative du périmètre d’activités de Nexans, mais son profil industriel — fondé sur l’assemblage de faisceaux de câbles destinés à l’habitacle des véhicules — ne correspondait plus à la trajectoire choisie par la direction du groupe. Classée dès 2025 en activité abandonnée dans les comptes consolidés, sa contribution avait d’ores et déjà été exclue des prévisions financières de Nexans pour l’exercice 2026, signalant clairement aux marchés que le désengagement était acté bien avant sa concrétisation formelle.

Une recomposition stratégique centrée sur l’électrification

La cession d’Autoelectric représente l’aboutissement d’un processus de transformation du portefeuille d’activités initié par Nexans en 2021. Depuis lors, le groupe a progressivement délaissé les segments jugés périphériques à sa nouvelle ambition industrielle pour concentrer ses ressources sur les métiers de l’électrification : câbles sous-marins à haute tension, réseaux d’énergie terrestres, infrastructures de transmission pour les énergies renouvelables. Avec cette dernière cession, Nexans ne détient plus aucune activité étrangère à ce périmètre, ce qui constitue une rupture nette avec le modèle du câblier généraliste qu’il incarnait encore au début de la décennie.

Ce repositionnement intervient dans un contexte particulièrement porteur pour les acteurs de l’électrification en Europe. La demande de câbles à haute capacité explose sous l’effet conjugué du développement des parcs éoliens offshore, de l’extension des réseaux de transport d’électricité et des objectifs de décarbonation fixés par l’Union européenne dans le cadre du Pacte vert. Nexans se place ainsi en compétition directe avec des acteurs tels que Prysmian, le câblier italien, ou NKT, son homologue danois, tous deux engagés dans une course aux capacités industrielles pour répondre à une demande qui excède structurellement l’offre disponible sur le continent. Le carnet de commandes de ces opérateurs atteint désormais plusieurs années, conférant une visibilité financière inhabituelle dans l’industrie lourde.

L’enjeu de souveraineté industrielle derrière la transaction

La vente d’une filiale employant 13 000 personnes à un conglomérat indien mérite d’être replacée dans le débat plus large sur la souveraineté industrielle européenne. Motherson, dont le siège est établi à New Delhi, est devenu en l’espace de deux décennies l’un des fournisseurs de rang un les plus puissants de l’industrie automobile mondiale, notamment grâce à une stratégie d’acquisitions agressives en Europe, en Amérique du Nord et en Asie. Le groupe figure parmi les principaux producteurs mondiaux de faisceaux de câblage, un composant à forte valeur stratégique dans l’architecture électrique des véhicules modernes, qu’ils soient thermiques ou électrifiés.

Pour Nexans, la logique de la transaction est cohérente avec sa feuille de route : céder un actif rentable mais structurellement décorrélé de son cœur de métier futur, dégager du capital pour financer ses investissements dans l’électrification et simplifier sa structure opérationnelle. La valorisation retenue, 207 millions d’euros pour une entité réalisant 708 millions d’euros de chiffre d’affaires, soit un multiple inférieur à 0,3 fois les revenus, reflète la nature de l’activité — à faible marge, très concurrentielle et exposée aux pressions sur les coûts de main-d’œuvre — davantage que l’importance des volumes traités.

Nexans, acteur clé de l’électrification européenne après la cession

À l’issue de cette opération, Nexans se présente comme un groupe industriel reconfiguré, dont la totalité du périmètre est désormais dédiée aux infrastructures d’électrification. Cette cohérence de portefeuille est perçue positivement par les investisseurs institutionnels, qui accordent généralement des valorisations plus élevées aux entreprises dont la stratégie est lisible et alignée sur les grandes tendances structurelles de l’économie. La demande européenne en câbles à haute tension devrait rester soutenue au moins jusqu’à la fin de la décennie, portée par les plans nationaux de réindustrialisation, la montée en puissance des énergies renouvelables et le renouvellement indispensable des réseaux électriques vieillissants.

Dans ce cadre, la capacité de Nexans à mobiliser des capitaux, à accélérer ses investissements industriels et à consolider sa position sur les marchés offshore — où les marges sont sensiblement plus élevées que dans le câblage terrestre standard — déterminera sa compétitivité à moyen terme. La finalisation de la cession d’Autoelectric libère le groupe de la gestion d’une activité à faible rendement et lui permet de consacrer l’intégralité de son attention managériale et de ses ressources financières à des segments à plus forte valeur ajoutée, dans un secteur où l’Europe entend préserver une base industrielle propre face à la concurrence asiatique.

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