Carrefour signe la charte Cancer@Work pour l’inclusion de ses salariés malades

Crédits photo : Carrefour

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Carrefour a signé le 31 mars 2026 la charte Cancer@Work, engagement formel pour l’inclusion et le maintien dans l’emploi des salariés touchés par un cancer ou une maladie chronique. Un acte qui s’inscrit dans une stratégie RSE de plus en plus systématique, où les engagements sociaux internes rejoignent les objectifs climatiques et d’inclusion du groupe dans un cadre de performance mesuré et indexé sur la rémunération variable.

Cancer@Work : une charte pour structurer l’inclusion des salariés malades

Fondée en 2012, l’association Cancer@Work milite pour changer le regard des entreprises sur les salariés touchés par un cancer ou une maladie chronique. Sa charte repose sur cinq principes : faire évoluer les représentations au sein de l’entreprise, créer un environnement favorable aux personnes malades, promouvoir des pratiques managériales non discriminatoires, mesurer les progrès et ancrer durablement l’inclusion dans la stratégie. En signant cette charte, Carrefour formalise des engagements déjà partiellement engagés depuis son adhésion à l’initiative internationale « Working with Cancer » en 2024 — un mouvement lancé notamment par Publicis — et prend des obligations précises vis-à-vis de ses collaborateurs et de l’association. En France, environ 160 000 personnes en emploi apprennent chaque année qu’elles sont atteintes d’un cancer. Dans la grande distribution, secteur à fort volume de main-d’œuvre, la probabilité statistique d’avoir des salariés concernés dans ses effectifs est structurellement élevée.

Des engagements concrets pour les salariés touchés par le cancer

Au-delà de la signature symbolique, Carrefour déploie un dispositif opérationnel structuré. Le groupe s’engage à former 100 % de ses managers à l’accueil d’un collaborateur malade ou en situation de handicap d’ici 2030 — une partie de cette formation portant spécifiquement sur le cancer : annonce de la maladie, communication dans l’équipe, gestion de l’arrêt maladie et accompagnement au retour au travail. Plusieurs outils sont également mobilisés : la ligne Incluline, qui accompagne les collaborateurs dans leurs démarches administratives dont la demande de RQTH, et l’application Alex, développée avec l’APGIS et WeCare@Work, qui aide les salariés à concilier santé et vie professionnelle via des informations, conseils, exercices pratiques et partages d’expériences. La campagne de sensibilisation interne #InvisibleMaisVrai sera reconduite en 2026, étendue aux maladies chroniques invalidantes — sclérose en plaques, TDAH, fibromyalgie et cancers — sous différentes formes : affiches, webinaires, sessions de prévention et ateliers d’autopalpation.

L’inclusion de la maladie intégrée à l’Indice RSE de Carrefour

Le signal le plus fort de cet engagement réside dans son intégration à l’Indice RSE interne de Carrefour, qui mesure la performance environnementale et sociale du groupe sur ses enjeux stratégiques — climat, égalité femmes-hommes, santé, inclusion — et dont l’atteinte conditionne 10 % de la rémunération variable des salariés. L’objectif de former 100 % des managers à l’accueil d’un collaborateur malade ou en situation de handicap fait désormais partie des 17 indicateurs clés de cet indice. Ce mécanisme d’indexation financière transforme un engagement déclaratif en obligation de résultat mesurée annuellement. Il illustre la maturité de l’approche RSE de Carrefour, qui tend à aligner progressivement l’intéressement collectif sur des indicateurs extra-financiers contraignants. Cette logique, déjà appliquée au volet climatique, dont la trajectoire a été validée par le SBTi en février 2026, s’étend désormais au champ de la santé au travail.

Une stratégie d’inclusion qui s’élargit au-delà du handicap traditionnel

La signature de la charte Cancer@Work complète un dispositif d’inclusion qui s’est considérablement étoffé chez Carrefour ces dernières années. En mars 2026, le groupe inaugurait un magasin-école dédié aux personnes porteuses de trisomie 21 et de troubles du spectre autistique, avec l’objectif d’accompagner 80 personnes vers l’emploi d’ici fin 2026. Le cancer et les maladies chroniques représentent une autre forme d’invisibilité au travail : contrairement au handicap reconnu administrativement, ils touchent des salariés dont l’état de santé fluctue, qui alternent périodes de traitement, arrêts maladie et reprises progressives, dans un contexte managérial souvent mal préparé à ces réalités. En couvrant à la fois le handicap visible, le handicap mental et la maladie grave, Carrefour construit une politique d’inclusion au travail qui ambitionne de répondre à la diversité réelle des situations vécues par ses quelque 300 000 collaborateurs à travers le monde.

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