TotalEnergies et l’Egyptian Natural Gas Holding Company (EGAS) ont signé le 13 mai 2026 un accord de coopération portant sur l’exploration de l’offshore profond au nord-ouest de l’Égypte. Un MoU qui confirme l’appétit du groupe français pour le potentiel gazier méditerranéen, dans un contexte de réorientation stratégique des approvisionnements énergétiques européens.
Un accord d’exploration dans l’offshore profond égyptien
Le Memorandum of Understanding signé entre TotalEnergies et EGAS couvre une vaste zone de l’offshore profond au nord-ouest de l’Égypte, en Méditerranée orientale. Le document établit un cadre de coopération technique qui inclut des activités préliminaires d’exploration et d’évaluation du sous-sol. À ce stade, aucun engagement d’investissement définitif n’est contractualisé : il s’agit d’une phase d’évaluation destinée à qualifier le potentiel géologique de la zone avant toute décision de forage. La Méditerranée orientale est depuis plusieurs années au cœur de la stratégie d’exploration gazière de TotalEnergies, qui y développe une présence de plus en plus structurée, du Liban à Chypre en passant par l’Égypte.
L’Égypte, pivot stratégique de l’exploration offshore en Méditerranée
L’Égypte constitue l’un des terrains d’exploration offshore les plus actifs de la région. Le pays abrite le champ de Zohr, découverte géante opérée par l’ENI en 2015, qui a redéfini les perspectives gazières de la Méditerranée orientale. Si TotalEnergies reste aujourd’hui en phase exploratoire sur ce nouveau périmètre, l’accord avec EGAS s’inscrit dans une dynamique régionale plus large. La compagnie française multiplie les accords d’exploration en Méditerranée orientale : en janvier 2026, elle relançait ainsi ses activités d’exploration offshore au Liban, sur le bloc 8, après le recentrage géologique consécutif à l’échec du puits Qana. Cette stratégie de maillage progressif du bassin méditerranéen révèle une vision de long terme sur la ressource gazière régionale.
L’exploration offshore au service de la souveraineté énergétique européenne
Au-delà de la dimension bilatérale franco-égyptienne, cet accord de coopération s’inscrit dans un contexte géopolitique déterminant. Depuis la réduction drastique des importations de gaz russe, l’Europe cherche activement à sécuriser de nouveaux approvisionnements. L’Égypte, équipée de terminaux de liquéfaction performants à Idku et Damiette, est en mesure d’exporter du GNL vers les marchés européens. TotalEnergies, leader européen de l’approvisionnement en GNL, joue dans ce cadre un rôle de vecteur de la politique énergétique française et européenne en Méditerranée. Identifier de nouvelles ressources gazières dans l’offshore égyptien, c’est potentiellement contribuer à renforcer l’autonomie énergétique du continent à un horizon de dix à quinze ans. La question de la souveraineté énergétique ne se résout pas dans l’urgence ; elle s’anticipe dans la phase exploratoire.
TotalEnergies, opérateur multi-énergies en Afrique du Nord et au Moyen-Orient
Présente dans environ 120 pays, TotalEnergies déploie en Afrique du Nord et au Moyen-Orient une stratégie multi-énergies qui combine hydrocarbures, gaz naturel et renouvelables. En Égypte, la compagnie est déjà active sur plusieurs segments de la chaîne énergétique. Le nouvel accord avec EGAS élargit son empreinte exploratoire dans un pays où les perspectives gazières offshore restent largement sous-explorées. Cette logique de portefeuille géographique diversifié est au cœur du modèle de TotalEnergies : l’entreprise ne mise pas sur un seul bassin, mais constitue une présence dans l’ensemble des zones à fort potentiel. À titre de comparaison, le déploiement du projet GGIP en Irak, qui associe pétrole, gaz, solaire et eau dans un programme intégré, illustre la capacité de la compagnie à construire des partenariats durables et complexes avec des États producteurs.
Un MoU soumis aux aléas de l’exploration offshore profonde
Si la signature d’un accord de coopération avec EGAS constitue un signal positif sur l’attractivité du sous-sol nord-égyptien, les incertitudes propres à l’exploration offshore profonde demeurent considérables. Le coût des forages en eau profonde, les délais entre découverte et mise en production, et la volatilité des prix du gaz naturel pèsent sur la rentabilité de tels projets. TotalEnergies a par ailleurs vu son action reculer de plus de 3,5 % en séance le 27 mai 2026, dans un contexte de marché nerveux sur les hydrocarbures. L’évaluation géologique du périmètre couvert par le MoU sera déterminante : c’est elle qui conditionnera la décision d’engager des forages exploratoires et, à terme, de transformer ce partenariat en projet industriel structurant pour les deux parties.
