La Direction générale de l’Armement (DGA) a confié à Thales, le 24 octobre 2025, la réalisation du radar AURORE, futur système de surveillance de l’espace en orbite basse. Ce projet stratégique, inscrit dans le programme ARES (Action et REsilience Spatiale), s’inscrit au cœur de la loi de programmation militaire 2024-2030 et succédera, à l’horizon 2030, au radar GRAVES, en service depuis 2004.
Un nouvel atout de souveraineté spatiale
Avec AURORE, la France franchit une nouvelle étape dans la maîtrise de son environnement spatial. Ce radar, entièrement conçu sur le territoire national, offrira à l’Armée de l’Air et de l’Espace une capacité inédite d’observation et d’identification des objets évoluant en orbite basse, jusqu’à 2 000 km d’altitude.
Composé d’une station d’émission, d’une station de réception et d’un centre de calcul, AURORE permettra de suivre la trajectoire des satellites étrangers, de détecter les objets manœuvrants et d’anticiper les risques liés aux débris spatiaux.
Plus précis et plus puissant que son prédécesseur GRAVES, il sera capable de repérer des objets encore plus petits et d’en établir immédiatement la trajectoire. Ce renforcement technologique contribuera directement à la souveraineté spatiale française, garantissant à Paris une autonomie stratégique dans la compréhension et la protection de son espace orbital.
Une architecture modulaire et tournée vers l’avenir
Thales mise sur une architecture modulaire fondée sur de nouvelles briques technologiques en Ultra Haute Fréquence (UHF). Cette approche permettra une montée en puissance progressive du radar, en intégrant de nouvelles capacités au fil du temps.
Ces modules UHF, réutilisables dans les futurs radars militaires français ou exportables à l’étranger, font d’AURORE un projet structurant pour l’ensemble de la filière industrielle nationale.
En parallèle, AURORE contribuera au programme européen EU-SST (European Space Surveillance and Tracking), qui fédère quinze États membres autour de la surveillance et de la sécurité spatiale. Par cette participation, la France renforce sa position de leader européen de la défense spatiale.
Le programme ARES, pilier de la défense spatiale française
Lancé en 2021, le programme ARES découle de la stratégie spatiale de défense de 2019 et vise à doter la France de capacités militaires complètes dans le domaine spatial. Il repose sur trois piliers complémentaires :
- La surveillance de l’espace, qui consiste à détecter, suivre et caractériser tout objet susceptible de menacer les satellites français ;
- L’action dans l’espace, permettant de répondre à un acte hostile de manière proportionnée et conforme au droit international ;
- La conduite des opérations spatiales militaires, assurée par le Commandement de l’Espace (CDE), pour planifier et coordonner les missions.
Dans ce cadre, la DGA agit comme maître d’œuvre du système de défense, en développant progressivement des capacités intégrées autour de ces trois axes. Le radar AURORE, pierre angulaire du pilier de surveillance, symbolise cette volonté d’autonomie stratégique et de résilience technologique face à la montée des enjeux de conflictualité dans l’espace.
