Le secteur spatial franchit une nouvelle étape dans sa structuration européenne. CS Group, filiale de Sopra Steria, a été retenu par le CNES pour concevoir et développer le programme STREAMS, un dispositif stratégique destiné à renforcer les capacités de surveillance spatiale à l’échelle française et européenne.
Une réponse à la congestion croissante de l’espace
La multiplication des satellites, l’essor des constellations commerciales et l’accumulation de débris orbitaux transforment profondément l’environnement spatial. Dans ce contexte, la maîtrise de la situation orbitale devient un enjeu critique, à la fois en matière de sécurité, de souveraineté et de continuité des services.
Le programme STREAMS vise précisément à répondre à ces défis. Mandaté par le CNES, CS Group pilotera la conception et le développement d’un système intégré permettant d’améliorer la connaissance de l’environnement spatial et d’anticiper les risques.
Trois axes structurent ce programme :
- Le renforcement du catalogue national des objets spatiaux, grâce à l’intégration de capteurs multiples (optiques, radars, radiofréquences et, à terme, satellitaires)
- L’exploitation du service européen CAESAR, dédié à la détection et à la prévention des collisions en orbite
- La modernisation des infrastructures SSA (Space Situational Awareness), pour améliorer les performances et la capacité de traitement des données
STREAMS s’appuiera sur un écosystème industriel français de premier plan, incluant Aldoria, Hemeria, Safran Data Systems et Auticon.
Une montée en puissance des capacités européennes
Au-delà de la dimension technique, STREAMS s’inscrit dans une logique de structuration d’une capacité européenne autonome. L’objectif est clair : disposer d’une infrastructure souveraine capable de rivaliser avec les grandes puissances spatiales.
CS Group s’appuie pour cela sur une expertise de plus de quarante ans dans les systèmes critiques, notamment à travers plusieurs programmes structurants. Le système OSMOSE constitue aujourd’hui le socle du catalogue national de surveillance spatiale. Le programme ESSOR, inscrit dans France 2030, vise à créer un catalogue dynamique pouvant atteindre 100 000 objets à l’horizon 2030. Enfin, SIS-NEXT est dédié à la protection des infrastructures spatiales militaires, avec une capacité d’analyse en temps réel de données massives.
Pour Sylvain D’Hoine, vice-président exécutif Espace de CS Group, l’enjeu dépasse largement la seule innovation technologique : il s’agit de bâtir une véritable capacité stratégique européenne. La surveillance spatiale devient ainsi un levier de souveraineté, de sécurité et de compétitivité industrielle.
Vers une offre européenne intégrée de surveillance spatiale
Le programme STREAMS constitue également une étape structurante dans le développement d’ASTREK, futur centre fédérateur destiné à consolider une offre européenne de services de surveillance spatiale.
En agrégeant compétences industrielles, infrastructures technologiques et capacités d’analyse avancées, cette initiative vise à positionner durablement l’Europe dans la compétition internationale du spatial.
Dans un contexte de militarisation progressive de l’espace et de dépendance accrue aux infrastructures orbitales, la capacité à surveiller, comprendre et sécuriser cet environnement devient un enjeu stratégique majeur. Avec STREAMS, la France entend jouer un rôle moteur dans l’émergence d’une autonomie européenne dans ce domaine clé.

