Legrand obtient la note A au CDP pour l’engagement de ses fournisseurs

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Le groupe limougeaud Legrand vient de décrocher la note A au Supplier Engagement Assessment (SEA) 2025 du CDP, l’organisme international de référence en matière de reporting environnemental. Cette distinction, réservée aux entreprises les plus avancées dans la mobilisation de leur chaîne de valeur sur les enjeux climatiques, vient sanctionner une politique structurée d’entraînement des fournisseurs vers une trajectoire bas carbone.

Le Supplier Engagement Assessment du CDP, un étalon mondial de la décarbonation des fournisseurs

Le Supplier Engagement Assessment du CDP ne se limite pas à évaluer les ambitions climatiques d’une entreprise sur ses propres opérations. Il mesure sa capacité à entraîner l’ensemble de sa chaîne d’approvisionnement dans une dynamique de réduction des émissions. L’évaluation repose sur quatre piliers : la gouvernance et l’intégration du climat dans la stratégie, les objectifs de réduction des émissions, la qualité et la transparence du reporting — en particulier sur le Scope 3 —, et les actions concrètes mises en place pour accompagner les fournisseurs. Obtenir la note A dans ce cadre signifie que l’entreprise ne se contente pas d’afficher des engagements : elle démontre une capacité réelle à structurer, mesurer et faire progresser la performance environnementale de ses partenaires industriels.

Le Scope 3, nerf de guerre de la stratégie climat de Legrand

Pour Legrand, spécialiste des infrastructures électriques et numériques du bâtiment, le Scope 3 n’est pas une ligne comptable parmi d’autres. Une part significative de l’empreinte carbone du groupe provient de sa chaîne de valeur, et non de ses propres usines ou de sa consommation d’énergie. Ce déséquilibre structurel, commun à l’ensemble de l’industrie manufacturière, impose une stratégie d’engagement fournisseurs ambitieuse si l’entreprise entend tenir ses engagements climatiques. La feuille de route RSE 2025-2027 du groupe traduit cet impératif en objectif chiffré : une réduction de 30 % en moyenne des émissions de gaz à effet de serre des opérations de ses fournisseurs, portant sur les entités représentant 70 % des émissions liées aux biens achetés. Cet objectif s’inscrit dans la continuité des ambitions 2030 du groupe, qui visent une réduction de 42 % des émissions des Scopes 1 et 2, et de 25 % du Scope 3. La performance extra-financière de Legrand avait déjà atteint un taux de réalisation de 110 % de sa feuille de route RSE en 2025, témoignant d’une intégration effective des enjeux environnementaux dans la stratégie industrielle du groupe.

Une notation qui récompense la robustesse du dispositif d’engagement fournisseurs

L’obtention de la note A au Supplier Engagement Assessment ne découle pas d’une déclaration d’intention. Elle valide un dispositif d’accompagnement concret, articulé autour de la gouvernance climatique, de la transparence du reporting et de la qualité des mécanismes mis en place pour accompagner les partenaires industriels. Lisa Moneymaker — pour citer le parallèle sectoriel — n’est pas la seule dirigeante à souligner que le secteur a « dépassé l’ère de la spéculation » : pour Legrand aussi, la crédibilité réside désormais dans la capacité à mesurer et à prouver les progrès de sa chaîne de valeur. Dans un contexte où la directive européenne CSRD impose aux grandes entreprises une transparence accrue sur leurs émissions indirectes, cette reconnaissance par le CDP constitue également un signal fort à destination des investisseurs et des donneurs d’ordre publics, de plus en plus attentifs à la solidité extra-financière de leurs fournisseurs stratégiques.

Souveraineté industrielle et décarbonation : les deux faces d’un même défi

L’engagement fournisseurs de Legrand dépasse la seule conformité réglementaire. Il s’inscrit dans une logique de souveraineté industrielle : en accompagnant ses fournisseurs clés vers des trajectoires alignées sur les standards climatiques internationaux, le groupe contribue à renforcer la résilience et la compétitivité de tout un écosystème industriel. Une chaîne d’approvisionnement décarbonée est aussi une chaîne moins exposée aux risques de volatilité des prix de l’énergie fossile et aux chocs réglementaires à venir. L’État français amplifie d’ailleurs cette dynamique en mobilisant 1,6 milliard d’euros dans le cadre des Grands Projets Industriels de Décarbonation, confirmant que la transition bas carbone est désormais un levier stratégique autant qu’une obligation environnementale. Legrand, dont le chiffre d’affaires a progressé de 13 % en 2025 avec des acquisitions ciblées sur la transition énergétique et digitale, incarne ce modèle d’entreprise industrielle française qui fait de la performance environnementale un avantage concurrentiel durable plutôt qu’une contrainte subie.

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