Le gouvernement a confirmé sa position : la France soutient le maintien de l’interdiction de vente des véhicules neufs à moteur thermique d’ici 2035, tout en plaidant pour une transition écologique ancrée dans la souveraineté industrielle européenne.
Une transition verte au service de l’industrie européenne
Dans un communiqué conjoint, Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, et Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie, ont réaffirmé que la compétitivité de la filière automobile française demeure une priorité stratégique.
La France maintient le cap fixé par le règlement européen interdisant la vente de véhicules thermiques neufs en 2035, mais elle conditionne son adhésion à la mise en place de mécanismes favorisant une véritable préférence européenne. Pour Paris, la transition énergétique ne peut se faire qu’en renforçant la production sur le sol européen et en soutenant les acteurs industriels qui y contribuent.
« Il s’agit de produire en Europe, avec des composants européens, les véhicules vendus au sein de l’Union », souligne le communiqué. L’objectif est clair : faire de la décarbonation un levier d’autonomie stratégique et non une dépendance supplémentaire vis-à-vis des géants asiatiques.
Une politique industrielle cohérente avec les enjeux de souveraineté
Alors que la concurrence internationale s’intensifie, notamment face à la Chine qui domine le marché des batteries et des véhicules électriques à bas coût, la France plaide pour un cadre européen qui protège et stimule son industrie automobile.
Le gouvernement veut s’assurer que la décarbonation ne rime pas avec désindustrialisation. Les ministres rappellent que les batteries, moteurs électriques et composants électroniques stratégiques doivent être produits en Europe. Cette orientation rejoint les efforts engagés avec la création de gigafactories dans les Hauts-de-France et le développement d’une filière batterie européenne intégrée.
La France souhaite que le futur règlement européen sur les émissions de CO2 introduise une incitation explicite à la préférence européenne, de manière à orienter les investissements vers le continent. Cette approche s’inscrit dans la continuité des mesures déjà obtenues par la France, notamment le « lissage » des objectifs de réduction de CO2 entre 2025 et 2027, qui vise à laisser aux constructeurs le temps nécessaire pour adapter leurs chaînes de production.
Compétitivité, innovation et emploi : les trois piliers d’une transition maîtrisée
Pour le gouvernement, la réussite de la transition écologique repose sur l’équilibre entre innovation technologique, maintien de l’emploi industriel et attractivité économique. L’électrification des véhicules est une opportunité majeure, à condition qu’elle s’accompagne de dispositifs concrets pour soutenir les constructeurs et équipementiers européens.
Cette stratégie, qui conjugue écologie et industrie, s’inscrit dans une vision de long terme : faire du véhicule électrique un produit de la souveraineté européenne. La France plaide pour un modèle de développement fondé sur la production locale, la montée en gamme des savoir-faire et la réindustrialisation des territoires.
Un message de fermeté et de réalisme
En réaffirmant l’échéance de 2035, le gouvernement envoie un signal de continuité politique tout en adoptant une posture de pragmatisme. L’objectif n’est pas de revenir sur les engagements climatiques, mais de s’assurer que ceux-ci servent la prospérité industrielle de l’Europe.
« Une transition écologique réussie conjugue décarbonation, innovation, emploi et compétitivité », conclut le communiqué, rappelant que la souveraineté économique reste indissociable de la souveraineté climatique.
À travers cette position, la France défend une ligne claire : celle d’une écologie souveraine, capable de conjuguer ambition environnementale et puissance industrielle.

