La France et Madagascar entendent ouvrir une nouvelle séquence de leur relation bilatérale. Réunis à Paris le 19 janvier, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, et son homologue malgache, Christine Razanamahasoa, ont réaffirmé leur volonté commune de renforcer une coopération jugée « amicale, intense et de grande qualité », dans un contexte international qualifié de troublé.
Les deux ministres ont souligné le caractère singulier du lien humain entre les deux pays, marqué par la présence de dizaines de milliers de ressortissants malgaches en France et de Français à Madagascar. Un capital humain que Paris et Antananarivo entendent préserver et densifier, au moment où Madagascar traverse une phase politique et institutionnelle de refondation.
Un cadre de coopération repensé
Dans le prolongement de l’échange téléphonique intervenu fin novembre entre le président français Emmanuel Macron et son homologue malgache, les deux chefs de la diplomatie sont convenus de préparer l’adoption d’un cadre de partenariat renouvelé, explicitement aligné sur les priorités de la Refondation engagée par les autorités malgaches.
La France affirme ainsi sa volonté d’accompagner Madagascar dans une phase jugée décisive, en particulier en direction de la jeunesse, dont les aspirations sociales et économiques ont été mises en avant lors de l’entretien.
Santé, énergie, justice : des projets déjà engagés
Plusieurs projets validés en décembre 2025 sont actuellement en cours de déploiement. Ils concernent notamment la santé, la sécurité alimentaire, l’aménagement urbain et l’énergie. La nouvelle phase du programme d’appui à la justice de Madagascar (PAJMA II), porté par l’Agence française de développement, a également été lancée.
Sur le terrain sanitaire, le ministère français des Affaires étrangères a mobilisé la Croix-Rouge française afin de contribuer à la réponse d’urgence face à la propagation de la variole simienne (mpox) sur l’île.
Coopération universitaire et filières numériques
Les discussions ont également porté sur les perspectives de coopération pour l’année 2026. Paris et Antananarivo souhaitent notamment renforcer les échanges universitaires, améliorer les conditions de vie des étudiants et développer des filières numériques d’excellence. L’objectif affiché est un démarrage rapide de ces projets, avec des retombées concrètes pour la population.
La France a par ailleurs salué les premières avancées du processus de refondation institutionnelle engagé par les autorités malgaches, évoquant la volonté affichée de restaurer la confiance dans les institutions, de remettre l’État au service du bien commun et de préparer des élections libres et transparentes selon le calendrier annoncé.
Des visites de haut niveau en préparation
Enfin, les deux ministres sont convenus de travailler conjointement à l’organisation prochaine de visites de haut niveau, en France comme à Madagascar. Une séquence diplomatique destinée à formaliser ce partenariat renouvelé, alors que les enjeux énergétiques, l’accès à l’eau potable et la stabilisation institutionnelle figurent désormais au cœur de l’agenda bilatéral.
