Dans un contexte international marqué par la fragmentation des échanges, la montée des rivalités commerciales et la recomposition rapide des chaînes de valeur, la performance extérieure de la France en 2025 témoigne d’une résilience économique solide. Le pays confirme sa place parmi les cinq premiers exportateurs mondiaux de biens et de services, tout en amorçant un rééquilibrage progressif de ses échanges.
Un déficit commercial des biens en net recul
Pour la troisième année consécutive, le déficit commercial français se réduit. Cette amélioration repose à la fois sur la performance de filières industrielles stratégiques et sur la baisse marquée de la facture énergétique. Le secteur aéronautique et spatial enregistre un excédent historique de 33 milliards d’euros, porté par des exportations record. La facture énergétique recule de 10 milliards d’euros, notamment grâce aux exportations nettes d’électricité issues du parc nucléaire, qui atteignent un niveau inédit.
La France conserve par ailleurs des positions de premier plan à l’international. Elle demeure le premier exportateur mondial de boissons, avec un excédent de 14 milliards d’euros, ainsi que de parfums et cosmétiques, dont l’excédent atteint 17 milliards d’euros. Dans les secteurs agricole et agroalimentaire, les exportations progressent mais restent confrontées à des tensions commerciales persistantes, incitant les pouvoirs publics à renforcer l’accompagnement des filières.
Des points de vigilance subsistent toutefois. Le solde des produits pharmaceutiques se dégrade, malgré un dynamisme à l’export en hausse de 9 % et une place toujours stratégique dans la balance commerciale. La filière chimique, pilier des chaînes de valeur industrielles, appelle également à une mobilisation accrue, notamment sur les enjeux de compétitivité et de défense commerciale.
Les services, moteur structurel de la performance extérieure
La balance des services demeure un pilier central de la performance extérieure française. En 2025, elle affiche un excédent de 56 milliards d’euros. Le tourisme atteint son meilleur niveau depuis 2013, avec un excédent de 20 milliards d’euros, confirmant son rôle déterminant dans l’équilibre des échanges.
L’attractivité financière du territoire se renforce également. Le transfert du siège européen de Barclays à Paris illustre le positionnement croissant de la capitale comme place financière majeure en Europe. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte d’attractivité durable, avec près de 1 900 décisions d’investissements étrangers recensées en 2025, portées par plus de 1 000 entreprises étrangères, dont 315 primo-investisseurs.
Cap 2026 : consolider les atouts et renforcer la compétitivité
Forte de ces résultats, la France entend aborder 2026 avec une stratégie claire. L’objectif affiché est de consolider les acquis, de soutenir les filières stratégiques et de projeter les entreprises françaises vers de nouvelles opportunités de croissance à l’international. L’agenda repose sur un renforcement de la compétitivité, une montée en gamme de l’offre exportatrice et une ouverture commerciale exigeante, dans un environnement mondial de plus en plus concurrentiel.
La mobilisation de l’appareil diplomatique économique et des dispositifs d’accompagnement à l’export doit permettre aux entreprises françaises de poursuivre leur développement à l’international, tout en sécurisant durablement les équilibres commerciaux du pays.


