Carrefour : une année 2025 solide, portée par la France et l’Espagne

Table des matières

En 2025, Carrefour a signé un exercice contrasté mais globalement robuste. Dans un environnement marqué par la pression sur le pouvoir d’achat en Amérique latine et par des effets de change défavorables, le distributeur français est parvenu à améliorer nettement sa rentabilité en France et en Espagne, tout en poursuivant sa transformation stratégique.

Le groupe affiche une croissance du chiffre d’affaires de +2,8 % en comparable sur l’année.

Un chiffre d’affaires en progression, mais un résultat net sous pression

Le chiffre d’affaires 2025 atteint 91,5 milliards d’euros (hors IAS 29), en hausse de +2,8 % en comparable et de +4,8 % à changes constants. Au quatrième trimestre, la dynamique reste positive avec +1,6 % en comparable.

L’EBITDA ressort à 4 506 millions d’euros, quasi stable (-0,4 %) mais en progression de +3,4 % à changes constants. En revanche, le résultat opérationnel courant (ROC) recule à 2 158 millions d’euros contre 2 280 millions en 2024, soit -5,4 %.

Deux facteurs expliquent principalement cette baisse :

  • l’intégration des enseignes Cora & Match en France, qui a pesé à hauteur de -120 millions d’euros sur le ROC, dont -95 millions de coûts d’intégration non récurrents ;
  • un effet de change négatif de -102 millions d’euros, principalement lié au réal brésilien et au peso argentin.

Le résultat net part du groupe chute à 319 millions d’euros contre 723 millions un an plus tôt, notamment sous l’effet d’une hausse marquée de la charge d’impôt et du reclassement des activités abandonnées.

France : objectif historique atteint avec 3 % de marge

La principale satisfaction vient du marché français. Hors Cora & Match, le ROC progresse de +11,3 % pour atteindre 1 103 millions d’euros. La marge opérationnelle du périmètre historique atteint 3,0 %, en hausse de 31 points de base, un objectif de longue date pour le groupe.

La croissance en France est modeste en comparable (+0,4 % sur l’année), mais l’alimentaire repasse en volumes positifs. Le format proximité continue son expansion avec 456 ouvertures en 2025, un nouveau record.

L’intégration de Cora & Match est désormais finalisée : alignement des prix, montée en puissance des marques propres et harmonisation des systèmes. Les premières synergies sont engagées, avec un objectif confirmé de 130 millions d’euros d’ici 2027.

Espagne dynamique, Brésil sous tension

En Europe hors France, le ROC progresse de +3,7 %. L’Espagne se distingue avec une hausse de +13,5 % de son résultat opérationnel, portée par des investissements prix et une amélioration du positionnement concurrentiel.

En Amérique latine, la situation est plus contrastée. Le chiffre d’affaires progresse de +7,9 % en comparable sur l’année, mais le ROC recule à 779 millions d’euros (contre 879 millions en 2024), pénalisé par les changes.

Au Brésil, les taux d’intérêt proches de 15 % ont pesé sur le pouvoir d’achat et les volumes, notamment dans le Cash & Carry. Carrefour souligne néanmoins une discipline sur les coûts qui permet de stabiliser la rentabilité à changes constants.

Désendettement, dividende en hausse et virage stratégique

Le cash-flow libre net s’élève à 1 305 millions d’euros (1 565 millions hors Italie). La dette financière nette atteint 3 965 millions d’euros fin 2025, en légère hausse par rapport à 2024.

Sur le plan stratégique, 2025 a été marquée par :

  • la cession de l’Italie,
  • le rachat des minoritaires de Carrefour Brésil,
  • le lancement de la plateforme européenne d’achats Concordis,
  • l’annonce de la cession de Carrefour Roumanie début 2026.

Le conseil d’administration proposera un dividende ordinaire en hausse de +5,4 %, à 0,97 euro par action, ainsi qu’un dividende exceptionnel de 0,21 euro par action, conditionné à la finalisation de la cession de la Roumanie.

2026 : cap sur la création de valeur

Carrefour aborde 2026 avec confiance. La montée en puissance des synergies Cora & Match, la fin des coûts d’intégration et le refinancement de la dette brésilienne devraient soutenir la performance.

Au-delà des chiffres, l’année 2025 confirme le recentrage stratégique du groupe : consolidation en Europe, rationalisation du portefeuille d’actifs et discipline financière. Reste à savoir si la dynamique française et espagnole suffira à compenser durablement la volatilité latino-américaine dans un contexte macroéconomique encore incertain.

Et si vous receviez notre newsletter mensuelle ?

    Plus d'articles