L’hebdomadaire Public, figure bien connue de la presse people en France, traverse une nouvelle zone de turbulences. Placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand, sa société éditrice, Public Publishing, se retrouve confrontée à une situation financière très dégradée. Cette procédure pourrait désormais ouvrir la voie à une reprise, voire à une cession du titre, lors d’une prochaine audience attendue en avril.
Une situation financière devenue intenable
Les éléments financiers connus traduisent une fragilité avancée. Public Publishing afficherait un passif de 1,25 million d’euros pour un actif disponible inférieur à 69 000 euros. D’après les derniers comptes évoqués, l’entreprise avait réalisé 7,3 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024, tout en enregistrant près de 320 000 euros de pertes. Autrement dit, malgré un niveau d’activité encore significatif, l’équilibre économique du titre ne semblait plus assuré.
Cette dégradation intervient dans un contexte plus large de tension pour la presse magazine, confrontée à l’érosion des ventes papier, à la concurrence numérique et à la difficulté de maintenir une rentabilité sur des titres très dépendants de leur audience de masse.
Une relance éditoriale qui n’a pas suffi
Le titre appartient à Heroes Media depuis 2024, après son rachat à CMI France. Cette reprise s’était accompagnée d’un repositionnement éditorial et d’une nouvelle formule, avec l’ambition de relancer à la fois la version papier et la présence numérique du magazine.
Mais cette tentative de relance n’a manifestement pas permis d’inverser la tendance. Selon plusieurs informations concordantes, le magazine aurait perdu environ 15 % d’audience entre 2024 et 2025. Ce recul, combiné à la faiblesse de la trésorerie et à des tensions avec des pigistes impayés, a contribué à fragiliser davantage encore la publication.
Pour un titre comme Public, historiquement installé sur le segment des célébrités, de la télévision et du lifestyle, l’enjeu est double : conserver une identité de marque forte tout en réussissant sa transformation dans un marché où les usages, la temporalité de l’information et les revenus publicitaires ont profondément changé.
Une audience d’avril décisive pour l’avenir du titre
Le redressement judiciaire ne signifie pas automatiquement la disparition du magazine. Cette procédure a précisément pour objectif de permettre l’examen de solutions de continuation ou de reprise.
Dans le cas de Public, une prochaine audience est attendue en avril, avec la possibilité qu’un projet de cession ou de reprise soit étudié par le tribunal de commerce. L’avenir du titre dépendra donc de la capacité à trouver un repreneur prêt à miser sur la marque, son lectorat et sa notoriété dans l’univers de la presse people.
Cette situation illustre, au-delà d’un seul magazine, les difficultés persistantes d’une partie de la presse magazine française, confrontée à un modèle économique fragilisé par la transformation rapide des usages médiatiques.


