Le géant français TotalEnergies vient de franchir une nouvelle étape en Irak en lançant la construction des deux derniers grands volets du Gas Growth Integrated Project (GGIP). Ce programme stratégique, qui associe pétrole, gaz, solaire et eau, est désormais entièrement en phase d’exécution. Objectif : renforcer l’indépendance énergétique de l’Irak, améliorer sa fourniture en électricité et réduire ses émissions de gaz à effet de serre.
Une usine de traitement d’eau de mer cruciale pour le pays
L’un des chantiers emblématiques concerne l’usine de traitement d’eau de mer, qui sera implantée près d’Um Qasr. D’une capacité de 5 millions de barils d’eau par jour, elle acheminera cette ressource vers les grands champs pétroliers du sud de l’Irak.
Cette infrastructure permettra de remplacer l’eau douce aujourd’hui prélevée dans le Tigre, l’Euphrate et les nappes phréatiques pour maintenir la pression dans les réservoirs pétroliers. À terme, ce projet libérera jusqu’à 250 000 m³ d’eau douce quotidiennement pour l’agriculture et l’irrigation, contribuant ainsi à atténuer le stress hydrique croissant du pays.
Le redéveloppement du champ de Ratawi entre dans sa deuxième phase
Parallèlement, TotalEnergies a annoncé la poursuite du redéveloppement du champ pétrolier de Ratawi, considéré comme l’un des moins émetteurs d’Irak. Après une première phase visant 120 000 barils par jour dès 2026, la seconde phase portera la production à 210 000 barils quotidiens d’ici 2028.
Particularité notable : aucune opération de torchage de routine ne sera pratiquée. Les 160 millions de pieds cubes de gaz associés seront intégralement valorisés grâce à l’usine de traitement de gaz de 300 Mpc/j, en cours de construction. Une première unité de 50 Mpc/j démarrera dès 2026, permettant d’alimenter des centrales électriques capables de fournir de l’énergie à 1,5 million de foyers irakiens.
Une vitrine de la stratégie multi-énergies de TotalEnergies
Avec le solaire, le gaz, le pétrole et désormais l’eau, le GGIP illustre l’approche intégrée de TotalEnergies en matière de transition énergétique. Initié en 2023, le projet est mené avec Basra Oil Company (30 %) et QatarEnergy (25 %), le groupe français conservant 45 % et le rôle d’opérateur.
Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, souligne que « l’ensemble des volets du projet est désormais lancé en moins de deux ans après son entrée en vigueur ». Selon lui, ces investissements mobiliseront jusqu’à 7 000 travailleurs irakiens au plus fort du chantier et auront un impact significatif sur l’économie locale.
