Le Groupe Rhenus dirigera le nouveau consortium Rhône Modal Shift, chargé de gérer les ports de Vienne Sud et Portes-lès-Valence pour les 25 prochaines années. Objectif : doubler les volumes de fret fluvial et ferroviaire d’ici 2032 et renforcer la compétitivité du corridor Méditerranée–Rhône–Saône.
Une concession stratégique pour le corridor logistique Rhône–Méditerranée
Le 24 juillet 2025, l’État français et la Compagnie Nationale du Rhône (CNR) ont attribué la gestion des ports publics de Vienne Sud et Portes-lès-Valence au consortium Rhône Modal Shift. Cette nouvelle entité réunit le Groupe Rhenus (51 %), les Chambres de Commerce et d’Industrie de Nord Isère et de la Drôme (20 % chacune), ainsi que la Société Report Modal (9 %).
Avec cette concession de 25 ans, le consortium entend consolider le rôle du Rhône comme axe majeur de fret reliant la région lyonnaise au port de Marseille-Fos. Les deux plateformes concernées traitent déjà des volumes importants : 115 000 tonnes par voie fluviale et 137 000 tonnes par rail pour Vienne Sud en 2024, et 80 000 tonnes par voie fluviale et 171 000 tonnes par rail pour Portes-lès-Valence.
Un plan d’investissement de 80 millions d’euros, couvrant quatre ports du Rhône, viendra soutenir la modernisation des infrastructures et l’augmentation des capacités logistiques.
Un levier pour le report modal et la décarbonation
La stratégie vise à doubler les flux d’ici 2032 en renforçant l’offre de transport multimodal. Le recours accru au fluvial et au ferroviaire pourrait retirer jusqu’à 120 000 camions par an de la vallée du Rhône, réduisant congestion, pollution et émissions de CO₂.
Pour Fabienne Buccio, préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes, cette initiative s’inscrit dans la volonté de l’État d’offrir aux entreprises « une chaîne logistique performante et décarbonée ». De son côté, Laurence Borie-Bancel, présidente de la CNR, insiste sur « l’audace et le pragmatisme » d’un partenariat qui associe expertise internationale et ancrage territorial.
Les CCI joueront un rôle essentiel pour maintenir les liens avec les entreprises locales et accompagner la transition logistique, tandis que Rhenus apportera son savoir-faire mondial en supply chain.
Un moteur de compétitivité pour les industries régionales
Au-delà des enjeux environnementaux, le projet revêt une dimension économique majeure pour les territoires. En renforçant la connectivité logistique du Rhône vers la Méditerranée, les ports de Vienne Sud et Portes-lès-Valence deviennent des hubs stratégiques pour les entreprises industrielles de la vallée du Rhône et du sillon alpin.
L’accès facilité aux flux maritimes via Marseille-Fos et aux marchés européens par le rail et le fluvial réduit les coûts logistiques et améliore la compétitivité des entreprises locales, qu’il s’agisse de l’agroalimentaire, de la chimie, de la métallurgie ou encore des énergies renouvelables. Ce maillage favorise également l’attractivité du territoire pour de nouveaux investissements industriels, en offrant une logistique performante et durable.
Selon la CNR, l’optimisation du transport multimodal pourrait constituer un levier décisif de réindustrialisation et d’autonomie économique, en sécurisant l’approvisionnement des usines et en fluidifiant les exportations.
Rhenus, un acteur mondial au service des territoires
Avec un chiffre d’affaires annuel de 8,2 milliards d’euros et 41 000 collaborateurs répartis sur 1 330 sites dans plus de 70 pays, le Groupe Rhenus s’impose comme l’un des leaders mondiaux de la logistique. Son expérience dans le transport, l’entreposage et la gestion douanière constitue un atout décisif pour le développement de ces plateformes stratégiques du Rhône.
En s’associant aux acteurs économiques régionaux, Rhenus et le consortium Rhône Modal Shift entendent positionner le corridor Méditerranée–Rhône–Saône comme un modèle de compétitivité, de souveraineté logistique et de décarbonation en Europe.
