Safran : la défense soutient le trimestre, le titre décroche de 10 %

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Safran a publié vendredi 23 octobre un chiffre d’affaires ajusté de 9 003 M€ au troisième trimestre 2026, en hausse de 14,7 %, tiré en partie par ses activités de défense. Les marchés ont retenu autre chose. Explications.

Le groupe d’aérospatial et de défense, dirigé par Olivier Andriès, directeur général, a publié vendredi 23 octobre son chiffre d’affaires du troisième trimestre et des neuf premiers mois de 2026. Sur le trimestre, les ventes ajustées atteignent 9 003 M€, soit +14,7 % en données publiées et +13,4 % en organique. Sur neuf mois, elles s’élèvent à 26 574 M€ (+17,5 %, +17,9 % en organique), selon le communiqué du groupe.

« Safran enregistre à nouveau une forte croissance de son chiffre d’affaires au 3ème trimestre, à hauteur de 15 % », déclare Olivier Andriès dans ce communiqué. Le dirigeant se dit également confiant dans la capacité du groupe à tenir ses engagements pour 2026.

Équipements & Défense : 3 623 M€ au troisième trimestre

C’est dans la division Équipements & Défense que la défense pèse le plus. Elle réalise 3 623 M€ au troisième trimestre, avec une croissance organique de 15,7 %. Le communiqué précise que la première monte progresse de 16,2 %, portée par les missiles AASM Hammer, l’optronique, la navigation inertielle et les autodirecteurs de missiles, avec une demande export soutenue.

« Dans le secteur de la défense, nos activités bénéficient d’un marché porteur », estime Olivier Andriès. Le groupe n’isole toutefois pas de chiffre d’affaires défense distinct dans son communiqué. Cette brique alimente la souveraineté industrielle française en équipements critiques, de la navigation à la guidance des missiles, un segment que Safran a déjà mis en avant avec la centrale inertielle SkyNaute, issue de la défense et destinée à l’Airbus A220.

Aucun moteur M88 livré au troisième trimestre, contre sept un an plus tôt

Autre donnée du communiqué, moins flatteuse : le chiffre d’affaires des moteurs militaires recule au troisième trimestre. Aucun M88, le moteur du Rafale, n’a été livré sur la période, contre sept un an auparavant. Safran relie ce recul au rythme des livraisons de Rafale aux clients export.

Sur neuf mois, le tableau est inverse : 33 M88 ont été livrés, contre 17 en 2025. Le trou du troisième trimestre relève donc d’un calendrier de livraisons, pas d’un effondrement de l’activité.

Pièces de rechange à +17 %, contre 26,7 % au deuxième trimestre

Le marché a regardé ailleurs. Selon Zonebourse, la croissance des pièces de rechange ralentit à 17 %, contre 26,7 % au deuxième trimestre, et celle des services à 19 %, contre 37,7 %. Safran a confirmé ses objectifs 2026 sans les relever. Le titre a clôturé la séance du vendredi 23 octobre à 271,80 €, en baisse de 10 %, d’après le même article.

Saïma Hussain, d’AlphaValue, attribue le recul à l’absence de relèvement des prévisions et au ralentissement de la dynamique de l’après-vente, relève Zonebourse. Chez Berenberg, la lecture est plus clémente : le courtier y voit surtout l’effet d’une base de comparaison exigeante.

Jefferies abaisse son objectif à 300 €, Bernstein à 370 €

Lundi 26 octobre, plusieurs courtiers ont ajusté leurs positions, rapporte Zonebourse. Jefferies, qui conserve sa recommandation « conserver », ramène son objectif de cours de 340 à 300 €. Bernstein, toujours à « surperformance », le baisse de 420 à 370 €. Panmure Liberum maintient 286 €.

Jefferies estime que « les risques pesant sur l’ampleur des opérations de maintenance en 2027 restent sous-estimés ». Le courtier anticipe une croissance des pièces détachées de 3 % en 2027, contre environ 15 % pour le consensus, et réduit de 23 % sa prévision de flux de trésorerie disponible pour 2027. Du côté de Bernstein, Adrien Rabier affirme que « 2028 et les années suivantes ne sont pas sécurisées ».

Une contribution exceptionnelle de 500 M€ sur le cash-flow 2026

Pour l’exercice en cours, Safran maintient une croissance du chiffre d’affaires d’environ 15 %, un résultat opérationnel courant de 6,4 à 6,5 Md€ et un cash-flow libre de 4,7 à 4,9 Md€. Ce dernier intègre un impact estimé à environ 500 M€ au titre de la contribution exceptionnelle française. Le montant final dépend du calendrier de paiement de certains acomptes et du rythme de paiement des États clients.

Le groupe signale deux points de vigilance : les capacités de production de la chaîne d’approvisionnement et l’impact potentiel du conflit au Moyen-Orient.

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