EDF annonce, vendredi 9 octobre, la signature de prêts bancaires pour un montant total de 4 milliards d’euros. Un milliard sera consacré au refinancement du prolongement des réacteurs existants. Explications.
Le groupe public, que dirige Bernard Fontana, a publié vendredi 9 octobre un communiqué annonçant la signature de prêts bancaires de 4 milliards d’euros au total. Les établissements prêteurs sont BNP Paribas, Crédit Agricole CIB, Natixis CIB et Société Générale. La maturité de ces financements est de 12 à 18 mois au maximum, précise le communiqué.
Un prêt d’un milliard d’euros fléché vers la prolongation des réacteurs d’EDF
Sur l’enveloppe de 4 milliards d’euros, un prêt d’un milliard doit servir à refinancer des investissements liés à la prolongation de la durée de vie des réacteurs nucléaires existants en France. Ces investissements sont définis dans le Green Financing Framework d’EDF, cadre de financement durable consultable dans la section Finance durable de son site, et sont alignés sur la taxonomie européenne, indique le communiqué.
Le communiqué ne détaille pas l’usage des 3 milliards d’euros restants. Il présente l’opération comme un moyen pour EDF de conserver sa flexibilité financière tout en maîtrisant le coût de son endettement.
Ce n’est pas une première. Le 13 mai 2024, EDF avait annoncé ses premiers « prêts verts », d’environ 5,8 milliards d’euros, remboursables sur trois à cinq ans, selon Connaissance des énergies et l’AFP. Sept banques y participaient : BNP Paribas, Bank of America, Crédit Agricole CIB, ING, Natixis CIB, Société Générale et Wells Fargo, d’après le communiqué d’EDF de l’époque.
Quatre banques françaises, là où Bank of America, ING et Wells Fargo figuraient en 2024
La comparaison des deux tours de table est nette. En 2024, trois des sept prêteurs étaient étrangers. Cette fois, le pool est exclusivement composé d’établissements français. Le communiqué ne dit rien des raisons de ce choix, et ne précise pas si une partie des financements est libellée en devises, ce qui était le cas en 2024 avec des tranches en dollars américains et en yens.
La notation d’EDF a, elle, évolué. Le communiqué d’octobre 2026 mentionne BBB+ avec perspective stable chez S&P, Baa1 stable chez Moody’s et BBB+ stable chez Fitch. En mai 2024, S&P notait EDF BBB, Moody’s Baa1 et Fitch BBB+, toutes avec perspective stable, d’après le communiqué de l’époque.
51,5 milliards d’euros de dette nette et un devis de 72,8 milliards d’euros pour les six EPR2
Ces prêts interviennent alors que la trajectoire financière d’EDF reste sous contrainte. Lors de la publication de ses résultats semestriels, le 31 juillet, le groupe a fait état d’une dette nette de 51,5 milliards d’euros fin juin, stable par rapport à fin 2025, selon une dépêche de l’AFP reprise par Connaissance des énergies. En mai 2024, la dette atteignait 54,4 milliards d’euros, d’après la même source.
Sur le semestre, l’excédent brut d’exploitation (EBITDA) s’établit à 14,1 milliards d’euros et le résultat net à 5,2 milliards, en recul de 4,4 %. Pour l’ensemble de l’année, EDF anticipe une baisse de son EBITDA de l’ordre de 10 %, en raison des prix bas de l’électricité et des canicules. Le groupe table sur une production nucléaire française de 350 à 370 TWh en 2026 et en 2027, contre 373 TWh en 2025.
Par ailleurs, le devis prévisionnel des six futurs EPR2 s’élève à 72,8 milliards d’euros (valeur 2020), selon la même dépêche. Quant au programme de prolongation du parc existant, le « grand carénage » lancé en 2015, son coût était estimé à 66 milliards d’euros par EDF en mars 2023 pour les phases 2015-2021 et 2022-2028, rappelait Connaissance des énergies en 2024.
Cession des renouvelables en Amérique du Nord : le second semestre 2026 en ligne de mire
Pour réduire son endettement, EDF mise aussi sur des cessions. Bernard Fontana a indiqué fin juillet que celle des activités renouvelables du groupe en Amérique du Nord pourrait intervenir au second semestre 2026, selon la même dépêche.
Dans son communiqué, EDF précise qu’elle continue de suivre les conditions de marché pour identifier d’éventuelles émissions supplémentaires de dette senior ou hybride, ou d’autres valeurs mobilières.
