Numeum et KPMG France ont publié, jeudi 8 octobre, la neuvième édition de leur étude Grand Angle sur les ESN et ICT, accompagnée du classement 2026 du secteur. L’intelligence artificielle y apparaît comme un moteur qui oblige les sociétés de services numériques à revoir leur modèle économique. Explications.
Jeudi 8 octobre, KPMG France a diffusé un communiqué présentant les résultats de son enquête annuelle menée avec Numeum auprès d’environ 200 entreprises de services du numérique (ESN) et de conseil en technologies (ICT) implantées en France. Le questionnaire a été administré de mai à juillet 2026, précise le communiqué. Numeum avait de son côté mis en ligne l’étude et le classement dès le mardi 6 octobre.
Capgemini, SCC France et Sopra Steria en tête des 175 ESN classées
Le classement 2026 porte sur 175 ESN et ICT, ordonnées selon leur chiffre d’affaires réalisé en France en 2025. Capgemini arrive en première position, devant SCC France, puis Sopra Steria, indique la page de Numeum consacrée à l’étude.
Les données sont déclaratives, collectées au deuxième trimestre 2026, et n’ont fait l’objet d’aucun audit indépendant, avertit l’organisation. Le détail du top 10, avec les montants, n’est pas publié en clair sur cette page : il faut remplir un formulaire pour télécharger l’étude et le classement complet.
46 % des grandes entreprises et ETI ont des offres IA en production
Le cœur de l’étude concerne la place que prend l’IA dans l’activité des prestataires eux-mêmes. Les offres liées à l’IA représentent aujourd’hui 7 % de leur chiffre d’affaires, contre un objectif de 18 % à trois ans, soit une part multipliée par 2,5.
Parmi les grandes entreprises et les ETI interrogées, 46 % déclarent avoir des solutions d’IA en production et 19 % les avoir industrialisées à grande échelle, selon la synthèse publiée par KPMG. Près de 6 dirigeants sur 10 (59 %) anticipent un impact fort, voire disruptif, de l’IA générative et agentique sur leur modèle économique. Chez les grandes entreprises et ETI, cette proportion atteint 68 %.
En interne, 86 % des répondants utilisent l’IA comme outil d’assistance à la production. Pour 37 % d’entre eux, les gains de productivité dépassent 20 % sur le delivery, et 67 % disposent d’une politique IA formelle. Côté ressources humaines, 62 % constatent déjà un effet sur leurs recrutements, principalement une sélectivité accrue, précise le communiqué.
80 % redoutent les acteurs AI-native, 53 % l’internalisation par les clients
La question des menaces est tranchée. Interrogés sur leurs principaux défis, 80 % des dirigeants citent l’arrivée d’entreprises AI-native à bas coûts. L’internalisation par les clients arrive ensuite, avec 53 %, devant le développement d’agents par les clients eux-mêmes, avec 48 %.
Les clients, eux, réclament d’abord des gains de productivité : 78 % des répondants constatent cette demande, 62 % un besoin accru de conseil en amont et 33 % une pression accrue sur les prix, détaille la synthèse de KPMG.
Du forfait et de la régie à la valeur : un tiers des acteurs y croit
Le mode de facturation figure parmi les sujets sensibles. Le forfait et la régie restent majoritaires, mais un tiers des acteurs considèrent la facturation fondée sur la valeur comme l’évolution la plus probable à court terme, selon le communiqué de KPMG.
Les priorités de développement suivent la même pente : 40 % des dirigeants placent le conseil stratégique en tête, contre 28 % pour l’intégration et la conception. Quant aux recrutements, 43 % recherchent des experts IA, data, LLM ou agentique, et 31 % des profils très seniors, comme des architectes ou des leaders techniques.
Charles Mauclair (SII) et Xavier Niffle (KPMG) : passer à l’échelle
Charles Mauclair, président du collège ESN-ICT de Numeum et directeur général du Groupe SII, replace le constat dans le temps long : « Pendant trente ans, notre industrie s’est construite autour de la capacité à mobiliser des compétences. »
Pour sa part, Xavier Niffle, associé KPMG en France, souligne que « l’enjeu est désormais de passer à l’échelle et de convertir le potentiel technologique en valeur durable ».
Le classement, lui, repose sur une participation volontaire et sur des chiffres que personne n’a audités.
