Airbus Defence and Space a finalisé, jeudi 1er octobre, l’acquisition de Quarkslab, société française de cybersécurité d’une centaine de salariés. L’opération avait été signée le 21 avril. Explications.
Airbus Defence and Space a bouclé, jeudi 1er octobre, le rachat de Quarkslab, entreprise française de cybersécurité fondée en 2011, après l’obtention des autorisations réglementaires, selon un communiqué du groupe daté de Paris. Le prix de l’opération n’est pas communiqué.
Quarkslab emploie environ 100 personnes, principalement à Paris et à Rennes. L’équipe et l’expertise de la société doivent être intégrées aux activités de cybersécurité d’Airbus Defence and Space, la division défense et espace du groupe.
QShield, le produit de Quarkslab contre la rétro-ingénierie des composants embarqués
Le communiqué met en avant le produit phare de Quarkslab, QShield. Cette solution s’adresse aux éditeurs de logiciels : elle protège les applications contre les menaces liées à l’intelligence artificielle, sécurise les données et le code, et empêche la rétro-ingénierie des composants embarqués, notamment dans la défense et l’aérospatial.
La société dispose par ailleurs d’une équipe de recherche interne, baptisée QLab. Selon le communiqué, celle-ci fait le lien entre la recherche académique et la pratique. Quarkslab est déjà fournisseur et partenaire d’Airbus, précise le texte, qui évoque une clientèle composée de gouvernements, d’entreprises privées et d’infrastructures critiques, sans citer aucun client nommément.
François Lombard (Airbus Defence and Space) : « le bouclier numérique »
Dans le communiqué, François Lombard, responsable de l’unité Connected Intelligence chez Airbus Defence and Space, présente l’opération sous l’angle de la souveraineté. Il évoque une acquisition « renforçant un acteur cyber résilient et souverain en France et dans toute l’Europe » (traduit de l’anglais). Il affirme aussi que « cette acquisition renforce notre capacité à bâtir le bouclier numérique » (traduit de l’anglais).
Le titre du communiqué lui-même associe l’opération à la souveraineté française en matière de cybersécurité. Airbus ne détaille pas, en revanche, les clients ou les programmes qui bénéficieront directement de ce rapprochement.
Après Infodas et Ultra Cyber, Quarkslab : la stratégie cyber d’Airbus Defence and Space
L’opération s’inscrit dans une série d’acquisitions. Le communiqué rappelle le rachat d’Infodas, en Allemagne, en 2024, puis celui d’Ultra Cyber Ltd, au Royaume-Uni, dont le projet a été annoncé en mars 2026. Airbus Defence and Space dispose ainsi d’équipes de cybersécurité en France, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Espagne et en Finlande.
Lors de la signature de l’accord, le 21 avril, le groupe avait lui-même souligné qu’il s’agissait de la deuxième acquisition cyber signée par Airbus Defence and Space en moins d’un mois. Il avait alors cité Fred Raynal, fondateur et directeur général de Quarkslab, qui estimait que « l’Europe a besoin d’acteurs plus forts » (traduit de l’anglais).
Dans ce premier communiqué, François Lombard indiquait que l’expertise et l’équipe de Quarkslab devaient rejoindre les activités cyber d’Airbus Defence and Space, qualifiées d’activités en forte croissance.
Tikehau Capital, actionnaire depuis 2020 : un calendrier tenu, un prix resté confidentiel
Quarkslab était une société à capitaux privés. Le fonds Tikehau Capital en était actionnaire depuis 2020, selon le communiqué d’avril comme celui d’octobre.
Au moment de l’annonce, la finalisation restait soumise à la consultation des partenaires sociaux et à des approbations réglementaires jugées usuelles par Airbus, qui visait une clôture au cours de 2026. L’opération est donc bouclée un peu plus de cinq mois après la signature, sans que le groupe précise quelles autorités ont donné leur feu vert.
Aucun chiffre d’affaires de Quarkslab ni aucun montant de transaction n’a été rendu public, ni en avril, ni en octobre.
