Sécurité des sites sensibles : une PME française lance un capteur IoT souverain soutenu par Bpifrance

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Une petite entreprise cotée sur Euronext Growth Paris vient d’annoncer un produit qui illustre, à échelle réduite, un enjeu bien plus large : la capacité de la France à protéger ses infrastructures critiques avec des technologies conçues et maîtrisées sur son propre sol. Logic Instrument et sa filiale Distrame ont dévoilé le 8 septembre NIDIS, un hub de capteurs connectés destiné à la surveillance des sites sensibles, du site industriel à l’infrastructure de défense.

Un hub universel pour remplacer l’empilement de capteurs

NIDIS se présente comme un boîtier modulaire et étanche qui centralise, en un seul point, l’alimentation énergétique, la communication longue portée en technologie LoRa et la protection physique d’un ensemble de capteurs. Son interface standardisée est conçue pour dialoguer avec la majorité des protocoles industriels existants, ce qui permet d’y brancher des modules de détection interchangeables, développés en quelques semaines plutôt qu’en plusieurs mois selon l’entreprise.

Concrètement, l’appareil est pensé pour détecter en continu des intrusions, des anomalies environnementales ou des menaces pesant sur une infrastructure, puis transmettre l’alerte à distance. Les usages visés couvrent un spectre large : sécurité des infrastructures de défense, surveillance de sites industriels, protection du patrimoine et des espaces naturels, gestion des ressources en eau, agriculture connectée. Autant de terrains où la multiplication de capteurs isolés, coûteux à déployer et à entretenir, freine aujourd’hui la numérisation de la surveillance.

Une filiale récente, une croissance rapide

Distrame a rejoint le groupe Logic Instrument début 2026, à l’issue d’une opération de financement dont le solde a été bouclé en février. Logic Instrument (code ALLOG), basée à Igny en Essonne, est un acteur reconnu de la conception de systèmes informatiques robustes (tablettes, ordinateurs portables) destinés à la défense et aux environnements exigeants. L’entreprise affichait fin 2025 une croissance de chiffre d’affaires de 42 %, un carnet de commandes inédit supérieur à 30 millions d’euros, et visait pour 2026 une progression de près de 92 %, avec un objectif de dépasser 75 millions d’euros de revenus. L’intégration de Distrame et le lancement de NIDIS s’inscrivent dans cette dynamique de diversification vers les briques logicielles et connectées de la sécurité des sites, au-delà du seul matériel durci.

L’argument de la souveraineté des données

Le communiqué insiste sur un point précis : NIDIS est « développé en France » et garantit à ses utilisateurs une maîtrise complète de leurs données. Les clients restent libres de choisir leurs propres outils de supervision et de traitement, sans dépendance à une plateforme cloud imposée par le fournisseur du capteur. Cet argument, désormais quasi systématique dans les communications des acteurs français de l’IoT et de la cybersécurité, répond à une préoccupation grandissante des opérateurs d’infrastructures critiques (eau, énergie, sites industriels sensibles) face au risque que des données de surveillance transitent par des solutions étrangères soumises à des législations extraterritoriales.

Le projet a par ailleurs bénéficié d’un prêt Innovation Bpifrance de 400 000 euros, signe que la banque publique d’investissement continue d’irriguer ce segment de niche, situé au croisement de la cybersécurité physique, de l’IoT industriel et de la protection des infrastructures dites vitales, un secteur où la France cherche depuis plusieurs années à réduire sa dépendance à des fournisseurs non européens.

Un maillon d’un écosystème plus large

Le lancement de NIDIS s’ajoute à une série d’initiatives françaises visant à équiper les opérateurs d’infrastructures sensibles d’outils de détection et de supervision nationaux, alors que les autorités multiplient les alertes sur les risques d’espionnage, de sabotage ou d’intrusion visant des sites stratégiques. Si le montant du financement Bpifrance reste modeste au regard des enjeux, il illustre la méthode privilégiée par la puissance publique pour ce type de technologies : soutenir des PME cotées, déjà positionnées sur les marchés de défense, plutôt que de dépendre exclusivement de grands groupes ou de solutions importées.

Pour Logic Instrument, l’enjeu commercial est également clair. L’entreprise mise sur NIDIS pour élargir son offre vers les collectivités, les opérateurs d’infrastructures et les gestionnaires de sites naturels ou patrimoniaux, des marchés potentiellement plus vastes que sa base historique dans l’informatique durcie militaire. Aucune date de commercialisation précise n’a été communiquée à ce stade, ni de tarification. L’entreprise devra désormais convertir cette annonce technique en contrats concrets pour confirmer la trajectoire de croissance annoncée pour 2026.

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