KNDS à MSPO 2026 : transfert de technologie et souveraineté industrielle

Crédits photo : Hensoldt - KNDS

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À l’occasion du salon MSPO 2026, qui se tient du 8 au 11 septembre à Kielce, le groupe franco-allemand KNDS a détaillé ses annonces pour la Pologne, entre transfert de technologie sur les obus d’artillerie et nouvelle gamme de systèmes anti-drones.

Plus grand salon de défense jamais organisé en Pologne, le MSPO 2026 a servi de tribune à KNDS pour présenter ce que le groupe qualifie de «solutions de défense au service de l’indépendance stratégique régionale». Né en 2015 de la fusion du français Nexter et de l’allemand Krauss-Maffei Wegmann, KNDS y affirme sa stratégie de souveraineté industrielle dans un pays devenu la vitrine du réarmement européen face à la Russie.

Un accord industriel qui structure la souveraineté industrielle polonaise

Au cœur des annonces de Kielce figure l’accord signé lors du salon Eurosatory 2026 avec le partenaire industriel polonais Niewiadow, portant sur le transfert de technologie de production de l’obus d’artillerie LU211. Ce projet vise à installer en Pologne des capacités locales de fabrication de munitions, un jalon de souveraineté industrielle pour sécuriser la chaîne d’approvisionnement des forces armées polonaises. En transférant savoir-faire et outils de production plutôt qu’en livrant du matériel fini, KNDS ancre durablement son offre dans le tissu industriel local, condition posée par Varsovie pour toute autonomie opérationnelle de long terme. Cette démarche s’inscrit dans la continuité de l’engagement pris par le groupe lors du salon Eurosatory 2026, où KNDS s’était positionné comme intégrateur de référence de la défense terrestre européenne.

Artillerie de précision et souveraineté industrielle des munitions

KNDS a présenté à Kielce l’ensemble de sa gamme d’artillerie, de l’obusier léger 105 LG1 aux munitions de 155 mm. Le 105 LG1, plus léger que ses concurrents et déployable par un équipage de trois personnes, peut être héliporté et associé à la munition longue portée ERG3, portant sa portée à 17 km. Deux munitions de 155 mm illustrent par ailleurs l’ambition de souveraineté industrielle du groupe sur ce segment : l’obus antichar BONUS, capable d’un mode « fire and forget » grâce à ses charges à acquisition de cible autonome, et le LU211, dont l’effet terminal est présenté comme deux fois supérieur à celui du M107 américain, avec une portée pouvant atteindre 40 km depuis un canon de 52 calibres. Cette gamme complète répond à un objectif assumé : réduire la dépendance des armées européennes aux fournisseurs extra-européens.

TARGAS, un bouclier anti-drone au service de la souveraineté industrielle face aux menaces aériennes

Le système TARGAS constitue le premier écosystème complet et multicouche de lutte anti-drones et de défense aérienne à très courte portée présenté par KNDS. Autonome de la détection à la neutralisation, il combine capteurs et effecteurs « soft-kill » et « hard-kill », dont l’ARX-30, une tourelle de 30 mm à tir rapide dédiée à la neutralisation des drones. Conçu pour répondre aussi bien aux menaces aériennes qu’aux robots terrestres et véhicules blindés légers, TARGAS illustre la volonté de KNDS de développer une souveraineté industrielle propre sur un segment jusqu’ici largement dominé par des solutions extra-européennes, alors que la menace des drones s’est imposée comme un enjeu majeur des conflits récents.

Munitions téléopérées Mataris : la souveraineté industrielle à l’épreuve du champ de bataille

Avec ses partenaires DELAIR, EOS et TRAAK, KNDS revendique le statut de premier acteur paneuropéen à proposer une gamme complète de munitions téléopérées, la famille Mataris, désormais élargie avec la MTO-T, une munition téléopérée terrestre. Pensée pour une production de masse à coût maîtrisé, la MTO-T comble l’espace laissé vacant par les robots terrestres bon marché, dans les environnements urbains denses, souterrains ou soumis au brouillage électronique. Sa capacité à maintenir silencieusement sa position sans émission électromagnétique, en n’engageant la cible qu’après confirmation de l’opérateur, en fait un outil de souveraineté industrielle pensé pour les conflits de haute intensité plutôt qu’un simple succédané de drone aérien.

CELERIS 8×8 : la souveraineté industrielle blindée accélérée par KNDS Mobility

KNDS Mobility, la filiale spécialisée en mobilité terrestre récemment intégrée au groupe, a dévoilé à Kielce la plateforme CELERIS 8×8, conçue pour accélérer le développement des véhicules de combat à roues de nouvelle génération. Cette architecture, interopérable avec les standards de l’OTAN, permettrait de ramener à moins de douze mois le délai entre le lancement d’un programme et le démarrage d’une production locale, un argument de poids pour les États souhaitant bâtir une souveraineté industrielle nationale sans sacrifier la rapidité de déploiement. Cette plateforme capitalise sur l’intégration de l’ex-Texelis Defense, rebaptisée KNDS Mobility, dont l’expertise en chaînes cinématiques et solutions à roues et chenillées vient renforcer l’offre du groupe.

Gouvernance franco-allemande et Bourse : les zones d’ombre de la souveraineté industrielle de KNDS

Ces annonces industrielles s’inscrivent dans une refonte plus large de la gouvernance du groupe. Le 22 juin, la France et l’Allemagne ont acté une participation à parité dans KNDS, sous réserve de l’approbation du budget par le Bundestag, avec l’ambition commune de faire du groupe un acteur de rang mondial. Cet accord doit ouvrir la voie à une introduction en Bourse, envisagée comme un levier de financement de la montée en cadence industrielle. Cette dynamique se heurte toutefois à une procédure préliminaire ouverte par le parquet de Munich, révélée fin août par Reuters, sur un contrat d’armement de 1,89 milliard d’euros conclu en 2013 avec le Qatar, pour soupçons de corruption ; selon KNDS, le seuil nécessaire à une mise en examen n’est pas atteint. Le calendrier reste néanmoins sensible, à quelques semaines de la reprise annoncée des discussions avec les investisseurs institutionnels, dans un contexte où la crédibilité de la gouvernance pèse directement sur la capacité du groupe à financer sa propre souveraineté industrielle.

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