Russie : Jean-Noël Barrot veut un « 22e paquet ambitieux » de sanctions dès le Conseil de Luxembourg

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Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères se rendra lundi 12 octobre au Conseil Affaires étrangères de l’UE avec une priorité : l’adoption rapide d’un nouveau train de sanctions contre Moscou. Explications.

Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, se rendra lundi 12 octobre à Luxembourg pour le Conseil Affaires étrangères de l’Union européenne, où il plaidera pour l’adoption de nouvelles sanctions contre la Russie, a annoncé le porte-parole du Quai d’Orsay lors de son point de presse du jeudi 8 octobre.

Le ministre souhaite l’adoption de sanctions « dès que possible », et notamment « d’un 22e paquet ambitieux », selon la retranscription publiée par France Diplomatie. Ukraine et Moyen-Orient figurent à l’ordre du jour de la réunion, qui précède un Conseil européen. Le Conseil doit aussi aborder la crise énergétique liée au Moyen-Orient.

Un 22e paquet attendu après le compromis grec sur le GNL russe

Le calendrier s’inscrit dans une séquence que Bruxelles prépare depuis l’été. Dans un entretien au quotidien allemand Die Welt, rapporté le 17 août par Euronews, la haute représentante de l’UE, Kaja Kallas, avait annoncé des « listes de sanctions les plus ambitieuses depuis le début de la guerre » (traduction française d’Euronews). Ces listes augmenteraient d’un tiers le nombre de personnes et d’entreprises russes visées, selon le média.

Le bilan à date est connu. L’UE a adopté 21 paquets depuis 2022, précise Euronews : plus de 3 000 personnes et entités sont sanctionnées et plus de 28 milliards d’euros d’actifs privés sont gelés dans l’Union. Chaque inscription suppose l’accord unanime des 27 États membres.

C’est précisément là que le dossier s’est grippé par le passé. Selon Euronews, le 21e paquet a failli être bloqué par la Grèce, qui a exigé une exemption à l’interdiction européenne du transport de gaz naturel liquéfié (GNL) russe comme condition préalable à son approbation. Un précédent que Paris n’a pas rappelé jeudi, mais qui pèsera sur la discussion de lundi.

Aspides et Yanbu : les moyens militaires renvoyés au ministère des Armées

Le point de presse a aussi permis de baliser l’engagement français au Moyen-Orient. Sur le détroit d’Ormuz, le porte-parole a évoqué un projet de résolution à l’ONU dont l’objectif est de « rétablir la fluidité du trafic le long du détroit d’Ormuz ». Quant à la position américaine, il s’est borné à indiquer que les discussions suivent leur cours.

Pour sa part, la mission européenne de protection maritime Aspides est soutenue par la France depuis février 2024, a rappelé le porte-parole. Les moyens engagés relèvent du ministère des Armées, et la discussion à Bruxelles reste à venir, a-t-il précisé.

Autre dossier : l’Arabie saoudite. La France se dit prête à participer, « de manière strictement défensive », à la protection des infrastructures énergétiques du royaume, notamment le site de Yanbu et le canal Est-Ouest. Là encore, les moyens concrets doivent être précisés par le ministère des Armées.

Du Pharo à Luxembourg : le calendrier diplomatique de Jean-Noël Barrot

Le déplacement de lundi n’est qu’une étape. Le porte-parole a annoncé l’ouverture des accréditations pour « la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 au palais du Pharo à Marseille les 9-10 novembre », avec des places limitées.

Jean-Noël Barrot venait par ailleurs de rentrer d’Israël, où il a participé aux commémorations du 7 octobre 2023, notamment sur les lieux du festival Nova et dans les kibboutz Beeri et Nir Oz, auprès des familles de victimes françaises. « Nous ne les oublions pas », a déclaré le porte-parole.

Reste à savoir si les 27 s’entendront lundi. Le texte du 22e paquet n’a pas été détaillé par le Quai d’Orsay, et aucun document du Conseil de l’UE consulté ce vendredi 9 octobre n’en précise le contenu.

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