Renault Group et EDF annoncent jeudi 8 octobre un partenariat pour proposer aux particuliers un bouquet voiture électrique, borne et pilotage de la recharge, avec restitution d’électricité au réseau. Explications.
Le constructeur Renault Group et le groupe EDF ont annoncé, jeudi 8 octobre, depuis Boulogne-Billancourt et Paris, un partenariat destiné à rendre la voiture électrique « plus accessible et plus économique », selon le titre de leur communiqué commun. Les offres doivent être déployées d’ici l’été 2027.
L’accord associe les deux filiales d’EDF dédiées à la recharge, IZI by EDF et Dreev (rattachée à EDF business services), au réseau de distribution des marques du constructeur. Il vise à vendre ensemble un véhicule électrique, une borne à domicile et un service de gestion de la charge.
Renault, Alpine et Dacia : la recharge bidirectionnelle au cœur de l’offre
Le communiqué met en avant la recharge bidirectionnelle, ou V2G (« vehicle to grid »). Branchés chez leur propriétaire, les modèles des marques Renault, Alpine et Dacia pourront restituer une partie de l’électricité stockée dans leur batterie au réseau, ce qui apporte de la flexibilité au système électrique et réduit le coût de la recharge.
Le gain avancé est chiffré en kilomètres : l’équivalent de 10 000 km par an au maximum, précise le communiqué, selon le type de véhicule, sa consommation et le temps de branchement à domicile. Aucun montant en euros n’est communiqué.
Pour les maisons individuelles, la coopération s’articule autour de trois axes : la vente et l’installation de bornes, des services pour rendre la charge plus simple et plus efficace, et de nouveaux usages de l’énergie de la voiture, pour alimenter certains besoins du logement ou la renvoyer sur le réseau quand il en a besoin.
IZI by EDF installe, Dreev pilote : qui fait quoi
Le partage des rôles est précis. IZI by EDF installera et exploitera les bornes, avec un service de gestion de la charge, pour les clients particuliers du réseau de distribution de Renault Group. Les clients bénéficieraient, selon le communiqué, d’une recharge simplifiée et d’une facture d’électricité réduite.
Dreev apporte son expérience : EDF indique que la filiale pilote déjà la recharge intelligente de plus de 100 000 clients en France et en Europe. Christelle Vives, présidente d’EDF business services, évoque une solution « déployée auprès de plus de 100 000 clients en France et en Europe par notre filiale Dreev », et voit dans l’alliance de deux acteurs français l’engagement de ces derniers en faveur d’une mobilité compétitive, souveraine et bas carbone.
Pour sa part, Jérôme Faton, vice-président Customer Experience & Energy de Renault Group, souligne : « Au-delà de l’innovation technologique, ce partenariat apporte une réponse concrète à deux enjeux majeurs pour les Français ». Le communiqué cite le pouvoir d’achat et la transition énergétique.
Dreev, de la coentreprise avec Nuvve à la filiale d’EDF business services
Le V2G n’est pas une nouveauté dans le paysage d’EDF. En mai 2019, Automobile Propre présentait Dreev comme une coentreprise lancée par EDF avec Nuvve, société californienne décrite comme pionnière du V2G. Son directeur général, Eric Mévellec, affirmait alors que Nuvve avait « inventé ce concept il y a plus de dix ans ». Dreev visait en priorité les flottes d’entreprises et les collectivités, et promettait aux clients une valeur partagée « jusqu’à 20 euros par véhicule et par mois ».
L’arrivée chez les particuliers était alors annoncée pour « les deux trois années qui viennent ». Sept ans plus tard, elle est programmée pour l’été 2027.
« Des bornes comme ça, il n’y en a que 200 en France »
Le retard s’explique en partie par la rareté des équipements. En janvier 2023, une dépêche de l’AFP publiée par Connaissance des énergies relevait que la technologie restait en développement. Tanguy Poupart, fondateur de Dreev, y déclarait : « Des bornes comme ça, il n’y en a que 200 en France. » Olivier Dubois, d’EDF, présentait alors le V2G comme « une des solutions pour le système électrique de demain ».
La même dépêche rapportait que Renault testait le V2G avec Hyundai sur des flottes à Utrecht, aux Pays-Bas, et qu’un chargeur compatible était attendu sur le marché vers 2024. Luis Lopez, de l’Agence internationale de l’énergie, estimait : « C’est prometteur mais ce n’est pas une solution miracle ». Les bornes V2G devaient d’abord se développer pour les bus et les camions, qui rentrent systématiquement se brancher.
Le communiqué du 8 octobre ne précise ni le prix des offres, ni le nombre de véhicules visés, ni le calendrier de déploiement par modèle. Il ne mentionne pas non plus de rémunération de l’électricité restituée au réseau.
