Navalny : cinq pays européens accusent Moscou d’un empoisonnement à l’épibatidine

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Le Royaume-Uni, la Suède, la France, l’Allemagne et les Pays-Bas affirment qu’Alexeï Navalny a été empoisonné avec une toxine mortelle. Dans une déclaration conjointe rendue publique le 14 février 2026, ces cinq États estiment que l’opposant russe est décédé des suites d’un empoisonnement à l’épibatidine, une substance hautement toxique.

Une conclusion fondée sur des analyses toxicologiques

Les gouvernements du Royaume-Uni, de la Suède, de la France, de l’Allemagne et des Pays-Bas indiquent avoir analysé des échantillons prélevés sur Alexeï Navalny. Selon eux, ces expertises ont « confirmé de manière concluante » la présence d’épibatidine.

L’épibatidine est une toxine initialement identifiée chez certaines grenouilles venimeuses d’Amérique du Sud. Les cinq pays soulignent qu’elle n’existe pas à l’état naturel en Russie. Compte tenu de sa toxicité et des symptômes rapportés, ils considèrent que l’empoisonnement constitue la cause « très probable » du décès.

L’opposant est mort alors qu’il était détenu en prison. Les signataires estiment que, dans ces circonstances, la Russie disposait « des moyens, du mobile et de l’opportunité » pour administrer ce poison. Moscou, de son côté, a affirmé que Navalny était décédé de causes naturelles.

Un contentieux ancien autour des armes chimiques

Cette accusation ravive un contentieux déjà ancien entre Moscou et plusieurs capitales européennes. En août 2020, les mêmes pays avaient condamné l’empoisonnement de Navalny au novichok. Deux ans plus tôt, l’affaire de Salisbury avait provoqué une crise diplomatique majeure après l’utilisation de cette substance au Royaume-Uni, qui avait entraîné la mort d’une ressortissante britannique.

Dans leur déclaration, les cinq gouvernements dénoncent un « mépris répété » du droit international et des engagements pris par la Russie au titre de la Convention sur les armes chimiques. Ils évoquent également, dans le cas présent, de potentielles violations de la Convention sur les armes biologiques et à toxines.

Saisine de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques

Les représentants permanents des cinq États auprès de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques ont saisi le directeur général de l’institution afin de l’informer de ce qu’ils considèrent comme une violation de la Convention sur les armes chimiques par la Russie.

Ils affirment par ailleurs être préoccupés par le fait que Moscou n’aurait pas détruit l’ensemble de ses stocks d’armes chimiques. Les cinq capitales assurent vouloir utiliser « tous les leviers politiques » à leur disposition, en coordination avec leurs partenaires, pour demander des comptes à la Russie.

Cette nouvelle accusation intervient dans un contexte de relations déjà profondément dégradées entre la Russie et plusieurs États européens. Elle pourrait ouvrir une nouvelle séquence diplomatique, voire des initiatives au sein des instances internationales chargées du contrôle des armements.

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