Du 3 au 18 juin 2026, les Forces armées en Polynésie française (FAPF) organisent l’exercice interarmées MARARA 26, un exercice de type humanitaire et secours aux catastrophes réunissant quinze nations partenaires. Mobilisant des moyens aériens, maritimes et terrestres dans l’archipel des Tuamotu, cette manœuvre internationale illustre la volonté de la France de maintenir sa présence stratégique dans le Pacifique face à la montée des risques climatiques et géopolitiques.
L’exercice MARARA 26, un déploiement interarmées d’envergure dans le Pacifique
Signifiant « poisson volant » en tahitien, l’exercice MARARA 26 mobilise l’ensemble des unités des FAPF auxquelles s’ajoutent des renforts depuis l’Hexagone. Un avion de transport militaire A400M de l’armée de l’Air et de l’Espace participera au dispositif, aux côtés d’un C130 américain et de patrouilleurs GUARDIAN des îles Cook et des Kiribati. La phase opérationnelle principale se déroulera sur les atolls de Makemo et d’Hao, au cœur de l’archipel des Tuamotu, situés à plus de 500 kilomètres de Tahiti. L’exercice comprendra également un volet cyber et un séminaire médical, témoignant de la nature multidimensionnelle des opérations de secours modernes. Il se clôturera le 16 juin par une conférence de presse et une cérémonie au camp militaire d’Arue, à Tahiti.
L’exercice MARARA 26, réponse aux catastrophes dans un Pacifique vulnérable
Le scénario de l’exercice MARARA 26 repose sur la conduite d’une opération d’assistance humanitaire et de secours à la suite d’une catastrophe naturelle survenue dans un pays insulaire du Pacifique. Ce choix n’est pas anodin : le Pacifique Sud est la région du monde la plus exposée aux effets du changement climatique, où les catastrophes naturelles gagnent en intensité et en fréquence. La gestion de ces phénomènes extrêmes nécessite désormais le recours aux capacités de projection militaire pour porter secours aux populations sinistrées. C’est dans ce contexte que les FAPF organisent, chaque année paire, un exercice interarmées de type Humanitarian Assistance and Disaster Relief (HADR). Les années impaires, les Forces armées de Nouvelle-Calédonie (FANC) prennent le relais avec l’exercice CROIX DU SUD. Cette alternance structurée reflète une doctrine assumée : faire des forces prépositionnées dans les territoires ultramarins un pilier de la réponse aux crises régionales.
L’exercice MARARA 26, coalition de quinze nations au service de la stabilité régionale
L’exercice MARARA 26 réunira quinze partenaires : Australie, Canada, Chili, Colombie, Îles Cook, États-Unis, Fidji, Japon, Kiribati, Nouvelle-Zélande, Papouasie Nouvelle-Guinée, Pérou, Royaume-Uni, Tonga et Tuvalu. Cette composition illustre l’étendue du réseau d’alliances que la France a su tisser dans le bassin Pacifique, bien au-delà des seules puissances occidentales traditionnelles. La coopération militaire régionale représente un enjeu croissant dans une zone marquée par l’intensification de la compétition stratégique, notamment la montée en puissance de la Chine. En coordonnant une coalition aussi diverse autour de ses forces prépositionnées, la France démontre sa capacité à jouer un rôle d’architecte de la sécurité collective dans le Pacifique. Cette dynamique se conjugue avec les investissements en cours dans les outils de projection, comme en témoigne la commande récente d’une cinquième frégate de défense et d’intervention (FDI) auprès de Naval Group, notifiée fin mars 2026 par la Direction générale de l’armement.
L’exercice MARARA 26 et la souveraineté française dans l’Indo-Pacifique
L’exercice MARARA 26 s’inscrit dans une stratégie plus large de réaffirmation de la souveraineté française en Indo-Pacifique. La France est le seul État membre de l’Union européenne à disposer de territoires et de forces permanentes dans cette zone, où ses collectivités d’outre-mer représentent près de 70 % de sa zone économique exclusive, soit environ sept millions de kilomètres carrés. Maintenir des forces armées entraînées, interopérables et capables de se projeter rapidement dans cet espace constitue donc un impératif de souveraineté autant qu’une obligation humanitaire. Cette ambition se traduit également par des investissements logistiques significatifs, comme la mise à flot du troisième bâtiment ravitailleur stratégique du programme FLOTLLOG, qui renforcera les capacités de déploiement prolongé de la Marine nationale dans les théâtres éloignés. En organisant MARARA 26, les FAPF rappellent que la présence française dans le Pacifique n’est pas un héritage figé, mais une posture opérationnelle vivante, capable de répondre aussi bien aux crises humanitaires qu’aux défis sécuritaires.


