Brevets : la France confirme sa place de deuxième puissance européenne, mais marque le pas

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Avec près de 11 000 demandes déposées en 2025 auprès de l’Office européen des brevets, la France conserve sa deuxième position en Europe. Un signal de solidité, mais aussi de stagnation dans un contexte mondial de plus en plus compétitif.

Une performance stable dans un environnement concurrentiel accru

En 2025, les acteurs français – entreprises comme centres de recherche – ont déposé 10 932 demandes de brevets. Un volume quasiment identique à celui de l’année précédente, qui permet à la France de maintenir sa position de deuxième pays européen en matière d’innovation, derrière l’Allemagne.

À l’échelle mondiale, la hiérarchie reste dominée par les grandes puissances industrielles et technologiques. Les États-Unis, la Chine, le Japon et la Corée du Sud devancent toujours la France, qui se positionne au sixième rang.

Cette stabilité française traduit une certaine résilience, mais aussi une difficulté à accélérer dans un contexte où les investissements en recherche et développement s’intensifient fortement ailleurs, notamment en Asie.

Valeo, Safran, Airbus : un trio moteur de l’innovation française

Le classement des déposants confirme le rôle central des grands groupes industriels dans la dynamique d’innovation française.

Le groupe Valeo arrive en tête avec 650 brevets déposés en 2025, devant Safran (593) et Airbus (543). Ces entreprises, fortement positionnées dans les secteurs de la mobilité, de l’aéronautique et des technologies avancées, structurent une large part de l’effort d’innovation national.

En parallèle, l’écosystème entrepreneurial conserve une place significative. À l’échelle européenne, 26 % des demandes de brevets proviennent d’inventeurs individuels ou de PME. Un chiffre qui souligne le rôle des structures plus agiles dans la production d’innovations, même si leur capacité à passer à l’échelle reste un enjeu.

Une progression de la place des femmes dans l’innovation

Autre tendance notable : la montée en puissance des femmes dans les dépôts de brevets.

En France, 32 % des inventeurs sont des femmes, un niveau supérieur à la moyenne européenne. Cette progression traduit une évolution progressive des profils dans les métiers scientifiques et techniques, même si des marges importantes subsistent.

Certains pays se distinguent davantage, à l’image de l’Espagne, où les femmes représentent 42 % des déposants. Un indicateur qui met en lumière les différences de politiques publiques et de structuration des filières d’innovation en Europe.

De fortes disparités territoriales persistantes

Si la France se maintient à un haut niveau global, les écarts entre territoires restent marqués.

L’Île-de-France concentre à elle seule près de 7 000 dépôts, confirmant son rôle de moteur national de l’innovation. Elle devance largement l’Auvergne-Rhône-Alpes, deuxième région avec un peu plus de 1 200 brevets.

Dans le même temps, certaines régions enregistrent des progressions significatives. Les Hauts-de-France affichent une hausse de 37 % des dépôts, tandis que la Normandie progresse de 28 %. Ces dynamiques traduisent une diffusion progressive de l’innovation sur le territoire, portée notamment par des politiques locales et la réindustrialisation.


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