Alors que les négociations commerciales entre l’Union européenne et l’Australie s’intensifient en vue d’un possible accord, les organisations agricoles Jeunes Agriculteurs et la FNSEA montent au créneau. Dans un communiqué, elles dénoncent un projet d’accord de libre-échange qu’elles jugent profondément déséquilibré et potentiellement préjudiciable pour l’agriculture française et européenne.
Un accord jugé asymétrique
Selon les deux organisations, le projet d’accord entre l’Union européenne et l’Australie reposerait sur une relation commerciale très asymétrique. D’un côté, l’Union européenne et son marché intérieur de près de 450 millions de consommateurs ; de l’autre, l’Australie et ses 28 millions d’habitants.
Les négociations s’appuieraient notamment sur des quotas évoqués lors des discussions de 2023. Ceux-ci prévoiraient l’ouverture du marché européen à 24 000 tonnes de viande bovine et 20 000 tonnes de viande ovine australiennes, à droits de douane réduits voire nuls.
Pour les organisations agricoles françaises, ces volumes pourraient accentuer la pression concurrentielle sur des filières déjà fragilisées. Elles soulignent également l’absence, selon elles, de garanties suffisantes en matière de réciprocité des normes de production et des conditions de concurrence.
Des filières agricoles sous pression
Dans leur prise de position, Jeunes Agriculteurs et la FNSEA estiment que cet accord s’inscrit dans une série de décisions commerciales jugées défavorables à l’agriculture européenne. Elles évoquent notamment les accords avec le Mercosur ou encore la Nouvelle-Zélande, qui, selon elles, participeraient à une tendance de libéralisation du commerce agricole au détriment des producteurs européens.
Les organisations pointent particulièrement les risques pour plusieurs secteurs : bovin, ovin, sucrier et rizicole. Elles rappellent également que certaines productions étrangères pourraient être issues de méthodes interdites au sein de l’Union européenne, ce qui renforcerait selon elles l’inégalité des conditions de concurrence.
Un appel à la protection des filières européennes
Face à cette perspective, Jeunes Agriculteurs et la FNSEA appellent les autorités françaises à intervenir dans les négociations. Elles demandent notamment au président de la République, Emmanuel Macron, de défendre les filières agricoles considérées comme sensibles et de refuser un accord qu’elles jugent défavorable aux producteurs européens.
Pour les deux organisations, la conclusion d’un tel traité commercial risquerait de reproduire les tensions observées lors d’autres négociations agricoles internationales. Elles redoutent notamment un « Mercosur bis », c’est-à-dire un accord qui ouvrirait davantage le marché européen tout en offrant peu de contreparties aux agriculteurs de l’Union.
Dans ce contexte, la position exprimée par les Jeunes Agriculteurs et la FNSEA reflète l’inquiétude d’une partie du monde agricole face à l’évolution des accords commerciaux européens et à leurs conséquences potentielles sur la compétitivité des exploitations agricoles.

