Alimentation, nutrition et climat : le gouvernement dévoile sa stratégie nationale à horizon 2030

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Le gouvernement a présenté le 11 février la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC), une feuille de route destinée à transformer en profondeur les systèmes alimentaires français d’ici à 2030. Issue des travaux de la Convention citoyenne pour le climat et inscrite dans le prolongement de la loi Climat et Résilience de 2021, cette stratégie entend articuler pour la première fois les politiques publiques liées à l’alimentation, à la santé et à l’environnement.

L’objectif affiché est clair : permettre à l’ensemble des Français d’accéder à une alimentation plus saine, plus durable et plus locale, tout en renforçant la souveraineté agricole et alimentaire du pays.

Une alimentation au cœur des enjeux de santé, de climat et de souveraineté

Dans la présentation de la stratégie, l’exécutif souligne le rôle central de l’alimentation dans les grands équilibres économiques, sanitaires et environnementaux. Les choix alimentaires influencent en effet directement la santé publique, les émissions de gaz à effet de serre ou encore l’organisation des filières agricoles.

Selon les données mises en avant par le gouvernement, près de 30 % des décès liés aux maladies cardiovasculaires seraient associés à une mauvaise alimentation. Par ailleurs, l’alimentation représente environ 24 % de l’empreinte carbone de la consommation totale des ménages en France. À ces enjeux s’ajoute une dimension sociale croissante : 16 % de la population est désormais confrontée à une situation de précarité alimentaire.

Face à ces défis, la SNANC propose de structurer l’action publique autour d’un cadre commun associant nutrition, climat et souveraineté alimentaire. Elle vise notamment à adapter les repères nutritionnels existants – comme le célèbre « cinq fruits et légumes par jour » – aux impératifs environnementaux et aux nouvelles connaissances scientifiques.

Une stratégie nationale qui mobilise l’ensemble des acteurs

La SNANC repose sur une approche systémique visant à mobiliser l’ensemble des acteurs du système alimentaire : État, collectivités territoriales, filières agricoles, entreprises agroalimentaires, associations et citoyens.

Sa préparation s’est appuyée sur un processus de consultation élargi. Plus de 4 000 contributions ont été recueillies dans le cadre d’une convention citoyenne dédiée, auxquelles se sont ajoutés les avis de plusieurs instances consultatives.

La stratégie doit désormais s’inscrire dans la continuité des politiques publiques existantes, notamment à travers les futures éditions du Programme national pour l’alimentation (PNA) et du Programme national nutrition santé (PNNS). L’objectif est de coordonner les différentes initiatives afin de renforcer la cohérence des actions publiques.

Par ailleurs, l’État entend montrer l’exemple dans ses propres achats alimentaires. La restauration collective relevant de l’État, de ses établissements et des entreprises publiques devra privilégier les circuits courts et exclure l’achat de denrées alimentaires non européennes.

Quatorze actions structurantes pour transformer le système alimentaire

Pour concrétiser cette stratégie, le gouvernement a identifié quatorze actions prioritaires visant à agir simultanément sur l’offre alimentaire, les comportements des consommateurs et l’organisation des territoires.

Parmi les mesures phares figure le renforcement des projets alimentaires territoriaux, considérés comme des leviers clés pour structurer les filières locales et favoriser une alimentation durable. Les critères de reconnaissance et de financement de ces projets devraient être progressivement renforcés.

La stratégie prévoit également d’améliorer la qualité nutritionnelle de l’offre alimentaire en fixant des seuils maximaux pour le sel, le sucre et les graisses, ainsi que des seuils minimaux pour les fibres dans certains produits. Les repas servis dans les établissements de la petite enfance ou dans les EHPAD feront pour la première fois l’objet d’un encadrement nutritionnel réglementaire.

La restauration collective constitue un autre axe majeur. L’objectif reste d’atteindre 50 % de produits durables et de qualité, dont 20 % issus de l’agriculture biologique, avec un soutien spécifique aux cantines rurales.

Plusieurs mesures concernent également l’information et la protection des consommateurs. Le gouvernement souhaite notamment limiter l’exposition des enfants aux publicités pour des produits trop gras, sucrés ou salés, et expérimenter l’extension du Nutri-Score aux produits non préemballés et à la restauration hors domicile.

Enfin, la stratégie prévoit le déploiement progressif d’un affichage environnemental volontaire pour les produits alimentaires, ainsi qu’un renforcement des contrôles dans la lutte contre le gaspillage alimentaire.

Une ambition de transition alimentaire à l’horizon 2030

À travers la SNANC, le gouvernement entend inscrire l’alimentation au cœur de la transition écologique et sanitaire. L’enjeu est de transformer durablement les systèmes de production et de consommation afin de concilier santé publique, protection de l’environnement et souveraineté agricole.

Cette stratégie devra désormais se traduire par des actions concrètes dans les territoires et dans les filières alimentaires. L’exécutif mise sur une mobilisation collective pour faire évoluer les pratiques alimentaires et renforcer la résilience du système agricole français face aux défis climatiques et économiques.

À l’horizon 2030, l’objectif affiché est de bâtir un modèle alimentaire capable de garantir à tous les Français un accès à une alimentation de qualité, tout en soutenant les producteurs et en réduisant l’empreinte environnementale du système alimentaire national.

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