Avec une production totale de 515 TWh en 2025, dont 373 TWh d’origine nucléaire en France, EDF signe un exercice marqué par un net redressement opérationnel. Réuni le 19 février 2026 sous la présidence de Bernard Fontana, le Conseil d’administration a arrêté des comptes consolidés qui traduisent la montée en puissance du parc nucléaire français, dans un contexte de normalisation progressive des prix de marché.
Le groupe affiche un chiffre d’affaires de 113,3 milliards d’euros, un EBITDA de 29,3 milliards d’euros et un résultat net part du Groupe de 8,4 milliards d’euros. Le cash-flow opérationnel atteint 9,6 milliards d’euros, tandis que l’endettement financier net recule à 51,5 milliards d’euros, soit un ratio EFN / EBITDA de 1,8x. En janvier 2026, l’agence S&P a d’ailleurs relevé la notation d’EDF à BBB+ avec perspective stable, signal d’une confiance renouvelée dans la trajectoire financière du groupe.
Une production nucléaire en nette progression
La production nucléaire en France s’établit à 373 TWh, en hausse de 11,3 TWh par rapport à 2024, reflétant une meilleure disponibilité des réacteurs et une gestion maîtrisée des arrêts de tranche. Cette performance constitue le niveau le plus élevé enregistré depuis six ans et confirme le rôle central du nucléaire dans la souveraineté énergétique française.
Dans le même temps, la production hydraulique recule à 46,4 TWh après une année 2024 exceptionnelle sur le plan hydrologique. Les énergies renouvelables poursuivent néanmoins leur progression, avec une production éolienne et solaire en hausse de 2,1 % à 29,2 TWh et 3 GW bruts supplémentaires mis en service. Le portefeuille de projets atteint désormais 95,5 GW bruts.
Au total, 95 % de la production d’EDF est décarbonée, pour une intensité carbone moyenne de 26,5 gCO2/kWh, en baisse de 10,5 % sur un an. Cette performance positionne le groupe parmi les électriciens les plus sobres en carbone au monde.
L’année 2025 a également été marquée par l’atteinte des 100 % de puissance pour Flamanville 3, ainsi que par la présentation du devis prévisionnel du programme EPR2, estimé à 72,8 milliards d’euros (en euros 2020). Au Royaume-Uni, le projet Hinkley Point C a connu des ajustements calendaires et financiers, tandis que Sizewell C a franchi une étape décisive avec la décision finale d’investissement et la finalisation de son financement.
Des résultats financiers solides malgré un recul des prix
L’EBITDA s’établit à 29,3 milliards d’euros, en retrait par rapport aux 36,5 milliards enregistrés en 2024, dans un contexte de baisse des prix de marché. Cette diminution est partiellement compensée par la hausse de la production nucléaire et la croissance des activités régulées.
Le résultat financier ressort en charge de 1,6 milliard d’euros, en hausse de 0,6 milliard sur un an. La performance plus faible du portefeuille d’actifs dédiés, liée à des marchés actions moins favorables, pèse sur les comptes, malgré une gestion active de la dette ayant permis de réduire le coût de l’endettement brut de 0,7 milliard d’euros.
Le résultat net courant atteint 9,6 milliards d’euros, contre 15,2 milliards en 2024. Le résultat net part du Groupe s’élève à 8,4 milliards d’euros, en recul de 3 milliards, notamment en raison d’éléments non courants, dont une dépréciation du projet Hinkley Point C et des effets liés à la volatilité des instruments financiers et des commodités.
Le cash-flow opérationnel de 9,6 milliards d’euros est soutenu par les activités régulées et non régulées en France, les activités de trading ainsi que par l’encaissement de 1,6 milliard de livres sterling lié au savoir-faire transféré dans le cadre du projet Sizewell C. Les investissements nets atteignent 24 milliards d’euros, en hausse, portés par les projets nucléaires, le programme EPR2 et l’adaptation des réseaux au changement climatique.
L’endettement financier net recule de 2,9 milliards d’euros sur un an. EDF a émis plus de 4,9 milliards d’euros d’obligations vertes afin de financer ses activités nucléaires et renouvelables, illustrant l’importance des financements durables dans sa stratégie.
Souveraineté énergétique et flexibilité du système
Au-delà des chiffres, EDF met en avant l’accélération de sa politique commerciale, avec 47 TWh par an de contrats moyen et long terme signés à fin 2025, dont plusieurs contrats d’allocation de production nucléaire pour des industriels électro-intensifs. Le groupe revendique une stabilité de son portefeuille clients dans les grands pays européens où il est présent.
Sur le plan des infrastructures, les réseaux poursuivent leur adaptation à la transition énergétique : 486 000 points de recharge pour véhicules électriques ont été raccordés en 2025, tandis que la qualité de fourniture s’améliore avec une baisse du temps moyen de coupure.
La production record des stations de transfert d’énergie par pompage, à 6 TWh, ainsi que la montée en puissance des capacités de stockage (1 GW en opération et 2,7 GW en projets), illustrent la priorité donnée à la flexibilité dans un système électrique plus complexe et plus renouvelable.
Pour 2026, EDF anticipe un EBITDA solide mais en léger retrait, du fait de la baisse attendue des prix de marché. La production nucléaire en France est estimée entre 350 et 370 TWh en 2026 et 2027. Les objectifs 2027 sont confirmés, avec un ratio Endettement Financier Net / EBITDA inférieur ou égal à 2,5x.
Le Conseil d’administration proposera enfin le versement d’un dividende de 1 milliard d’euros au titre de l’exercice 2025, confirmant la volonté du groupe de concilier performance industrielle, discipline financière et engagement durable au service de la souveraineté énergétique française.
