À l’occasion du Salon International de l’Agriculture, TotalEnergies et InVivo annoncent un nouveau partenariat stratégique destiné à accélérer la transition énergétique de la « Ferme France ». L’ambition affichée est claire : conjuguer production agricole et production d’énergie, tout en renforçant l’autonomie des exploitations et la souveraineté nationale.
Une alliance stratégique au service de la souveraineté agricole et énergétique
Ce rapprochement entre un acteur majeur de l’énergie et le premier groupe coopératif agricole français vise à structurer des solutions concrètes à l’échelle des exploitations et des filières. L’objectif est double : accompagner la décarbonation du monde agricole et créer de nouvelles sources de revenus pour les agriculteurs.
Le partenariat s’articule autour de trois axes principaux :
- Le développement de solutions énergétiques durables, notamment la méthanisation et l’agrivoltaïsme ;
- L’innovation et la digitalisation pour piloter la performance énergétique et agronomique ;
- L’accompagnement des territoires, en lien étroit avec les coopératives agricoles.
Des groupes de travail communs, des retours d’expérience terrain et des dispositifs d’accompagnement opérationnels seront mis en place afin de favoriser un déploiement rapide et à grande échelle dans les filières agricoles françaises.
Pour InVivo, qui fédère des centaines de coopératives et couvre l’ensemble de la chaîne de valeur agricole, ce partenariat s’inscrit dans une logique de transformation structurelle : faire de la transition énergétique un levier d’autonomie et de compétitivité. Pour TotalEnergies, il s’agit de consolider sa position d’acteur multi-énergies en intégrant pleinement le monde agricole à sa stratégie de développement des renouvelables et des agri-énergies.
Méthanisation : vers une autonomie fertilisante accrue
La priorité sera donnée au développement d’une filière de valorisation des digestats issus de la méthanisation. Ce résidu organique, produit lors de la transformation des déchets agricoles en biogaz, peut être utilisé comme fertilisant.
L’enjeu est majeur. En renforçant l’usage de digestats sur les exploitations, les agriculteurs peuvent réduire leur dépendance aux engrais minéraux importés, dont les prix restent volatils et fortement corrélés aux tensions géopolitiques et énergétiques. Cette approche permet également de créer des boucles locales d’économie circulaire : les déchets deviennent ressource, l’énergie produite alimente le territoire, et les fertilisants retournent aux sols.
Le groupe énergétique exploite déjà 13 unités de biogaz sur le territoire français et collabore avec plus de 1 000 partenaires agricoles et agroalimentaires. Ce maillage constitue une base solide pour amplifier la structuration d’une filière méthanisation intégrée, à la fois énergétique et agronomique.
Agrivoltaïsme : concilier production alimentaire et production d’électricité
Autre pilier du partenariat : l’agrivoltaïsme. Les deux groupes poursuivront les travaux engagés sur le démonstrateur de Valpuiseaux, en Île-de-France, l’un des rares projets en grandes cultures.
Ce site pilote permet d’évaluer de manière fine l’impact des installations photovoltaïques sur :
- Les rendements agricoles ;
- La biodiversité ;
- Le microclimat ;
- La gestion de la ressource en eau.
L’objectif affiché est de déployer des modèles garantissant la primauté de l’usage agricole des sols. L’énergie ne doit pas se substituer à la vocation nourricière des terres, mais la compléter. Dans un contexte de dérèglement climatique, l’ombrage partiel généré par les panneaux peut, selon les cultures, contribuer à limiter le stress hydrique et à améliorer la résilience des exploitations.
L’énergéticien revendique plus de 120 projets d’agrivoltaïsme et d’agri-énergies en développement en France, représentant à terme près d’1 GW d’électricité renouvelable. Avec l’appui des coopératives agricoles, ces projets pourraient gagner en ancrage territorial et en acceptabilité locale.
Une convergence entre transition énergétique et transformation agricole
Au-delà des projets techniques, ce partenariat traduit une évolution plus profonde du modèle agricole français. La transition énergétique n’est plus pensée comme une contrainte extérieure, mais comme une opportunité économique pour les exploitations.
Pour le groupe coopératif, dont le chiffre d’affaires dépasse 11 milliards d’euros et qui est présent dans 38 pays, la transition doit devenir un levier de création de valeur pour les agriculteurs et les filières. Pour la compagnie multi-énergies, présente dans environ 120 pays avec plus de 100 000 collaborateurs, l’enjeu est d’ancrer sa stratégie dans les territoires productifs.
En combinant méthanisation, agrivoltaïsme, digitalisation et accompagnement coopératif, les deux partenaires entendent bâtir un modèle où production alimentaire, production d’énergie et souveraineté nationale avancent de concert. Une ambition qui s’inscrit dans un contexte où les questions agricoles, énergétiques et industrielles se retrouvent au cœur des débats stratégiques français et européens.

