Après des années de spéculations autour d’un possible contrat entre Alger et Moscou, une vidéo amateur relance les interrogations sur la présence du chasseur russe Sukhoi Su-57E en Algérie. Filmées par un agriculteur, les images montreraient un appareil en vol évoluant dans un paysage aride qui pourrait correspondre à l’est du pays. Selon plusieurs observateurs, la scène aurait été captée à proximité de la base d’Oum El Bouaghi.
Si l’authenticité de la séquence reste à confirmer officiellement, les contours de l’information concordent avec une rumeur persistante : l’Algérie aurait acquis douze exemplaires de la version export du Su-57, dont les deux premiers auraient été livrés dès novembre 2025.
Un saut technologique majeur pour l’aviation militaire algérienne
Le Sukhoi Su-57 est présenté par la Russie comme un avion de cinquième génération intégrant des capacités avancées en matière de furtivité, de supercroisière et de fusion de capteurs. La version « E », destinée à l’export, conserverait une architecture proche du modèle utilisé par les forces russes, avec certaines adaptations liées aux standards internationaux.
Pour l’Algérie, déjà dotée d’une flotte moderne comprenant notamment des Su-30 et des MiG-29 modernisés, l’introduction du Su-57E constituerait un bond capacitaire significatif. L’appareil est conçu pour :
- Réduire sa signature radar grâce à une cellule optimisée
- Intégrer des armements en soute pour préserver sa furtivité
- Assurer des missions air-air et air-sol de haute intensité
- Opérer dans des environnements fortement contestés
Si la mise en service se confirmait, il s’agirait de la première implantation sur le continent africain d’un appareil revendiquant un certain niveau de furtivité radar, un seuil technologique jusqu’ici réservé à quelques puissances militaires majeures.
Un signal stratégique dans un contexte régional tendu
L’acquisition d’un tel système d’armes s’inscrirait dans une logique de modernisation continue des forces armées algériennes. Alger consacre depuis plusieurs années une part substantielle de son budget à la défense, dans un environnement régional marqué par des instabilités persistantes au Sahel et par une rivalité stratégique durable avec le Maroc.
Sur le plan géopolitique, la présence de Su-57E en Algérie renforcerait également la coopération militaire entre Alger et Moscou, déjà structurante dans l’armement terrestre, naval et aérien. Elle constituerait un signal fort quant à la capacité de la Russie à exporter des technologies considérées comme sensibles, malgré les pressions internationales et les restrictions pesant sur son industrie de défense.
Reste à savoir si les autorités algériennes confirmeront officiellement la livraison des appareils. En matière d’armement stratégique, la communication est souvent mesurée, voire volontairement ambiguë. Mais si l’information venait à être validée, l’Algérie entrerait dans un cercle très restreint de pays disposant d’un chasseur de cinquième génération, redéfinissant ainsi les équilibres militaires en Afrique du Nord.


