À l’occasion des vœux de la Confédération des petites et moyennes entreprises, organisés le 21 janvier à la Gaîté Lyrique à Paris, le ministre délégué chargé des PME a livré un discours très politique, mêlant constats économiques, messages de stabilité budgétaire et mise en garde face aux menaces extérieures. Devant les dirigeants de TPE et de PME, Serge Papin a cherché à redonner de la visibilité à un tissu entrepreneurial encore marqué par l’incertitude.
Sortir du brouillard budgétaire pour redonner de la visibilité
D’emblée, le ministre a insisté sur la séquence budgétaire difficile qui a précédé l’adoption du budget 2026. Comparant la situation actuelle à une navigation longue et incertaine dans des eaux brumeuses, il a souligné l’importance de la visibilité pour les chefs d’entreprise. Sans prétendre à un budget idéal, Serge Papin a assumé des choix parfois imparfaits mais nécessaires, rappelant que l’essentiel réside dans la capacité à avancer.
Il a salué le rôle joué par la Confédération des petites et moyennes entreprises, qu’il a qualifiée de partenaire « fiable, exigeant et responsable » tout au long des discussions. Les arbitrages finaux ont, selon lui, envoyé un signal clair au monde économique : le coût du travail ne sera pas alourdi. Le gouvernement a ainsi renoncé à toucher aux allègements de charges, quitte à différer la baisse de la CVAE initialement prévue.
Concurrence déloyale et tensions commerciales internationales
Au-delà des équilibres budgétaires, le ministre a identifié deux grandes catégories de dangers pour les PME. Les premiers viennent de l’extérieur, à commencer par la concurrence de plateformes étrangères accusées de ne pas respecter les règles du jeu. Sans les nommer comme un simple phénomène abstrait, Serge Papin a explicitement ciblé Shein, symbole d’une concurrence jugée déloyale pour de nombreuses entreprises françaises.
La mise en place d’une taxe sur les petits colis s’inscrit, selon lui, dans cette volonté de rétablir une concurrence équitable. Le message est sans ambiguïté : ceux qui ne respectent pas les règles devront être sanctionnés, voire interdits. Dans le même esprit, le ministre a évoqué la menace des droits de douane américains, rappelant que l’Europe, premier marché mondial, devait se donner les moyens de défendre ses intérêts face aux stratégies de pression de l’administration de Donald Trump.
Retards de paiement, simplification et transmission : les chantiers internes
Les menaces les plus pernicieuses restent toutefois internes. Serge Papin a rappelé que les retards de paiement sont impliqués dans près d’un quart des défaillances d’entreprises. Une proposition de loi dédiée doit prochainement être examinée afin de renforcer les outils de lutte contre ces pratiques.
Autre sujet central : la place des PME dans les négociations commerciales, notamment face aux grands distributeurs. Le ministre a évoqué les engagements pris fin 2025 pour avancer la clôture des négociations concernant les PME, afin de mieux tenir compte de leurs spécificités. Un bilan complet de cette démarche devra être tiré.
La simplification administrative, revendication ancienne des entrepreneurs, reste également au cœur de l’agenda. Si le projet de loi en discussion s’annonce complexe, Serge Papin a assuré qu’il utiliserait aussi le levier réglementaire pour obtenir des avancées concrètes. Enfin, la question de la transmission d’entreprise, notamment autour du pacte Dutreil, a été présentée comme un enjeu stratégique pour l’avenir de milliers de PME françaises.
PME, proximité et conquête du marché de masse
En conclusion, le ministre a livré une vision plus offensive. Les PME, « explorateurs du quotidien », sont selon lui les poumons de l’économie française et les piliers de l’économie de proximité. Mais leur développement reste freiné par un manque de fonds propres, limitant leur capacité à investir et à innover.
L’objectif affiché pour 2026 est clair : partir à la conquête du marché de masse en France et rendre le made in France plus accessible. Cela passe aussi par un renforcement du lien avec les salariés, via les politiques de partage de la valeur. Le déblocage anticipé de l’épargne salariale, proposé en ce début d’année, s’inscrit dans cette logique de soutien à la consommation et à l’activité des entreprises.
Dans un contexte économique encore instable, Serge Papin a voulu adresser un message de confiance aux dirigeants de PME : l’État entend avancer avec eux, en misant sur la proximité, la compétitivité et la défense des intérêts économiques français.
