L’acquisition des parts de Nissan dans l’usine de Chennai marque une étape stratégique pour Renault Group, qui renforce sa présence sur l’un des marchés automobiles les plus prometteurs au monde.
Une prise de contrôle stratégique pour renforcer l’ancrage industriel
Le 1er août 2025, Renault Group a annoncé avoir acquis les 51 % de parts restantes de son usine de Chennai, en Inde, jusqu’alors détenues par Nissan. Cette opération permet au groupe français de devenir l’unique propriétaire de Renault Nissan Automotive India Private Ltd (RNAIPL), désormais consolidée à 100 % dans ses états financiers. L’usine de Chennai, reconnue pour son excellence industrielle, devient ainsi un levier central de la stratégie d’expansion internationale de Renault.
Avec cette acquisition, Renault renforce considérablement son autonomie de production en Inde, un pays désormais classé troisième marché automobile mondial. En 2024, le marché y a connu une croissance de 7 %, et les prévisions annoncent une hausse supplémentaire de 3,5 % en 2025. Outre son potentiel de croissance, l’Inde séduit par un écosystème industriel robuste et un réseau de fournisseurs compétitifs, offrant un cadre idéal pour l’industrialisation à grande échelle. Alors qu’en France, le marché est atone, Renault trouve ainsi de nouveaux débouchés dans le sous-continent indien.
Une offensive produit ambitieuse pour conquérir le marché indien
Cette montée en puissance de Renault Group en Inde ne se limite pas à l’aspect industriel. Elle s’inscrit dans un plan stratégique plus large, International Game Plan 2027, visant à faire du pays un hub mondial d’innovation et d’exportation. En avril dernier, Renault avait déjà annoncé l’ouverture de son plus grand centre de design hors de France sur le sol indien.
Le lancement du nouveau Renault Triber marque le début d’une série de quatre nouveaux modèles destinés à dynamiser l’offre de la marque sur le sous-continent. L’objectif : répondre aux attentes d’un marché jeune, où plus de 50 % de la population a moins de 28 ans, et adapter les véhicules aux exigences locales comme internationales grâce à un centre d’ingénierie performant co-détenu avec Nissan.
Malgré la reprise totale de RNAIPL, Renault confirme la poursuite de sa coopération industrielle avec Nissan. L’usine de Chennai continuera de produire des modèles Nissan, assurant une certaine continuité dans l’usage des infrastructures communes.
Stéphane Deblaise, nouveau visage de Renault en Inde
Pour piloter cette nouvelle phase de développement, Renault Group a nommé Stéphane Deblaise au poste de Directeur Général pour l’Inde, à compter du 1er septembre 2025. Âgé de 52 ans et fort d’une solide expérience internationale, Deblaise occupait jusqu’ici le poste de CEO de Renault Korea, où il a repositionné la marque et fait du site de Busan un hub technologique régional.
Diplômé de Télécom Physique Strasbourg et de l’IFP School, Stéphane Deblaise a rejoint Renault en 2000 et a successivement occupé des fonctions stratégiques sur plusieurs continents, en Chine, en Amérique latine, et au siège du Groupe. Sa nomination s’inscrit dans une volonté de continuité et d’accélération, avec pour mission de coordonner toutes les entités locales et de concrétiser l’ambition de Renault en Inde.
Un écosystème industriel déjà solide
Depuis sa mise en service en 2010, l’usine de Chennai a produit 2,8 millions de véhicules, dont 1,2 million exportés vers plus de 100 pays, ainsi que 4,6 millions de moteurs et boîtes de vitesses. Sa capacité annuelle de production dépasse 400 000 véhicules. Adossée à un réseau de près de 300 fournisseurs locaux, elle repose actuellement sur les plateformes CMF-A et CMF-A+, et se prépare à accueillir une nouvelle plateforme modulaire multi-énergies du Groupe.
Enfin, la marque Renault est déjà bien implantée dans le pays, avec plus de 350 points de vente et 450 points de service, illustrant l’importance stratégique du marché indien dans le déploiement international du constructeur français.


