Lacroix : l’électronique renoue avec la croissance, les composants en embuscade

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L’équipementier électronique Lacroix a publié lundi 2 novembre un chiffre d’affaires de 345,6 millions d’euros sur neuf mois, en hausse de 3,2 %. L’activité Electronics retrouve la croissance au troisième trimestre et le groupe confirme ses objectifs, avec prudence.

Lacroix, entreprise de taille intermédiaire (ETI) familiale cotée à Paris, spécialisée dans la conception et la fabrication d’équipements électroniques et dans les solutions d’objets connectés (IoT) industriels, a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 110,4 millions d’euros au troisième trimestre 2026, en croissance de 3,2 % par rapport à la même période de 2025, apprend-on dans un communiqué diffusé lundi 2 novembre après la clôture de la Bourse. Sur les neuf premiers mois, les ventes atteignent 345,6 millions d’euros, contre 335,0 millions un an plus tôt.

« Les deux activités y contribuent positivement », précise le communiqué. Electronics, qui pèse les deux tiers des ventes trimestrielles, progresse de 1,2 %, à 72,9 millions d’euros. Environment, la branche consacrée aux réseaux d’infrastructures critiques, avance de 7,1 %, à 37,5 millions d’euros, « plus favorablement que prévu ».

L’aéronautique et la défense compensent l’automobile chez Lacroix Electronics

Le redressement d’Electronics tient à un rééquilibrage de son portefeuille de clients. Selon le communiqué, « le nouveau repli du marché Automobile a été plus que compensé par la forte croissance de l’Aéronautique & défense » ainsi que par la progression des segments maisons et bâtiments connectés (Home & Building Automation Systems, HBAS) et Industrie.

Sur neuf mois, le pôle reste quasi stable, à 229,0 millions d’euros (-0,4 %). L’aéronautique et la défense y affichent une croissance supérieure à 20 %, « après le repli conjoncturel de 2025 ». L’automobile poursuit en revanche son recul, lié à la fin de grands programmes, « dans un contexte de marché toujours difficile en Europe », souligne le groupe.

Ce basculement vers les marchés de défense s’inscrit, pour cet acteur de l’électronique industrielle française, dans une stratégie ancrée sur le territoire. Lacroix exploite depuis février 2022 à Beaupréau-en-Mauges (Maine-et-Loire) son usine Symbiose, qui employait alors 460 personnes et visait 100 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2027, selon le Journal du Net. Le site avait été inauguré en présence de Roland Lescure, alors ministre délégué chargé de l’Industrie. « L’IoT est partout, dans les usines, les bâtiments, les villes, les transports, etc. Les besoins sur le marché sont colossaux », assurait à cette occasion Vincent Bedouin, alors président-directeur général du groupe, dans des propos rapportés par le Journal du Net.

La fin des réseaux 2G et 3G dope les compteurs d’eau connectés

Quant à l’activité Environment, elle atteint 116,6 millions d’euros sur neuf mois, en hausse de 10,9 %, soit plus du tiers des ventes du groupe. Cette progression repose « quasi exclusivement » sur le segment Eau, indique le communiqué.

En France, ce segment « continue de bénéficier pleinement du cycle de renouvellement des équipements lié à l’extinction des réseaux 2G/3G ». À l’international, l’Espagne a connu en début d’année un pic d’activité en anticipation de la fin du programme PERTE, consacré au financement de la digitalisation des infrastructures. Ce marché a ensuite pesé au troisième trimestre, en raison d’une base de comparaison « particulièrement élevée ».

Les autres segments sont plus contrastés. Les réseaux électriques intelligents (Smart Grids) progressent, le chauffage, la ventilation et la climatisation (HVAC) enregistrent « un repli ponctuel » et l’éclairage public reste en retrait, « comme anticipé, en cette année de cycle électoral », relève le groupe.

Lacroix maintient le cap de 455 millions d’euros en 2026

Le groupe confirme ses objectifs pour 2026, relevés lors de la publication des résultats semestriels le 30 septembre : un chiffre d’affaires supérieur à 455 millions d’euros, un taux de marge d’excédent brut d’exploitation (EBITDA) supérieur à 9 % et un ratio dette nette sur EBITDA inférieur à 2,0 fois. Pour y parvenir, Lacroix devra réaliser plus de 109,4 millions d’euros au quatrième trimestre, soit un niveau proche de celui du troisième. Le groupe avait réalisé 445 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025.

Pour le second semestre, la direction anticipe une activité Electronics « en légère croissance » et une activité Environment désormais attendue en hausse, « contre « stable » précédemment », mais à un rythme « bien moindre qu’au premier semestre ».

L’horizon 2027 est lui aussi maintenu : un chiffre d’affaires compris entre 475 et 500 millions d’euros, un taux de marge d’EBITDA supérieur à 8 % et un levier inférieur à 2,0 fois. Le groupe assortit toutefois cette confirmation d’une réserve, « avec la prudence imposée par les tensions croissantes dans la disponibilité de certains composants et la pression inflationniste ».

Prochain rendez-vous fixé par le groupe : le chiffre d’affaires annuel 2026, attendu le 9 février 2027 après Bourse.

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