L’ambassadeur de France aux Pays-Bas a été élu mardi 3 novembre juge à la Cour internationale de Justice (CIJ) pour un mandat de neuf ans, de 2027 à 2036. Il succédera à Ronny Abraham, dont le mandat s’achève en février 2027. Explications.
La France conserve sa place parmi les quinze juges de la principale juridiction des Nations unies. Mardi 3 novembre, à New York, François Alabrune, ambassadeur de France aux Pays-Bas, a été élu juge à la Cour internationale de Justice « pour un mandat de neuf ans, de 2027 à 2036, à l’issue des scrutins organisés le 3 novembre 2026 à l’Assemblée générale et au Conseil de sécurité des Nations unies », apprend-on dans un communiqué du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.
Le Quai d’Orsay remercie les États membres de l’ONU qui ont soutenu cette candidature et salue un profil taillé pour la fonction : « Diplomate et juriste reconnu, l’élection de M. François Alabrune témoigne de son engagement constant au service du droit international et des juridictions internationales », précise le communiqué.
Un siège français que Ronny Abraham libère en février 2027
L’enjeu dépassait la seule carrière d’un diplomate. Selon Le Petit Journal, le mandat du juge français actuel, Ronny Abraham, arrive à son terme en février 2027. L’élection de mardi permet donc à Paris de garder un fauteuil au sein de la Cour, installée à La Haye.
Le scrutin portait sur cinq des quinze sièges, la Cour étant renouvelée par tiers tous les trois ans, rappelle Le Petit Journal. L’élection passe par deux votes, l’un à l’Assemblée générale, l’autre au Conseil de sécurité.
Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s’est félicité sur X d’un juge « élu aujourd’hui et dès le premier tour juge à la Cour internationale de Justice », selon le message reproduit par Le Petit Journal. Il y évoque « une victoire majeure pour la France », remercie le réseau diplomatique pour sa mobilisation et affirme : « Il n’y a pas de paix durable sans la justice. »
Akande, Lee, Hmoud, Okowa : les quatre autres élus
Quatre autres juges ont été élus le même jour, et Paris les félicite dans son communiqué : le Britannique Dapo Akande, la Singapourienne Rena Lee, le Jordanien Mahmoud Daifallah Hmoud et la Kényane Phoebe Okowa.
Ensemble, ils entreront dans une juridiction qui tranche les différends entre États : contentieux territoriaux, délimitation des frontières maritimes, interprétation des traités ou violations alléguées du droit international, énumère Le Petit Journal. Des dossiers où se jouent souvent des frontières maritimes, donc des ressources.
À ne pas confondre avec la Cour pénale internationale, autre juridiction de La Haye, dont Refrance a suivi le bras de fer avec Washington et la riposte envisagée par Paris.
Du service juridique du Quai d’Orsay à l’ambassade de La Haye
Le nouveau juge connaît la maison. Né en 1962, énarque de la promotion Michel de Montaigne (1988), François Alabrune a été conseiller juridique à la mission permanente de la France auprès des Nations unies de 1997 à 2000, puis numéro deux de la direction des affaires juridiques du Quai d’Orsay de 2001 à 2004, détaille Acteurs publics, qui avait annoncé sa candidature en octobre 2024.
Consul général à Québec de 2004 à 2009, représentant permanent de la France auprès de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à Vienne de 2009 à 2013, il a ensuite dirigé les affaires juridiques du ministère de 2014 à 2022. Membre de la Cour permanente d’arbitrage depuis 2016, il est ambassadeur aux Pays-Bas depuis 2022, selon Acteurs publics. À ce titre, il a participé à de nombreuses procédures internationales et à la négociation de plusieurs traités, ajoute Le Petit Journal.
Dans une vidéo diffusée pendant la campagne par Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie et des Français de l’étranger, le candidat plaidait pour une Cour « forte et indépendante », relève Le Petit Journal.
Un message de Paris sur le règlement pacifique des différends
Le communiqué du Quai d’Orsay ne s’en tient pas aux félicitations. « La France réaffirme à cette occasion son attachement au respect du droit international, au multilatéralisme et au règlement pacifique des différends », souligne le ministère.
Pour François Alabrune, l’ambassade de La Haye n’aura été qu’une antichambre : il ne changera pas de ville en février 2027, seulement de bâtiment.
