Logement neuf : l’Insee voit les perspectives de mises en chantier plonger encore

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L’enquête trimestrielle de l’Insee auprès des promoteurs immobiliers, publiée vendredi 23 octobre, décrit une nouvelle dégradation des perspectives de mises en chantier, de la demande de logements et du financement des acheteurs. Explications.

Vendredi 23 octobre, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a publié ses Informations rapides n° 258 consacrées à la conjoncture dans la promotion immobilière. Le titre donne le ton : « En octobre 2026, les perspectives de mises en chantier continuent de baisser fortement dans la promotion immobilière ». Le solde d’opinion des promoteurs sur leurs perspectives de mises en chantier tombe à -27, contre -20 en juillet et -14 en avril. Sa moyenne de long terme, calculée depuis juillet 1991, s’établit à -9.

Les réponses ont été collectées du 25 septembre au 20 octobre 2026. L’Insee rappelle que le taux de réponse à cette enquête est habituellement plus faible que dans la plupart de ses autres enquêtes de conjoncture auprès des entreprises.

Logements à vendre à -41, le locatif social bascule dans le rouge

La baisse touche les deux segments suivis par l’Insee. Pour les logements destinés à la vente, le solde recule de -35 à -41, contre une moyenne de -18. Quant à l’habitat locatif, principalement social, il passe de +1 en juillet à -8 en octobre, alors que sa moyenne de long terme se situe précisément à +1.

Les promoteurs se montrent par ailleurs plus pessimistes sur la demande de logements. Le solde correspondant chute à -43, contre -37 trois mois plus tôt et -28 en janvier. Il atteint son plus bas niveau depuis deux ans, très en deçà de sa moyenne de -13.

La proportion d’entreprises qui envisagent de mettre à l’étude de nouveaux programmes recule légèrement, à 52 %, contre 53 % lors des trois enquêtes précédentes de l’année et une moyenne de 62 %. De son côté, le solde relatif aux stocks de logements invendus reste stable, à -10, nettement au-dessus de sa moyenne de long terme (-25).

Apport personnel et prix de vente au plus bas depuis 2015

Le volet financier de l’enquête n’est guère plus encourageant. Le solde sur les perspectives d’évolution des moyens de financement des clients recule à -39, contre -35 en juillet, pour une moyenne de -21. L’évolution passée de l’apport personnel des candidats à l’achat tombe à -26, son plus bas niveau depuis janvier 2015, précise l’Insee.

Même diagnostic pour les prix. Le solde portant sur le prix moyen des logements mis en vente plonge à -24, contre -15 en juillet et -10 en janvier. Il n’avait plus été aussi bas depuis avril 2015, alors que sa moyenne de long terme est positive, à +6.

Le crédit, lui, ne facilite rien. Selon Toutsurmesfinances, le taux standard moyen transmis par les banques partenaires de Meilleurtaux s’établissait à 3,86 %, contre 3,69 % début septembre, sur une durée moyenne d’environ 23 ans. Le courtier estime que les taux « s’orientent donc vers les 4 % », sous l’effet de la persistance de l’inflation et des tensions sur les marchés de capitaux. Le rendement de l’OAT à 10 ans avait franchi 4,65 % le 25 septembre, rappelle le même article, qui cite Pretto.

FPI : réservations en recul de 23,6 % au deuxième trimestre

Le sondage de l’Insee prolonge les chiffres déjà alarmants de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI). Lors de la présentation de son bilan du deuxième trimestre, le 9 septembre à Paris, la fédération faisait état de réservations en baisse de 23,6 % sur un an, rapporte La Gazette France. Les ventes en bloc, destinées notamment aux bailleurs, y chutaient de 40,8 %, de 8 726 à 5 162 logements, et les mises en vente reculaient de 17,9 %, à 18 740 unités.

« Je croyais que nous avions touché le fond, mais la situation continue de se dégrader », déclarait alors Pascal Boulanger, président de la FPI, cité par La Gazette France. Sur le dispositif Jeanbrun, le président de la fédération concédait : « Il n’y a pas d’engouement ». Il avait parié sur 4 000 ventes par mois, pour un rythme constaté de 150 à 200, selon le même article.

Mises en chantier : 300 244 logements sur douze mois

Les statistiques de la construction offrent un contrepoint, mais fragile. En août, les mises en chantier ont progressé de 4,1 % sur un mois, troisième hausse mensuelle consécutive, selon les données du service statistique du ministère (SDES) reprises par Maire-info. Sur douze mois, 300 244 logements ont été mis en chantier, un niveau inférieur de 9,5 % à la moyenne des cinq années précédentes.

Les permis de construire, eux, ont reculé de 1,1 % en août, à 29 749 logements autorisés. Leur cumul sur douze mois avoisine 370 000 logements, soit 9,7 % de moins que la moyenne quinquennale, précise Maire-info.

Or ce sont précisément les intentions des promoteurs qui préfigurent les chantiers des prochains trimestres. Leur repli marqué en octobre, sur la vente comme sur le locatif social, laisse peu de place à un rebond durable de l’activité, alors que le cadre législatif reste en suspens : Refrance avait déjà consacré un article aux lenteurs du projet de loi Relance logement à l’Assemblée nationale.

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