L’indice de référence des loyers (IRL) du troisième trimestre 2026 progresse de 1,57 % sur un an, selon l’Insee. Le plafond de révision des loyers du parc privé remonte au moment où le Sénat examine, mercredi 21 octobre, l’avenir de l’encadrement des loyers. Explications.
Le plafond remonte. Au troisième trimestre 2026, l’indice de référence des loyers s’établit à 148,06, en hausse de 1,57 % sur un an, apprend-on dans la publication Informations rapides de l’Insee parue jeudi 15 octobre. Au trimestre précédent, la progression annuelle n’était que de 1,15 %.
La tendance est nette sur un an. L’IRL affichait +0,87 % au troisième trimestre 2025, +0,79 % au quatrième, puis +0,78 % au premier trimestre 2026. Il s’agit de la plus forte augmentation de l’indice depuis la fin 2024, relève Toutsurmesfinances, qui chiffre l’effet concret : un loyer de 700 euros peut passer à 711 euros, soit 11 euros de plus par mois et 132 euros sur un an.
Par dérogation, l’indice s’établit à 145,21 dans les collectivités régies par l’article 73 de la Constitution, c’est-à-dire les départements et régions d’outre-mer, et à 143,80 en Corse, précise l’Insee.
Un IRL à 1,57 % face à une inflation de 3,1 %
L’écart avec la hausse des prix tient au mode de calcul. L’IRL est un indice chaîné : il résulte de l’indice du même trimestre de l’année précédente, auquel l’Insee applique l’évolution de la moyenne sur douze mois des prix à la consommation hors tabac et hors loyers. En niveau, l’indice recule ainsi légèrement par rapport au deuxième trimestre 2026 (148,37), tandis que son glissement annuel s’accélère.
Or l’inflation a nettement accéléré ces derniers mois. Selon les chiffres définitifs de l’Insee repris par MoneyVox, les prix ont progressé de 3,1 % sur un an en septembre, un plus haut depuis janvier 2024. L’énergie a bondi de 21,3 %, le gazole de 44,1 % et le fioul domestique de 64,6 %. La moyenne glissante sur douze mois qui sert de base à l’IRL n’intègre ces hausses que progressivement.
Pour les bailleurs, la marge de manœuvre reste encadrée. L’IRL fixe le plafond de la révision annuelle du loyer hors charges, et cette révision n’est pas automatique : le propriétaire dispose d’un an après la date prévue au bail pour la demander, sans effet rétroactif. Les passoires thermiques restent hors jeu : le loyer des logements classés F ou G au diagnostic de performance énergétique ne peut plus augmenter pour les baux conclus, renouvelés ou reconduits depuis le 24 août 2022 en métropole et depuis le 1er juillet 2024 outre-mer, rappelle Toutsurmesfinances.
L’Insee rappelle par ailleurs que des plafonds de variation annuelle de l’IRL ont été appliqués entre le troisième trimestre 2022 et le premier trimestre 2024 : 3,5 % en métropole, 2,5 % outre-mer et 2,0 % en Corse.
La Cour des comptes fait de l’IRL le scénario de repli
L’indice revient au centre du débat sur l’encadrement des loyers. Dans un rapport publié mercredi 14 octobre à la demande de l’Assemblée nationale, la Cour des comptes dresse le bilan de l’expérimentation lancée par la loi Elan de 2018, qui concerne 1,2 million de locataires dans neuf territoires, dont Paris, Lille, Lyon et Bordeaux, selon Toutsurmesfinances. Les critères servant à fixer les loyers de référence n’expliquent qu’environ 48 % des écarts de loyers au mètre carré, et les règles floues encadrant les compléments de loyer nourrissent les litiges.
La Cour envisage deux voies. La première : maintenir le dispositif dans les territoires actuels après une remise à plat, avec des données fiabilisées, des méthodes de calcul revues, des compléments de loyer clarifiés et des recours simplifiés pour les locataires. La seconde : abandonner les plafonds et renforcer les règles existantes, au premier rang desquelles l’IRL, ainsi que la limitation des hausses entre deux locataires en zone tendue.
Le bilan chiffré reste discuté. Selon l’évaluation remise au Parlement en mai 2026, l’encadrement aurait freiné la hausse des loyers de 2 % à 4 % en deux ans et demi dans les zones concernées. L’observatoire Clameur ne relève en revanche aucun effet significatif durable à Bordeaux, Montpellier, Lille et Lyon. La bataille des chiffres n’est pas nouvelle, comme l’a montré la contestation par PAP des chiffres de Que Choisir Ensemble sur l’encadrement des loyers.
Sénat : deux ans de plus à périmètre constant avant le 24 novembre
Le calendrier presse. Sans prolongation, le dispositif s’éteindra le 24 novembre 2026. Le jour même de la publication du rapport, la commission des affaires économiques du Sénat a voté une prolongation de l’expérimentation de deux ans à périmètre constant, alors que la proposition de loi Echaniz, adoptée par les députés, prévoyait une pérennisation, rapporte Toutsurmesfinances. Le débat en séance publique est fixé au mercredi 21 octobre.
Seine-Saint-Denis Habitat gèle ses loyers pour 2027
Côté parc social, certains bailleurs n’attendent pas le législateur. Réuni mardi 13 octobre, le conseil d’administration de Seine-Saint-Denis Habitat, premier bailleur social du département, a approuvé le gel des loyers de l’ensemble de son patrimoine pour 2027, sur proposition de son président Mathieu Monot, élu d’opposition (PS) à Pantin, selon Citoyens.com.
Prochain rendez-vous pour les bailleurs privés : vendredi 15 janvier 2027, à 8 h 45, date de publication de l’IRL du quatrième trimestre.
