Le fabricant français de boîtiers hermétiques pour composants électroniques sensibles a annoncé, vendredi 9 octobre, avoir été touché par une cyberattaque survenue le mardi 6 octobre. Explications.
Egide SA, société cotée sur Euronext Growth Paris (ALGID) et spécialisée dans les boîtiers hermétiques et les solutions d’interconnexion pour composants électroniques sensibles, a indiqué vendredi 9 octobre avoir été visée par une cyberattaque le mardi 6 octobre 2026, « par l’intermédiaire d’un prestataire informatique externe », précise le communiqué diffusé par l’entreprise.
L’incident a été détecté au niveau de ce prestataire. Il est susceptible d’avoir affecté certains systèmes du site de Bollène, indique Egide, qui a décidé, par mesure de prévention, une interruption partielle de l’activité sur place. Le communiqué ne précise ni la part de l’activité concernée ni la durée prévisible de cet arrêt.
Bollène : une interruption partielle, sans calendrier de reprise
Les équipes techniques d’Egide sont intervenues pour circonscrire l’incident et travaillent avec le prestataire, dont les travaux de restauration étaient toujours en cours au moment de la publication. L’entreprise a également fait appel à des experts en cybersécurité externes.
Les investigations visent à déterminer la nature et le périmètre des données éventuellement concernées. À ce stade, Egide ne dit pas si des données ont été dérobées, ni si une revendication ou une demande de rançon a été formulée.
Par ailleurs, la société a notifié les autorités compétentes, la CNIL en particulier, et déposé plainte auprès des autorités judiciaires. Elle s’engage à tenir le marché informé de tout développement significatif.
Un groupe dont l’imagerie thermique pèse 55 % du chiffre d’affaires
L’annonce intervient moins de trois mois après les résultats semestriels du groupe. Egide a publié le 27 juillet un chiffre d’affaires consolidé de 15,2 millions d’euros au premier semestre 2026, en recul de 2,4 % en données publiées et en hausse de 0,7 % à taux de change constants, selon Option Finance.
Egide SA, la maison mère, a réalisé 10,03 millions d’euros sur la période, soit une hausse de 28 %. La filiale américaine, Egide USA, a vu son activité reculer de 33 % en données publiées, à 3,80 millions d’euros, du fait notamment de la fermeture du site de Santier fin avril et du regroupement sur Cambridge, détaille la même source.
Le pôle imagerie thermique a représenté 8,38 millions d’euros (+23 %), soit 55 % du chiffre d’affaires consolidé. Par zone, l’Asie et le reste du monde ont progressé de 38 % à 5,01 millions d’euros, l’Europe de 9 % à 5,66 millions, tandis que l’Amérique du Nord a reculé de 33 % à 4,53 millions.
Sur l’ensemble de 2026, le groupe table toujours sur une progression de l’activité d’Egide SA par rapport à 2025, avec un second semestre attendu moins dynamique que le premier en raison d’une base de comparaison élevée, rapporte Option Finance. Le rebond espéré en Amérique du Nord dépend de la montée en puissance du site de Cambridge. Le communiqué du 9 octobre ne revient pas sur ces perspectives.
Prestataires et comptes compromis : le schéma des cyberattaques de l’été 2026
Le mode d’entrée décrit par Egide, un prestataire externe, s’inscrit dans une série d’incidents qui a marqué l’été 2026. Maire-info a dressé le 2 septembre un bilan des vols de données et cyberattaques de ces derniers mois : selon le média, le piratage de l’ANTS (France Titres) en avril aurait compromis 11,7 millions de comptes, d’après le ministère de l’Intérieur, et celui de la DGFiP, revendiqué les 12 et 13 août par un acteur se faisant appeler ZeroBytes, aurait touché environ 680 000 particuliers et professionnels.
Dans le cas de la DGFiP, les intrusions reposaient sur l’usurpation des identifiants d’un agent et d’un tiers habilité, et l’alerte de l’ANSSI a confirmé le vol de données, rapporte Maire-info. Le média relève que la plupart de ces attaques s’appuient sur des comptes compromis plutôt que sur des failles techniques. Il ajoute que le projet de loi transposant la directive européenne NIS2 n’avait pas encore été examiné en séance publique à l’Assemblée nationale, et que la Commission européenne a saisi la Cour de justice de l’Union européenne le 8 juillet 2026.
Le communiqué d’Egide ne nomme pas le prestataire en cause et ne précise pas le type de compromission. Aucune information publiée par l’entreprise ne permet de rapprocher cet incident de ceux de l’été.
La prochaine étape dépend de l’issue des investigations : Egide a annoncé qu’elle informerait le marché de tout développement significatif.
