Christian Dior : Tony Estanguet et Xavier Musca au conseil, avant la simplification de l’édifice Arnault

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Mercredi 7 octobre, le conseil d’administration de Christian Dior SE a coopté Tony Estanguet et Xavier Musca comme administrateurs indépendants, en remplacement de Nicolas Bazire et de Maria Luisa Loro Piana, démissionnaires. Une arrivée qui précède la réorganisation de la holding familiale qui contrôle LVMH.

Le conseil d’administration de Christian Dior SE a coopté, mercredi 7 octobre, Tony Estanguet, ancien président du comité d’organisation des Jeux de Paris 2024, et Xavier Musca, président du conseil de surveillance de Tikehau Capital, comme administrateurs, avec effet immédiat, apprend-on dans un communiqué diffusé le soir même. Tous deux sont qualifiés d’indépendants au sens du code Afep-Medef.

Ils prennent la place de Nicolas Bazire et de Maria Luisa Loro Piana, qui ont démissionné. Le communiqué ne précise ni les raisons de ces départs ni leurs fonctions respectives au sein du conseil.

Deux comités, deux profils pour Christian Dior

Tony Estanguet siège au comité d’audit de la performance. Xavier Musca y siège également et rejoint de surcroît le comité de la gouvernance et des rémunérations, précise le communiqué.

Le premier est présenté comme champion de canoë-kayak slalom, triple champion olympique individuel (2000, 2004 et 2012) et ancien président du comité d’organisation des Jeux de Paris 2024. Le second est un haut fonctionnaire et économiste passé par la direction du Trésor et le secrétariat général de l’Élysée, avant une carrière dans la banque, notamment au Crédit agricole.

Ainsi, un ancien patron du Trésor et un visage du sport français entrent ensemble dans le conseil d’une société qui n’est, en apparence, qu’un étage intermédiaire de l’empire LVMH.

Le 23 septembre, l’annonce qui explique ce remaniement

Le communiqué du 7 octobre relie lui-même ces nominations au projet annoncé le 23 septembre par le groupe familial Arnault : la simplification de ses structures, qui pourrait déboucher sur une offre publique de retrait non suivie d’un retrait obligatoire visant les actions Christian Dior.

Selon le communiqué du 23 septembre, Financière Agache serait absorbée par Agache, puis Agache par Christian Dior. Cette dernière serait transformée en société en commandite par actions et renommée Agache SCA. Bernard Arnault en resterait le gérant, aux côtés d’Agache Commandité, associé commandité.

Le conseil de surveillance de cette future entité, précise ce même texte, serait composé de membres actuels du conseil de Christian Dior et de personnalités extérieures, dont des administrateurs indépendants. Le profil des deux nouveaux venus s’inscrit dans cette logique.

2,44 % du capital et 1,63 milliard d’euros : l’offre en chiffres

L’offre publique de retrait porterait sur les actions Christian Dior que le groupe familial ne détient pas, soit 2,44 % du capital, environ 1,63 milliard d’euros au cours de clôture du 22 septembre. Elle serait réglée intégralement en numéraire.

Le prix envisagé serait égal à 95 % de l’actif net réévalué de Christian Dior. À la date du communiqué, cela représentait 469,05 euros par action, soit une prime théorique de 27,3 % sur le dernier cours. Ce chiffre n’est qu’indicatif : il dépend du cours de LVMH, précise le groupe.

Côté marché, Christian Dior avait bondi de 16,5 % à 425,4 euros dans la matinée du 24 septembre, la plus forte hausse de l’indice STOXX Europe 600, rapporte Zonebourse. La veille au soir, le titre clôturait à 365,2 euros.

50,33 % de LVMH et 66,27 % des droits de vote : ce que verrouille la holding

À l’issue de l’opération, Agache SCA détiendrait directement 49,76 % du capital et 65,55 % des droits de vote de LVMH. L’ensemble du groupe familial en détiendrait 50,33 % et 66,27 %, indique le communiqué du 23 septembre.

Pour l’analyste Pierre-Yves Gauthier, d’AlphaValue, cité par Zonebourse, la manœuvre ne changerait pas le contrôle effectif aujourd’hui mais le rendrait inattaquable au niveau de Christian Dior. Zonebourse relève que la forme de société en commandite par actions sépare la propriété du capital du pouvoir de gestion.

Pour LVMH, premier groupe de luxe mondial et fleuron coté à Paris, la question du contrôle n’est pas anodine : elle touche à l’ancrage français d’un acteur de premier plan.

Décembre 2026 et premier trimestre 2027 : le calendrier à suivre

Le calendrier annoncé prévoit une assemblée générale extraordinaire de Christian Dior fin 2026, avec un document d’information déposé auprès de l’AMF un mois avant. Une première assemblée, convoquée dans les prochains jours, statuerait sur la transformation en société anonyme, le droit ne permettant pas de passer directement d’une société européenne à une SCA.

Le projet d’offre serait déposé juste après l’assemblée. La période d’offre s’ouvrirait au premier trimestre 2027, sous réserve de la décision de conformité de l’AMF. Un comité ad hoc au sein du conseil et un expert indépendant seront chargés d’examiner l’équité financière du prix.

C’est précisément devant ce comité ad hoc que les administrateurs indépendants fraîchement cooptés auront leur premier dossier.

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