Les États-Unis retirent la Syrie de leur liste noire du terrorisme

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Washington a officiellement rayé la Syrie de sa liste des États soutenant le terrorisme le 24 août, une classification vieille de près de cinquante ans qui bridait tout investissement dans le pays. Une décision saluée par Damas comme un succès diplomatique majeur, qui ouvre la voie à la réintégration de la Syrie dans le système économique et financier mondial et relance la compétition internationale pour sa reconstruction.

La Syrie sort de la liste noire du terrorisme après près de cinquante ans

Le département d’État américain a annoncé lundi le retrait de la Syrie de sa liste des États soutenant le terrorisme, une mesure en préparation depuis début juillet. Cette inscription, vieille de quarante-sept ans, limitait structurellement les investissements étrangers dans le pays. Washington a dans le même mouvement sorti Hayat Tahrir al-Sham (HTS), l’ex-Front al-Nosra dirigé par l’actuel président syrien Ahmed Al-Charaa avant sa rupture avec Al-Qaïda en 2016, de sa liste des organisations terroristes. Après cette décision, seuls l’Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent classés parmi les parrains du terrorisme par les États-Unis.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a justifié cette mesure par des «garanties formelles» obtenues d’Ahmed Al-Charaa, engageant la Syrie à ne pas soutenir d’actes de terrorisme international à l’avenir. La décision fait suite à une rencontre entre Donald Trump et le président syrien en marge du sommet de l’OTAN en Turquie, dans la continuité d’un rapprochement engagé un an plus tôt sous l’impulsion de la Turquie et de l’Arabie saoudite.

Ce que le retrait de la Syrie de la liste noire change pour son économie

Pour Damas, ce retrait constitue bien davantage qu’un geste symbolique. Le ministre syrien des finances, Mohammed Barnieh, y voit un levier pour accélérer l’intégration de la Syrie dans les circuits économiques et financiers internationaux, attirer des capitaux étrangers et des technologies modernes. Depuis la chute du régime de Bachar Al-Assad en décembre 2024, le pays cherche à reconstruire une économie exsangue après plus d’une décennie de guerre civile et de sanctions cumulées, qui avaient fait chuter sa production pétrolière et isolé son secteur bancaire des marchés occidentaux.

La levée de cette classification devrait faciliter l’accès de la Syrie aux financements internationaux et sécuriser juridiquement les entreprises étrangères candidates à s’y implanter, jusqu’ici freinées par le risque de sanctions secondaires. Un enjeu de taille pour un pays dont les besoins de reconstruction, notamment dans l’énergie, les transports et les infrastructures, se chiffrent en dizaines de milliards de dollars.

Les groupes français déjà positionnés sur la Syrie de l’après-guerre

Plusieurs entreprises françaises ont anticipé cette réouverture. TotalEnergies a ainsi renoué avec la Syrie au printemps, en signant un accord d’exploration offshore en Méditerranée orientale aux côtés de QatarEnergy et ConocoPhillips, marquant le retour du groupe pétrolier français quinze ans après son retrait du pays. D’autres majors internationales, à l’image de Chevron, ont également identifié des sites d’exploration en eaux profondes syriennes, illustrant l’intensité de la compétition qui s’engage désormais sur ce marché naissant.

Cette dynamique de repositionnement des groupes français dans un Levant en recomposition n’est pas isolée : elle fait écho à l’engagement croissant d’acteurs tricolores dans la région, à l’image de la mobilisation logistique de CMA CGM aux côtés de l’État français pour venir en aide aux populations déplacées au Liban, pays voisin confronté à des défis de reconstruction similaires.

Souveraineté économique : la France face à la concurrence pour la reconstruction syrienne

Le retrait de la Syrie de la liste noire du terrorisme rebat les cartes d’une compétition internationale déjà engagée pour les marchés de la reconstruction. Washington, en levant cette classification, ouvre la voie à ses propres champions économiques, tandis que la Turquie et l’Arabie saoudite, qui ont œuvré au rapprochement entre Damas et Washington, disposent d’une longueur d’avance diplomatique sur le terrain syrien. Pour la France, dont les positions historiques avec la Syrie remontent à la période du mandat, l’enjeu consiste à ne pas se laisser distancer par ces puissances régionales et américaines dans l’accès aux contrats de reconstruction, qu’il s’agisse d’infrastructures énergétiques, portuaires ou de transport.

La démarche déjà engagée par TotalEnergies dans l’exploration offshore syrienne illustre la capacité de groupes français à sécuriser une présence précoce sur des marchés en réouverture, une stratégie qui s’était révélée payante ailleurs dans la région méditerranéenne. Pour Refrance.fr, ce type de repositionnement s’inscrit pleinement dans une logique de souveraineté économique : la capacité de la France à maintenir une influence industrielle et commerciale sur ses zones d’intérêt historiques, y compris dans des pays en pleine reconstruction politique, constitue un enjeu direct pour la compétitivité de ses grands groupes à l’échelle mondiale.

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