Starbucks : quatre trimestres de hausse consécutive des ventes

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Le géant américain du café Starbucks a publié en mai 2025 un quatrième trimestre consécutif de croissance des ventes à périmètre constant, propulsant son action de 5,6 % en avant-bourse et poussant plusieurs grandes banques d’investissement à relever leurs objectifs de cours sur le titre.

Un redressement commercial qui rassure les marchés

Starbucks, la chaîne de cafés américaine cotée au Nasdaq, a enregistré au cours du printemps 2025 son quatrième trimestre consécutif de progression des ventes à périmètre constant, signal fort d’un retournement opérationnel durable après une longue période de turbulences commerciales. La réaction des marchés a été immédiate : le titre a bondi de 5,6 % lors des échanges précédant l’ouverture officielle de la Bourse de New York. Depuis le début de l’année 2025, l’action affiche une progression cumulée d’environ 23 %, témoignant d’un regain de confiance progressif des investisseurs institutionnels envers la stratégie de transformation engagée par la direction.

Ce redressement est indissociable du plan mis en œuvre par Brian Niccol, directeur général en poste depuis septembre 2023, dont la feuille de route approche donc de ses deux ans d’existence. La philosophie centrale de cette transformation repose sur un retour aux fondamentaux : simplification du menu, réduction des délais d’attente en magasin, et réaménagement de l’espace physique pour renouer avec l’identité historique de l’enseigne, celle d’un lieu de café traditionnel et de qualité. Cette approche tranche avec les années de complexification croissante de l’offre qui avaient progressivement éloigné une partie de la clientèle fidèle.

La direction a également relevé ses objectifs annuels à l’occasion de la publication des résultats, une décision qui a contribué à amplifier le mouvement haussier du titre. Trois établissements financiers de premier rang — RBC Capital Markets, Morgan Stanley et Jefferies — ont dans la foulée rehaussé leurs objectifs de cours sur la valeur, consolidant le signal positif envoyé aux marchés.

Un portefeuille de magasins en cours de rationalisation

Le redressement de Starbucks ne se limite pas aux indicateurs commerciaux. Il s’accompagne d’une restructuration physique du réseau de points de vente en Amérique du Nord. Dans le cadre de ce processus, l’entreprise a procédé à la fermeture de magasins jugés insuffisamment performants, y compris son emblématique torréfaction de Seattle, symbole de l’histoire de la marque. Lors d’une conférence téléphonique organisée le lendemain de la publication des résultats, les dirigeants ont indiqué que l’évaluation du portefeuille nord-américain se poursuivait et que de nouvelles fermetures restaient envisageables.

Parallèlement à ces rationalisations, Starbucks entend accélérer le rythme des rénovations : la direction s’est fixé un objectif d’au moins 500 réaménagements supplémentaires de magasins d’ici la clôture de l’exercice fiscal en cours. Cette double logique — fermetures sélectives et modernisation du parc restant — reflète une volonté de concentrer les ressources sur les implantations à fort potentiel, tout en améliorant l’expérience client dans les sites conservés.

Ari Felhandler, analyste chez Morningstar, a relevé dans une note de recherche que l’incertitude macroéconomique générale n’avait pas compromis la trajectoire de redressement de l’enseigne. Ce constat mérite attention dans un contexte mondial marqué par la pression sur le pouvoir d’achat des ménages et la volatilité des marchés de matières premières, dont le café. La capacité de Starbucks à maintenir une dynamique commerciale positive malgré cet environnement constitue l’un des arguments avancés par les analystes pour justifier la revalorisation progressive du titre.

Une valorisation boursière encore exigeante malgré le redressement

Si les résultats récents témoignent d’un retournement crédible, la valorisation boursière actuelle de Starbucks demeure nettement supérieure aux standards du secteur. Selon les données compilées par LSEG, le ratio cours/bénéfice prévisionnel sur douze mois de l’entreprise s’établissait à 35,11, soit plus du double de la médiane sectorielle fixée à 15,37. Cet écart significatif reflète les anticipations élevées intégrées dans le cours, fondées sur la capacité perçue de la direction à prolonger le redressement au-delà des prochains trimestres.

Felhandler, chez Morningstar, formule d’ailleurs une mise en perspective nuancée : selon lui, les investisseurs anticipent une poursuite de la croissance liée au redressement sur le court terme, mais aussi son extension dans un horizon temporel plus lointain, et ce malgré un environnement concurrentiel qualifié de hautement compétitif. Cette prime de valorisation constitue dès lors un pari implicite sur la pérennité de la stratégie Niccol, dans un secteur de la restauration rapide et des boissons qui n’épargne aucun acteur, même dominant.

Pour les décideurs et investisseurs européens qui suivent les grandes valeurs de consommation cotées outre-Atlantique, le cas Starbucks illustre la capacité d’une enseigne mature à opérer un virage stratégique mesurable en moins de deux ans, à condition d’une exécution disciplinée et d’une communication financière cohérente. La question qui s’ouvre désormais est celle de la soutenabilité de cette trajectoire face à une concurrence locale croissante sur les principaux marchés, notamment en Asie, et à la persistance des pressions inflationnistes sur les coûts opérationnels.

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